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Yves Namur

27 septembre 2012

par Anne Mounic

Yves Namur, La tristesse du figuier. Castellare-di-Casinca : Lettres Vives, 2012.

Plaçant en exergue un verset de l’Apocalypse (6, 12) : « ... comme les figues vertes d’un figuier secoué par un vent violent » ainsi que quelques vers de la Sixième Elégie de Duino de Rilke sur le figuier qui se hâte « vers le fruit », Yves Namur compose un recueil selon dix degrés, pourrions-nous dire, dont les titres mêlent les échos mythiques, religieux, poétiques et existentiels. On pense d’emblée, par exemple, à Charles d’Orléans, avec ce « Manteau de pluie » (Rondeau 31), et le manteau, entre celui d’Elie et celui de Marie, éveille nombre de connotations religieuses. Chaque poème s’inscrit dans un instant précis qu’il évoque sans l’abstraire et en chantant « ces choses simples de la vie ». Si « Je ne suis personne » (remarque empruntée à Fernando Pessoa, quelquefois cité en exergue, ainsi que Paul Celan), le Tu par contre donne une présence à ce Je qui aspire à s’émerveiller et qui « parle la langue des figuiers » et s’accommode de la perte. « Dormition du silence » est un très beau titre, mais faut-il vraiment creuser autour de lui un fossé « infranchissable » puisque le poète y puise comme à une source ? Si l’on songe à la symbolique de la rose (la coupe de vie), il est très évocateur de la dire « inépuisable ». Le ton est élégiaque dans « La montée au Struthof », camp de concentration nazi en Alsace, établi à Natzweiler dans le Bas-Rhin en 1941.

Dans la tristesse du figuier

Vivent encore des hommes et des femmes

Qui ont l’âme ouverte et la vie

Déjà brûlée.

Le recueil s’achève sur « Trois poèmes à la vie simple », le dernier, daté d’août 2010, questionnant « Demain », qui « est tout simplement une autre histoire ».
Ce recueil s’apparente à une lente pérégrination, plutôt mélancolique, peut-être un peu désabusée.


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