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William Cliff

28 septembre 2008

par Anne Mounic

William Cliff, Epopées. Paris : La Table ronde, 2008.

Ce recueil, célébrant son titre, est traversé de gens qui marchent, de passants et de lieux divers comme Philadelphie, Madrid, Berlin, ou Gorée, au Sénégal, lieu de départ des esclaves pour l’Amérique. Le poète y rend hommage à d’autres poètes, comme Verlaine, Queneau ou Perros. Le dessein ultime de cette déambulation au rythme du décasyllabe, c’est de déceler ici-bas la « puissante présence » incarnée dans les choses :
« depuis lors je n’ai plus jamais cessé
de parcourir les forêts sur la terre
pour y trouver un aspect délaissé
que le monde a exclu de ses affaires
et de m’y arrêter et de m’y taire
en regardant autour de moi les bois
remuer ce feuillage qui pour moi
est une chose étrange dont l’essence
ne cesse pas au déclin de ma voie
de m’instiller sa puissante présence » (p. 60)

La mélancolie du regard rétrospectif ne mine pas le simple émerveillement de l’épopée terrestre, ni « la force d’être ce qu’il nous faut être » (p. 167).


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