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Daniel Defoe, par Jean Migrenne Première publication: 22 avril 2020

par Jean Migrenne


V. Robinson Crusoé

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Robinson, cliché BNF.

Si l’on demandait à chacun et chacune d’entre vous de formuler ses souvenirs de cet ouvrage, il est quasiment certain que la réponse serait la même : « J’ai lu ça dans ma jeunesse. C’est l’histoire d’un marin anglais qui se retrouve seul sur une île déserte, qui se construit une cabane et élève des chèvres. Un jour, il rencontre un sauvage qu’il apprivoise et nomme Vendredi. » La fin, peu la connaissent ou s’en souviennent. Elle n’intéresse pas. On n’a souvenir que de cette fameuse illustration française qu’est l’homme au parasol vêtu de peaux de chèvres et aussi, éventuellement des suites littéraires. Certains enfants ont construit des cabanes dans les arbres, comme dans les Robinsons Suisses [1]. Les adultes se sont intéressés à ce qu’en a fait Michel Tournier [2]. L’œuvre a une descendance. Les Robinsons suisses ont un sous-titre : Le Prédicateur suisse naufragé et sa famille. Un livre didactique pour les enfants et les enfants des amis à la ville et à la campagne. On y ajoutera, moins directement, le célèbre Lord of the Flies/Sa Majesté des Mouches, de William Golding (1954). Sans compter maints autres produits dérivés. Et on se souviendra que Rousseau en recommande la lecture pour l’édification du jeune Émile. Voici ce qu’en résumaient Messieurs Lagarde et Michard : L’abstraction ne convenant guère à cet âge, on fondera l’éducation sur l’observation de la nature. Point d’autre livre que le monde, point d’autre instruction que les faits. Émile apprendra ainsi la physique, la cosmographie et la géographie. Sa seule lecture sera Robinson Crusoé.

Physique, cosmographie et géographie sont effectivement les domaines de connaissance non religieuse sur lesquels s’appuiera Defoe pour étayer l’Histoire du Diable, des Mages et des Revenants qu’il entreprendra par la suite.

Dans ses ouvrages sur Robinson, ce n’est pas moins le récit d’une situation qui compte que la leçon à en tirer, morale, politique, philosophique, religieuse ou tout à la fois. Leçon que Defoe s’évertue à expliciter, dans une sorte de « connais-toi toi-même », ou d’examen de conscience, à longueur de pages entre deux péripéties décrites dans un réalisme minutieux.

Pour votre plaisir et en guise de récréation voici l’exploitation qu’en fit mon ami le défunt poète africain-américain James Emanuel. Ce texte fut écrit en 1961, période où lutter pour la (recon)naissance de soi en tant qu’être humain donnait raison de vivre à un intellectuel Noir aux USA. Comme chez Wyss et Tournier, l’exploitation s’oriente sur le thème de la jeunesse et de ses crises d’identité.

Le titre original en est The Treehouse. En voici la traduction française :

La Maison de Robinson
À chaque Robinson
Sa maison suspendue,
Verte clef dans la voûte des ans,
Spartiate, où l’on dort à l’étroit,
Dont la porte égratigne.
Et à chacun son
Éclair dans le noir,
Rappel en lumière
des années furtives
à fuir l’essaim des feuillages ;
des jours qui grouillaient et pinçaient
antennes souples pointées dans les herbes ;
des nuits
où tout ce qui bougeait
avait forme de fille
qui se retournait pour attendre.

À chacun sa maison
À l’étage au-dessous
Et sa maison de Robinson
Mais nul n’y grimpe
Sans péril.

Rien de cela chez Defoe. La crise y prend une autre tournure. Dans le Robinson de Defoe, qui se souvient avoir lu dans son journal tenu depuis le 10 septembre 1659, l’entrée du 27 juin 1660 ?

Lisons, abrégeons quelque peu, et expliquons, paragraphe par paragraphe :

« La fièvre redevint si aiguë que je restai au lit tout le jour, sans boire ni manger. Je mourais de soif. /..../ à mon réveil je me sentis soulagé mais faible et excessivement altéré. /..../ Dans ce second sommeil j’eus ce terrible songe :

Crise physique, l’énergie du corps se consume, se sublime dans le psychique, d’où le songe. Symptôme de l’expérience mystique. L’une des sources de la croyance en une puissance externe, supérieure à l’homme, capable de le pénétrer. Dans la Bible, seuls les prophètes sont capables d’interpréter correctement les songes : Daniel à Babylone chez Nabuchodonosor ; Joseph en Égypte chez le pharaon. Voici donc la Divinité qui entre dans le casting.

« Il me semblait que j’étais étendu sur la terre, en dehors de ma muraille, à la place où je me trouvais quand après le tremblement de terre éclata l’ouragan, et que je voyais un homme qui, d’une nuée épaisse et noire, descendait à terre au milieu d’un tourbillon éclatant de lumière et de feu. Il était de pied en cap resplendissant comme une flamme, tellement que je ne pouvais le fixer du regard.

Étendu à terre hors de ma muraille’ : c’est l’extase, le début de désincarnation : l’apanage des grands saints et grandes saints mystiques.

Tremblement de terre, ouragan, épaisse nuée, tourbillon de feu’. Autant de phénomènes météorologiques semeurs de terreur et inexplicables dans les premiers âges de l’humanité si ce n’est comme manifestation d’une puissance Divine. Bon ou mauvais présage ? C’est selon : voir la veille de l’assassinat de César ou de la résurrection du Christ.

« Sa contenance était vraiment effroyable : le dépeindre par des mots serait impossible./..../ Rappelons que les Hébreux ne conçoivent pas de prononcer le nom de la Divinité. Ils ne peuvent avoir recours qu’à des substituts : YHWH, le tétragramme consonantique d’où nous tirons Yahvé/Jéhovah ; ou bien Adonaï (le Seigneur) ou encore El Shaddaï (le tout-puissant + « el/eli » signifiant divin qui donne Allah, le non-représentable en image chez les Musulmans) [3].

Quant à l’effroi, c’est le symptôme conventionnel : Nul ne peut physiquement regarder la divinité en face : c’est le soleil-Dieu. Moïse n’en verra que l’arrière, alors qu’il voulait en voir la splendeur (Exode 33.22-23) ; nul ne peut comprendre intellectuellement la ténèbre : c’est le Diable. Dieu et Diable, mêmes effets.

« À peine était-il descendu sur la terre qu’il s’avança pour me tuer avec une longue pique qu’il tenait à la main... L’image est conventionnelle : saint Michel, ou saint Georges, terrasseurs de dragons. Dans ce combat du bien contre le mal l’homme ne se conçoit pas vainqueur : le triomphe est du ressort de la puissance divine déléguée au saint.

Conclusion :

l’anti Divinité a pris place dans l’homme. Seule la Divinité est son salut ;

nous pouvons maintenant rattacher ces passages au contexte chrétien. Et concevoir un Dieu ainsi qu’un Diable en état de guerre permanente : c’est la condition humaine.

« ...et, quand il fut parvenu vers une éminence peu éloignée, il me parla, et j’ouïs une voix si terrible qu’il me serait impossible d’exprimer la terreur qui s’empara de moi ; tout ce que je puis dire, c’est que j’entendis ceci... Robinson/Defoe se voit en Moïse recevant les commandements. Moïse, qui est en quelque sorte un petit (ou grand) père du peuple.

« ...puisque toutes ces choses ne t’ont point porté au repentir, tu mourras ! » à ces mots il me sembla qu’il levait sa lance pour me tuer. L’homme vit sous la menace de la mort annoncée, mais non programmée quant à sa date.

Continuons. À ce moment, l’auteur met les pieds dans son texte en s’adressant au lecteur :

« Que nul de ceux qui liront jamais cette relation ne s’attende à ce que je puisse dépeindre les angoisses de mon âme lors de cette terrible vision, qui me fit souffrir même durant mon rêve ; et il ne me serait pas plus possible de rendre l’impression qui resta gravée dans mon esprit après mon réveil, après que j’eus reconnu que ce n’était qu’un songe. La convention de l’auteur/personnage manipulateur de récit est typique de l’époque (et pas seulement) au point d’en devenir bientôt un fleuron littéraire (Sterne, Vie et Opinions de Tristam Shandy,1759). Elle installe l’auteur en situation de créateur auto-proclamé.

Ce paragraphe est nécessaire à la trame dramatique : il faut un retour sur terre pour que le livre qui n’en est qu’à son début (85 pages Pléiade), puisse vivre encore 500 pages.

« J’avais, hélas ! perdu toute connaissance de Dieu ; ce que je devais aux bonnes instructions de mon père avait été effacé par huit années successives de cette vie licencieuse que mènent les gens de mer, et par la constante et seule fréquentation de tout ce qui était, comme moi, pervers et libertin au plus haut degré...

Robinson n’a pas obéi aux directives de son père, [4] dûment recensées en tête de chapitre. Passons sur le cliché Polonius/Laërte [5] avec tout ce qu’il implique de ‘il faut que jeunesse se passe’ et de ‘fais ce que je te dis mais pas ce que j’ai fait ;’ ce n’est pas la question. Ici, Defoe place Robinson en position d’Adam désobéissant à son papa créateur. Nul besoin d’Ève pour commettre l’originel péché de désobéissance (pour ce qui est de la chair, je vous renvoie à Tournier). Mais Defoe va maintenant mettre en œuvre la rédemption et, comme il n’y a pas meilleur prosélyte que le pécheur authentiquement ou politiquement repenti, nous allons avoir droit à une double renaissance, d’une ampleur que l’on ne soupçonne plus de nos jours, si tant est qu’on ait pu nous donner de quoi la déceler.

Defoe nous inflige encore quatre pages de ce sermon moralisateur et intellectuel avant de revenir au concret quotidien dans son entrée du 28 juin. La conclusion du discours mérite qu’on la cite :

« Et je m’écriai alors : Seigneur, viens à mon aide, car je suis dans une grande détresse ! »

Defoe, qui n’est ni catholique ni anglican, ignore la confession/catharsis et la régénération par l’eucharistie. Il s’en tient aux fondamentaux et se pose en Christ : ‘Eli, Eli, lama sabachthani / Dieu, Dieu, pourquoi m’as-tu abandonné’. Mais, n’étant qu’homme, il devra amener son personnage à faire amende honorable. Il le fera. Et quelle amende !
Sans vouloir prendre parti dans une querelle religieuse qui, pour moi, n’est qu’un épiphénomène, mais qui a fait couler beaucoup de sang, je dirais que le non catholique qu’est Defoe, en individualiste insoumis, va commettre le suprême péché d’orgueil : il va se prendre lui-même pour Dieu et recréer le monde. Certains le font dans des chapelles ou sectes born again, Defoe/Robinson pousse le bouchon au maximum ; il va se prendre pour Dieu, se faire démiurge et recréateur. Après tout, Dieu le Père s’est bien repris à deux ou trois fois pour refaire le monde après l’échec auto-constaté de sa création, vu la turpitude des hommes.
C’est pourquoi il faut lire les Aventures de Robinson Crusoé comme une parabole (les mécréants diront un conte philosophique). On y trouve des formules du genre : La véritable grandeur ici-bas [est] d’être son propre maître... le comble de la sagesse humaine [est] de ployer notre humeur aux circonstances, et de nous faire un calme intérieur sous le poids des plus grandes tempêtes [6].
Après le Déluge (naufrage physique) Robinson se refait une arche sur terre en réutilisant des débris de navire. Cette arche est, nécessairement, un enclos. En persan, « enclos » se dit PARVIZ : paradis. Les îles et plantations de Crusoe sont autant d’Utopies, à des degrés divers. Defoe épargne à Robinson/Noé le péché de chair autant que l’ignominie de l’ivresse bien qu’il cultive la vigne. Pas d’hubris. Robinson est un bon chrétien. Le Christ rédempteur l’a sauvé. Defoe donne à Robinson un fils qui n’est pas né de mère, puisque venu d’ailleurs : Vendredi. Vendredi, c’est aussi le jour où le créateur termina son œuvre (par la création de l’homme). Vendredi est un « sauvage ». En ces temps de colonisation américaine, le « sauvage » est perçu par d’aucuns comme incarnation de Satan, tel l’Indien de Calicut. Pour le laver de cette tache originelle (matérialisée maintenant par la couleur : malédiction lancée par Noé sur la descendance de Cham et de son fils Canaan, à qui sont dévolues les terres du Sud-Ouest, l’Afrique noire, d’où la notion de race « destinée à servir ses frères sous leur tente »), il faudra donc le civiliser/le convertir. Qui mieux qu’un anglophone, qui a la bonne religion, qui est de la nouvelle race élue comme le prétendent puritains et consorts, pour le faire ?
Ce sera fait : Vendredi deviendra un fidèle serviteur et retrouvera le sein d’Abraham, (mais seulement à l’aune de sa condition : il ne finira pas en Angleterre) en mourant percé de flèches au service de son maître devenu propriétaire d’une prospère plantation (île utopique) peuplée de sains, bons et loyaux colons qu’il aura su amadouer et discipliner. Page 460 dans la seconde partie. Il ne sert plus à rien dans l’intrigue.
Le roman aurait pu s’achever au bout de trois cents pages et même bien avant (disons deux cents) si Defoe s’était contenté de narrer les aventures proprement dites de son héros. Mais il choisit de lui donner trente-cinq ans d’absence dont vingt-huit de solitude complète et environ cinq en compagnie de Vendredi : (28+5=33) avant de l’amener, en prospère capitaliste, à Londres, capitale du vrai paradis.
Entre-temps, il a ménagé ses effets. Pour résoudre le problème de la communication, il fait en sorte que Robinson apprenne d’abord à parler à un perroquet, qui lui donnera la réplique ; il met à sa disposition un interlocuteur silencieux qui n’est rien moins que la parole de Dieu en personne : la Bible [7]. Crusoé au désert, vêtu de peaux de bêtes, avec son parasol, son chien et ses chèvres, incarne un nouveau créateur, homme-ermite suffisamment macéré pour passer à l’acte et se fabriquer en la personne de Vendredi plus qu’un golem, mais moins qu’un homme.
Plus qu’un Golem (inachevé), car Defoe montre que ce sauvage-là est bon et peut être initié au comportement de l’homme civilisé ce qui revient à lui faire parler anglais et à se comporter comme un anglais (et pas comme un Espagnol, l’Espagnol étant décrété plus sauvage que les sauvages cannibales eux-mêmes).
Mais moins qu’un homme : Vendredi restera serviteur, bon chienchien dévoué à son pépère jusqu’au bout, mais rien ne pourra faire oublier sa tache originelle : voir le tableau brossé page 200) :

C’était un grand beau garçon, svelte, et bien tourné et à mon estime d’environ vingt-six ans [8]. Il avait un bon maintien, l’aspect ni arrogant ni farouche et quelque chose de très mâle dans la face ; cependant il avait aussi toute l’expression douce et molle d’un Européen, surtout quand il souriait. Sa chevelure était longue et noire, et non pas crépue comme de la laine. Son front était haut et large, ses yeux vifs et pleins de feu. Son teint n’était pas noir, mais très basané, sans rien à voir cependant de ce ton jaunâtre cuivré et nauséabond des Brésiliens, des Virginiens et autres naturels de l’Amérique ; il approchait plutôt d’une légère couleur d’olive foncée, plus agréable en soi que facile à décrire. Il avait le visage rond et potelé, le nez petit et non pas aplati comme ceux des Nègres, la bouche belle, les lèvres minces, les dents fines, bien rangées et blanches comme l’ivoire.

Autrement dit, Defoe crée pour Robinson (à moins que ce ne soit la divine providence) un être humain dont la civilisation (si l’on peut employer ce terme) est déjà à demi accomplie. Mais quand même pas tout à fait blanc de blanc. Or, dans la trilogie qui va terminer sa grande production, Defoe, s’interrogeant sur la provenance de ces Indiens, émettra l’hypothèse qu’ils viennent d’Afrique. Fils de Cham ! Engeance maudite, en fin de compte. À la fin de la première partie, une fois son éducation achevée, Vendredi se perdra dans le brouillard de l’action et la foison narrative tandis que Robinson passera des heures à l’instruire religieusement :

Mes conversations avec Vendredi employaient si bien mes heures, que je passai les trois années que nous vécûmes là ensemble parfaitement et complètement heureux, si toutefois il est un condition sublunaire qui puisse être appelée bonheur parfait. /..../Cette simple instruction se trouva de même suffisante pour éclairer mon pauvre sauvage et pour en faire un chrétien tel que, de ma vie, j’en ai peu connu qui le valussent.

(Péché d’orgueil du créateur qui a réussi ! Réussi à faire un bon chrétien ! Qui a fait mieux que Dieu le Père lui-même.
Robinson revient une première fois en Angleterre le 11 juin 1687 après, nous l’avons dit, 35 ans d’absence. En compagnie de Vendredi dont la présence dans le récit est alors fantomatique. Ce qu’il faut remarquer, c’est que Defoe a fait en sorte qu’au moment où les choses commencent à tourner et où le narrateur qu’il est prépare son départ de l’île, Vendredi retrouve son père (pour le perdre bien vite de façon à rester dans l’allégorie et à ne pas encombrer le récit) : Crusoé ne retrouvera pas le sien. Crusoé/Créateur aura passé une vie sur l’île. Vendredi/Christ est sauvé. Le démiurge a réussi son œuvre. Et si nous nous souvenons que le journal de Robinson est daté d’un premier jour qui est le 30 septembre 1659, c’est-à-dire, à un an près, la date de naissance de Defoe, vous voyez les conclusions que l’on peut en tirer.
Aide-toi le ciel t’aidera : Robinson revient les poches pleines, et repart dare-dare pour Lisbonne réaliser les investissements faits avant son départ. Il va se marier, devenir gentleman-farmer et fort opportunément bientôt veuf. Tout baigne, la Divine Providence a pourvu à la prospérité de son capital comme elle avait pourvu à la nourriture du solitaire et maintenant elle le débarrasse du boulet conjugal. Prédestination calviniste confortable et peu incitative ? Que nenni ! Rien que de l’huile de coude et de la jugeote : qualités d’un anglais de bonne race.
Il reste l’île, le père de Vendredi, les mutins laissés pour compte. Ce sera le prétexte pour une expédition qui verra Crusoé faire un tour du monde, passer par le Brésil sur les lieux d’aventures antérieures et revenir par la Chine et la Moscovie après avoir joué l’ange exterminateur et détruit les idoles [9]. Robinson reviendra à Londres le 10 janvier 1705, après une nouvelle absence de 10 ans et 9 mois, prospère, et comme il se doit riche en péripéties, mais Defoe l’aura débarrassé de Vendredi en le faisant périr, comme nous l’avons dit, sous une volée de flèches. Le Noir de service fait office de fusible, encore aujourd’hui, convention littéraire oblige. Defoe ne l’a quand même pas appelé Sébastien.
Si nous en avons fini avec le corps en partie double de la comète Robinson Crusoé, nous il nous reste à en examiner la queue : les Réflexions de Robinson Crusoé, appendice de trois cents pages.

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[11 Citons Wikipedia® : Johann David Wyss rédige Le Robinson suisse entre 1794 et 1798 pour ses enfants, sans autre arrière-pensée éditoriale. Son intention était d’écrire une histoire de laquelle ses enfants tireraient des leçons de vie et de morale, à l’image du personnage du père dans le roman, qui enseigne des choses importantes à ses enfants. Le style de l’auteur sera décrit, bien plus tard, comme « résolument chrétien et empreint de morale », tout comme le sera le roman Robinson Crusoé de Daniel Defoe (1719) dont il a été dit que Johann David Wyss s’était inspiré.

[2Deux ouvrages dérivés : Vendredi ou les Limbes du Pacifique en 1967 et Vendredi ou la Vie sauvage (1971).

[3Cf. ce que l’Éternel est censé avoir déclaré à Moïse sur le Sinaï : Ex 33:23 : Tu me verras par derrière, mais ma face ne peut être vue.

[4Deuxième voyage, Pléiade, page 308 : Alors, je croyais réellement jouir de l’heureuse médiocrité que mon père m’avait si instamment recommandée. Ne croirait-on pas entendre Adam revendiquer sa part de la connaissance ?

[5Hamlet, I, iii.

[6Fin de Robinson II. Paris : Gallimard Pléiade, 2018, pages 571-572. Et repris de la conclusion du True-born Englishman.

[7Defoe consacrera des chapitres entiers à Babel et aux débuts de l’écriture dans Diable et Mages.

[8Ce qui, grosso modo, lui donne un âge égal à l’errance de Robinson. On en déduira ce que l’on veut.

[9Pléiade, pages 560-561.


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