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Yves Sandre

26 avril 2010

par Anne Mounic

Yves Sandre, Le gisant de l’aube, suivie de Losanges. Dessins de l’auteur. Paris : Caractères, 2009.


Ce recueil, dès l’abord, s’inscrit dans l’instant qui « se joue de l’infini » (p. 11). Entre des dessins géométriques prennent place des vers dont certains ressemblent à des aphorismes :

« Voluptueuse et lunatique,
la métaphore s’émancipe
pour le bonheur des sortilèges. » (p. 25)

D’autres évoquent les cadavres exquis des poètes surréalistes :

« La dialectique du cadavre
émerge de son épilogue
comme une auguste insurrection. » (p. 24)

On apprend ainsi que la « diagonale est nécessaire » (p. 26) et que la « collision engendrera / une apocalypse haletante » (p. 27). Chaque être de chair semble se fixer sur la géométrie du dessin et du poème :

« Les corbeaux ont rétrogradé
parmi les vecteurs sans lacune
que la nature réverbère. » (p. 41)

Les « losanges » sont de courts poèmes, assemblés par deux sur la page. A nouveau, le merveilleux se greffe sur structure et analyse :

« Corbeau ou crapaud,
tous deux apostrophent
les superstructures
inimaginables
pour leur analyse.

Combien d’escarboucles
se sont consumées
dans les cathédrales ! » (p. 57)

Et faut-il entendre une note pascalienne dans ce losange-ci ?

L’univers m’écrase,
raccourci d’atome
expiant la divine
ironie du sens. » (p. 71)

En tout cas, la forme dominante est celle du questionnement :

« Pourquoi, mais pourquoi ?
Pour rien, ces pourquoi… » (p. 58)


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