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Tsafon

30 septembre 2009

par Anne Mounic

Tsafon, Revue d’études juives du Nord. N° 57 printemps-été 2009.
Directrice de publication : Danielle Delmaire.

Sous la direction de Claude Cazalé-Bérard et Andrée Lerousseau, le dossier de la revue Tsafon est consacré, dans ce numéro, au Cantique des Cantiques : Entre herméneutique et poésie. Il s’agit de mesurer ce que Gerschom Scholem nommait la « vie posthume » des Ecritures Saintes à travers les métamorphoses de ce mystérieux poème au fil de l’histoire littéraire. Mystérieux ? Oui, en effet, puisque rien n’est certain quant à son origine. Selon Giovanni Garbini, ce poème, dont Claude Vigée met en valeur la très grande beauté dans sa langue d’origine, n’a pu être écrit avant le second siècle avant l’ère chrétienne et « tout laisse supposer que le Cantique fut écrit par un membre de la caste sacerdotale, qui voulut s’insérer dans un débat qui courait depuis longtemps » (p. 17). Pour Claude Vigée, le Cantique contient une « anticipation du ‘temps messianique’ », car « le fiancé et la fiancée sont présentés aussi en tant que frère et sœur : « Dans le temps messianique, d’un nouvel Eden, cette forme d’amour est non seulement admise, mais elle paraît même la seul parfaite (comme la parfaite gémellité ou la ressemblance littérale entre Salomon et Sulamite, Shlomo et Shulamite), la bonté absolue, le suprême bien. Le Cantique propose une projection dans le futur de l’accomplissement. » (p. 105) Et, dit aussi Claude Vigée, « dans un amour tel que celui-là, le monde entier est inclus, à la fois dans sa dimension physique et dans sa portée solaire, c’est le rendez-vous du cosmos dans son intégralité ». (p. 107)

Autres sujets :
Le Plan Peel ou la défaite de la volonté ; L’écriture « minimaliste » dans la littérature israélienne ; Deux récits de Lenka Reinerova.