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Les enfants terribles, de Jean Cocteau par Didier Lafargue Première publication: 23 avril 2018

par Didier Lafargue


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Les enfants terribles de Jean-Pierre Melville, 1952.

Le drame de l’adolescence livrée à elle-même

Trois grands thèmes ont dominé l’œuvre de Jean Cocteau : la fatalité, l’amour, la mort. Chez lui, ils ne peuvent être dissociés. On l’a accusé de s’être éparpillé, d’avoir touché à maints domaines, le roman, le théâtre, la peinture, le dessin. Un point commun unifie cependant son œuvre : la poésie. Celle-ci consiste avant tout à être soi-même, à dire ce que personne d’autre ne pourrait dire, car elle prend sa source dans l’âme.

Au-delà des grands thèmes sur lesquels il a écrit, un sujet a particulièrement attiré son attention, celui de l’adolescence. Celle-ci a été évoquée dans ses textes les plus célèbres, Thomas l’imposteur, Les parents terribles. Certes, il a parlé de cas d’exception, mais ceux-ci constituent un grossissement permettant de mieux comprendre la crise qui caractérise cet âge (comme l’amnésie permet de comprendre l’oubli). L’adolescence est un âge plus difficile que l’enfance, car elle est le temps du secret. Les êtres sont alors trop jeunes pour s’analyser et se tiennent à l’écart des adultes. Ils ont leurs rites et leurs ruses pour leur échapper, leur langage bien à eux, leur façon particulière de s’exprimer. C’est l’époque où les jalousies et les rivalités sont les plus terribles.

Cet univers nous place de plain-pied dans le roman Les enfants terribles.

Emprise de la fatalité

Il faut raconter son histoire.

Alors qu’il joue dans la cité Monthiers, cours de récréation pour les collégiens, le jeune Paul est blessé par une boule de neige, dans laquelle est caché un caillou, lancée par son camarade Dargelos. Son ami Gérard le ramène chez lui où le diagnostic du médecin l’oblige à rester de façon permanente. Il est alors soumis à l’influence de sa sœur Elisabeth, qui s’occupe de sa mère malade. Les deux adolescents organisent leur vie dans leur chambre, où ils se sont même constitué un « trésor ». Leur mère meurt, un oncle les prend en charge et, laxiste, intervient peu dans leur vie. Paul et Elisabeth s’inventent alors toutes sortes de jeux malsains. Entre eux existe un sentiment trouble, voire incestueux. Engagée comme mannequin, Elisabeth fait la connaissance de la jeune Agathe qu’elle introduit dans la chambre. Paul, qui voit en elle une ressemblance avec Dargelos, en tombe amoureux. Cet amour est partagé, mais Paul ne le sait pas. Elisabeth se marie avec Michael, un homme riche. Celui-ci meurt dans un accident de voiture. Dans la grande demeure de son défunt mari, la chambre s’est reconstituée avec Paul, Agathe et Gérard. Agathe se confie à Elisabeth en lui apprenant qu’elle est amoureuse de son frère. C’est un choc pour la jeune fille qui ne veut pas se séparer de Paul. Elle manœuvre alors pour que Gérard se mette en couple avec Agathe. Fou de douleur, Paul se suicide avec une boule de poison que lui a adressée Dargelos. Avant de mourir, il révèle son amour à Agathe qui réalise la perfidie d’Elisabeth. Celle-ci se tue à son tour avec un revolver.

C’est dans la cité Monthiers que commence l’histoire des enfants terribles, un espace clos au sein duquel reste confiné l’univers des enfants et des adolescents. Ces derniers y vivent avec leurs règles particulières. Le temps est arrêté dans un éternel présent. Annonçant la chambre de Paul et Elisabeth, la cité Monthiers est un théâtre, un décor bien établi agissant sur les âmes des enfants. « Les élèves ont choisi la cité comme quartier général. C’est leur place de Grève. Une sorte de place du moyen Age, de cour d’amour, des jeux, des miracles. » [1]

Cocteau s’est efforcé de le décrire avec poésie, en accordant une importance à la neige tombant en hiver. Par son caractère factice, celle-ci possède un caractère irréel la reliant au rêve et à l’inconscient. « Il semblait que la neige, disparue de la terre confortable, ne descendait plus nulle part ailleurs et ne s’amoncelait que là. » [2]

Au sein de cet univers, la fatalité, qui détient une place importante dans l’œuvre de l’auteur, va agir sur les âmes. Aussi vieille que le monde, elle s’assimile au destin ayant réglé toute chose. Avec elle, Cocteau y est allé avec force puisque il en a parlé comme « une des plus parfaites machines construites par les dieux infernaux pour l’anéantissement mathématique d’un mortel » [3]. Chez lui, le destin prend parfois figure humaine, en l’occurrence celle du cancre Dargelos. Ce dernier jette sur Paul une boule de neige qui, le blessant, finira par le rendre tuberculeux et le fera tomber sous le joug de sa sœur Elisabeth.

Dargelos est présenté comme un véritable dieu. Extérieur à l’action, il n’en remplit pas moins un rôle important dans son déroulement, et son influence, très présente dans la chambre des deux adolescents, va être déterminante sur leur vie. D’abord, sa photographie est placée dans leur trésor, une image le représentant jouant au théâtre la reine Athalie, rapprochement voulu par l’auteur dans la mesure où la reine des juifs s’opposait au Tout-puissant et demeurait impénitente. Le cancre de la cité Monthiers va continuer à se manifester par l’intermédiaire des photos affichées sur les murs de la chambre. Enfin, l’attirance ressentie par Paul envers Agathe trouvera son origine dans sa ressemblance avec son ancien camarade. « Elle porte un nom de bille », affirmait Elisabeth en la présentant à son frère. Entre Dargelos et Paul n’existe aucun rapport trouble ; le frère d’Elisabeth éprouve simplement une admiration pour un garçon beau et fort, un être qui a de la présence, quelque chose d’indéfinissable entraînant l’admiration pour le chef. « Les privilèges de la beauté sont immenses. Elle agit même sur ceux qui ne la constatent pas. » [4] De cette beauté, Cocteau fera le symbole des ravages qu’elle peut répandre autour d’elle. Le lancement de la boule de neige contenant un caillou est le symbole du mal, des souffrances que la beauté peut infliger.

Le censeur de leur école accepte de fermer les yeux en croyant à la version mensongère de Paul. Les adultes refusent de plonger dans un univers mi-rêve, mi- réalité. Plus tard, la mère de Paul et Elisabeth prendra prétexte de sa maladie pour se désintéresser de tout ce qui se passe dans son foyer.

Le jeu n’ayant d’autre fin que lui-même

Les deux principaux personnages, Paul et Elisabeth, diffèrent par leur caractère. Le premier est passif, la deuxième est active. Elisabeth frappe par son dynamisme et sa volonté de s’imposer à son frère. Entre l’un et l’autre existe à la fois confiance et méfiance. Elisabeth domine Paul tout en éprouvant parfois une hostilité face à son attitude et l’on trouve chez elle un contraste entre son désir de s’imposer à son frère et sa volonté de jouer un rôle social. Son imagination est grande. Ainsi, le sentiment excessif qu’elle porte à Paul lui fait entendre des « bruits » quand dort celui-ci. « Paul dormait. Elisabeth écouta son souffle et le contempla.[…] Quel tumulte l’oreille entend ! Elisabeth bouche son oreille gauche. Sa propre rumeur s’ajoute à celle de Paul. Elle s’angoisse. » [5]

Paul, quant-à-lui, se trouve « déclassé » après le verdict du médecin l’assignant à rester chez lui et à ne plus aller à l’école. Installé dans sa chambre, il éprouve un affreux malaise. Ce nouvel environnement le déconcerte et il est nostalgique de Dargelos. Il peut lui arriver de s’opposer vivement à sa sœur, il n’en est pas moins soumis à son influence. Un trait le caractérise, le sommeil, une faiblesse dans laquelle il se complaît pour mieux se fuir. « Il faisait plus que se coucher, il s’embaumait ; il s’entourait de bandelettes, de nourritures, de bibelots sacrés ; il partait chez les ombres. » [6]

L’un et l’autre vivent en symbiose. « Cette chambre était une carapace où ils vivaient, se lavaient, s’habillaient, comme deux membres d’un même corps » [7] Les deux jeunes gens forment ensemble un « chef d’œuvre », comme l’affirme Cocteau, l’image même de l’adolescence demeurée encore immature. « C’étaient bien un chef d’œuvre que créaient ces enfants, un chef d’œuvre qu’ils étaient, où l’intelligence ne tenait aucune place et qui tirait sa merveille d’être sans orgueil et sans but. » [8]

Face à ces deux êtres, Gérard et Agathe vont être spectateurs. Telle est la direction prise par l’un et l’autre personnage. Le verdict du docteur sur le cas de Paul crée une sourde inquiétude chez Elisabeth. Aussi va-t-elle vouloir s’évader et favoriser le jeu entre elle et son frère. Le jeu et tout ce qu’il implique dans l’évolution psychologique des deux adolescents est au cœur de l’œuvre de Cocteau. « Veux-tu, on va jouer au jeu ? Mouche-toi. Regarde. Je t’hypnotise. » [9] La scène est bien caractéristique de l’action d’Elisabeth tout au long du roman. L’un et l’autre sont « hypnotisés », en ce sens qu’ils demeurent dans l’ignorance des réalités de l’existence.

Le jeu est une nécessité dans la vie, l’homme ayant besoin parfois de s’évader pour se soustraire à un labeur souvent contraignant. D’un caractère initiatique, il vise à l’intégration sociale, mais il ne faut pas le pousser trop loin. Roger Caillois a établi une distinction entre quatre type de jeu possibles : les jeux de hasard, les jeux de rôle, les jeux de vertige, les jeux de combat. Tous n’ont pas la même valeur éducative. Le jeu de rôle représenté par le théâtre permet par exemple à l’adolescent de se dépasser et d’acquérir une autre dimension de lui-même. Mais s’il est pratiqué de manière trop excessive, il peut aboutir à une dépersonnalisation de l’individu. C’est ce qu’il advint des enfants terribles, tellement pris par leur jeu qu’ils en perdirent le sens des réalités. Elisabeth, meneuse de jeu, joue, fait des scènes de menace puis se montre tout à coup d’une adorable gentillesse, une amie incomparable. « Elle se butait, devenait son personnage » [10], écrit Cocteau.

Ce jeu de rôle qui les rend prisonniers est favorisé par le cadre au sein duquel ils vivent, leur chambre, véritablement un théâtre. Traditionnellement, celui-ci est une image du monde. Ainsi est la chambre pour les deux adolescents, un monde bien à eux coupé du reste de l’univers, qu’ils reconstitueront partout où ils iront. On y trouve toute sorte d’objets particuliers. Jean Cocteau, précisément, accordait une grande importance aux objets faits, un attrait qu’il tenait de son enfance et du cadre privilégié dans lequel il vivait. Les choses ont une âme et exercent un certain pouvoir sur les individus.

Ces objets expriment une mythologie propre à l’auteur et en même temps sa poésie. On découvre par exemple une statue. « Des boîtes, du linge, des serviettes-éponges jonchaient le sol. Une carpette montrait sa corde. Au milieu de la cheminée trônait un buste en plâtre sur lequel on avait ajouté à l’encre des yeux et des moustaches. » [11] Cocteau pensait que les statues pouvaient exercer une influence maléfique et, dans une autre de ses œuvres, en a fait le symbole des mauvaises divinités d’antan. Ces représentations immobiles sont autant d’images de la psychologie des jeunes gens, figés dans leur attitude, arrêtés dans leur processus d’évolution vers l’âge adulte. Les objets les entourant sont en quelque sorte des « idoles », exercent par elles-mêmes une influence sur leur âme. Le comble est atteint avec le « trésor », un ensemble d’objets privilégiés que les deux êtres ont revêtu d’une importance particulière, « Trésor impossible à décrire, les objets du tiroir ayant tellement dérivé de leur emploi, s’étant chargés de tels symboles, qu’il n’offrait au profane que le spectacle d’un bric-à-brac de clefs anglaises, de tubes d’aspirine, de bagues d’aluminium et de bigoudis. » [12] Il exerce sa magie sur leur âme et entretient leur propension au secret. L’adolescent a en effet une imagination fabuleuse, ce qui peut même devenir une drogue.

Vivant à un âge où il est possédé par une énergie inemployée, il recherche des émotions violentes. Ainsi font Paul et Elisabeth qui essayent de se faire peur l’un à l’autre. Ensemble, ils vont voler dans un magasin sans objectif précis, à seule fin de vivre une expérience qui les sort d’eux-mêmes. Ils veulent « partir », autrement dit s’évader pour fuir une réalité qui ne les satisfait pas, trouver un autre état d’équilibre. « Ils partaient ailleurs. Rompus à l’exercice qui consiste à se projeter hors de soi, ils appelaient distraction l’étape nouvelle qui les enfonçait en eux-mêmes. » [13] C’est le jeu de vertige décrit par Roger Caillois, « une panique voluptueuse », celle que fait connaître à chacun la foire, le grand huit. Son caractère malsain est représenté par le nouvel aspect pris par la chambre. « La chambre prit le large. Son envergure était plus vaste, son arrimage plus dangereux, plus hautes ses vagues. Dans le monde singulier des enfants, on pouvait faire la planche et aller vite. Semblable à celle de l’opium, la lenteur y devenait aussi périlleuse qu’un record de vitesse. » [14]
Le jeu ne permettra pas à Elisabeth de rejoindre son frère et, toujours, il restera impuissant à conjurer le malaise entre les deux êtres et à leur faire connaître la vérité.

L’inconscience qui mène à la mort

La mort détient un rôle majeur dans l’œuvre de jean Cocteau. « Chacun a la mort qui lui ressemble » disait-il. A cette tragique conclusion aboutit l’histoire des enfants terribles. Ces derniers n’ont pas pris conscience du sens profond de l’existence humaine. « Il ne venait pas à l’esprit de ces orphelins pauvres que la vie était une lutte, qu’ils existaient en contrebande, que le sort les tolérait, fermait les yeux » [15]. La vie est un combat, celui exprimé par le jeu le plus valorisé par Roger Caillois. L’épreuve vient toujours pour faire connaître la maturité.
Dans la chambre, des signes se présentent comme annonciateurs de la mort. Certains objets délivrent un message. Les statues, par leur immobilité, évoquent des cadavres, des êtres inanimés pour l’éternité, tel celui de la mère des enfants terribles. Le thème du sarcophage l’exprime de manière poétique. « L’inouï de cette mort protégeait la morte comme un sarcophage barbare et allait lui donner par surprise, de même que l’enfance conserve le souvenir d’un évènement grave à cause d’un détail saugrenu, la place d’honneur au ciel des songes » [16]. L’un de ces objets détient une signification particulière pour Cocteau, le miroir. Celui-ci est pour l’auteur une image de la mort, car c’est en se regardant dans une glace que chaque mortel voit l’œuvre du temps agir sur son apparence et le conduire peu à peu vers sa fin. « [Gérard] lut un jour tracé au crayon en grosses lettres sur la glace : Le suicide est un péché mortel » [17].
Mené jusqu’au bout, le jeu aboutit à la mort. Celle-ci se présente à deux niveaux

D’abord, la mort aide le jeu, comme le montre l’aventure du mariage d’Elisabeth. Devenue mannequin, elle épouse un homme riche, Michaël. C’est une figure du destin introduisant à la mort puisqu’il les mènera à l’endroit où elle se produira. Finalement, il se tue en voiture. « La voiture dérapait, se broyait, se cabrait contre un arbre et devenait une ruine de silence avec une seule roue qui tournait de moins en moins vite en l’air comme une roue de loterie. » [18] La mort a aidé la chambre, le décor, et elle se reconstitue.
Ensuite, le jeu mène à la mort. Devenu adulte, Paul n’aime plus Agathe avec les sentiments indifférenciés de l’adolescence. Il l’aime vraiment et voudrait que son amour soit partagé. A cause de sa sœur Elisabeth qui voudrait le garder pour elle, il se suicide. Une fois encore, Dargelos va être l’instrument du destin. Croisant par hasard la route de Gérard, il lui confie une boule de poison, nouvel objet fait qui conduira à la catastrophe finale.
Rendu malheureux par l’union entre Gérard et Agathe arrangé par sa sœur Elisabeth, Paul va mettre fin à ses jours. Le sommeil caractérisant sa personne va l’empêcher d’être lucide sur l’acte de sa sœur. Déjà, les crises de somnambulisme auxquelles il était sujet, survenant chaque fois après un choc psychologique, manifestaient cet état d’inconscience, se présentaient comme une manifestation visible de sa faiblesse. Mort en sursis, il était en l’occurrence comme une statue enfermée sur elle-même. « Il marchait en proie à une des petites crises de somnambulisme fréquentes rue Montmartre et que déterminait toujours un désagrément. » [19]
De son côté, Elisabeth, qui veut garder son frère, s’est montrée active en imaginant son stratagème permettant de l’éloigner d’Agathe. Elle n’en est pas moins elle aussi inconsciente et cette plongée au fond d’elle-même se traduit par la manière mécanique avec laquelle elle va œuvrer pour conserver Paul. « Elle se sentait un automate, remonté pour un certain nombre d’actes et qui devrait les accomplir à moins de se briser en route. » [20] La rupture avec le monde est manifestée par le fait qu’en elle le rêve et la réalité se confondent. « Dans l’esprit d’Elisabeth, la réalité et le songe se confondent, tout comme le conscient et l’inconscient dans son rêve » [21]. C’est pour Cocteau l’occasion d’exprimer son don poétique quand il raconte le rêve d’Elisabeth. Celle-ci rêve qu’elle marche vers une colline rappelant celle existant dans un autre roman, Paul et Virginie (1788) de Bernardin de Saint-Pierre. Le contraste entre l’histoire vécue par ceux-ci et celle des enfants terribles permet à Cocteau de mettre en valeur le caractère tragique de la fin connue par ses deux héros. Le sentiment éprouvé par les personnages de Bernardin de Saint-Pierre est l’image de la pureté, celle caractérisant la vie dans les îles imaginée par le romancier. Le nom de la colline est le morne. Arrivée à son point culminant, Elisabeth voit que ce terme est attribué en fait à un billard, celui meublant la galerie de la demeure où elle vit après la mort de Michaël et sur lequel elle voit dans son sommeil Paul, étendu et mort. Le terme de morne désigne la tristesse dans laquelle se complaît l’adolescente. Isolé au sein de la galerie, le billard renvoie à l’idée de solitude, l’état d’esprit que vit la jeune fille voyant ses agissements envers Paul et Agathe favorisés.

Un dialogue subtil entre le jeu et la mort est présent dans Les enfants terribles. Cocteau a montré ce rapport de manière plus simple dans une autre de ses œuvres, Thomas l’imposteur, l’histoire d’un jeune homme qui, pour pouvoir partir à la guerre, s’est fait passer pour le neveu d’un général jusqu’à s’identifier à son personnage. Sa mort au front est plus douloureuse encore que celle connue par Paul et Elisabeth. Pour lui aussi, le jeu est allé trop loin. Devenu le jeu racinien, il a tourné à la tragédie, la mythomanie l’a tué. « En lui, la fiction et la réalité ne formaient qu’un. Guillaume Thomas était mort. » [22]

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[1Jean Cocteau, Les enfants terribles (1925). Paris : Bernard Grasset, Les Cahiers rouges, 2002, p. 15.

[2Ibid. p.17.

[3Jean Cocteau La machine infernale (1934). Paris : Le Livre de Poche, 1990, p.12.

[4Jean Cocteau, Les enfants terrible, op.cit., p.20.

[5Ibid., p. 35.

[6Ibid., p.62.

[7Ibid., p 35.

[8Ibid., p. 48.

[9Ibid., p.37.

[10Ibid., p.48.

[11Ibid., p.27.

[12Ibid., p.32.

[13Ibid., p.79.

[14Ibid., p.59.

[15Ibid., p.70

[16Ibid., p.46.

[17Ibid., p.44.

[18Ibid., p.89.

[19Ibid., p.109.

[20Ibid., p.102.

[21Jennifer Hatte, La langue secrète de Jean Cocteau. Berne : Peter Lang, 2007, p. 274.

[22Jean Cocteau, Thomas l’imposteur (1923). Paris : Gallimard, 1973, p. 150.


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