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Trakl et Rimbaud, par Jack Delavenne

22 avril 2011

par Jack Delavenne

Le piéton, le fils de Pan et l’enfant aux yeux de cristal :
Trakl héritier de Rimbaud ?

En matière de littérature et plus largement en matière d’art, il est parmi les ascendants (Trakl dirait les pères) des créateurs que l’on n’oublie pas et leurs héritiers sont nombreux. « Le plagiat est nécessaire », recommandait sans vergogne Lautréamont. [1] Cet aphorisme était destiné à justifier non la copie (on dirait de nos jours la contrefaçon) mais les emprunts et influences explicites ou clandestins qui font de tout artiste un Héritier pratiquant l’assimilation critique des œuvres du passé.

Les enfants Elis et Helian sont fabuleux. Trakl leur consacre trois poèmes : un long poème pour Helian et deux autres plus brefs, À l’enfant Elis et Elis. Ces trois silhouettes, cadavres en décomposition sous un ciel éteint, ont les traits fiévreux de Rimbaud. Et dans l’œuvre du poète autrichien, les allusions à ce père littéraire affleurent fréquemment. Il est permis de constater, par exemple, un emprunt à Rimbaud dans le poème À l’enfant Elis. Le « dormeur du val » a « deux trous rouges au côté droit » ; il « sommeille » dans « un trou de verdure ». Pareillement, Elis gît parmi les « étoiles mortes » ; le soldat mort de Rimbaud est étendu, inerte, pâle, près de la rivière étoilée…

Accrochant follement aux herbes des haillons
D’argent. [2]

Ecoutons Trakl : il parle du « silence de la descente au long de la rivière bleue ». Et même si les étoiles sont éteintes, à l’inverse, elles éclairent la scène rimbaldienne du Dormeur du val, Trakl veut appartenir au monde des « anges rayonnants » dont « la voix d’argent se meurt » et que le « vent pourpre de la nuit » [3] disperse. La mort d’Elis est la sienne propre, et elle est prochaine :

Ein Dornenbusch tönt,
Wo deine mondenen Augen sind.
O wie lange bist, Elis, du verstorben.

Un buisson de ronces tinte
Là où sont les yeux de lune
Ô il y a longtemps, Elis, que tu es mort.

Les lèvres d’Elis « boivent la fraîcheur de la source bleue des rochers » :

Auf deine Schläfen tropft schwarzer Tau.

Sur tes tempes perle une rosée noire. [4]

Rimbaud est un révolté de la transhumance, de l’errance (alors que Helian et Elis sont deux figures rendues statiques par la mort). Ses déambulations sont frénétiques, le « mage » qui a « seul la clef de cette parade sauvage » [5] est un « vagabond » [6] :

Je m’en allais les poings dans mes poches crevées. [7]
Depuis huit jours, j’avais déchiré mes bottines
Aux cailloux des chemins. J’entrais à Charleroi. [8]
Par les soirs bleus d’été, j’irai dans les sentiers (…)
Et j’irai loin, bien loin, comme un bohémien. [9]

À l’inverse, Elis et Helian sont immobiles, figés dans la mort, ils portent un horrible masque mortuaire : Helian est un ange blême, son corps gisant sur le sol est décomposé. Le mouvement est condamné, la mort fige définitivement le corps des anges.

La révolte des deux poètes contre la pesanteur du monde qui les entoure est exprimée dans des accents de délire, de « rêve » et de « démence » [10]. Rimbaud écrit :

Ces mille questions
Qui se ramifient
N’amènent au fond
Qu’ivresse et folie [11].

Trakl et Rimbaud font partie de cette lignée de poètes que la vie sur terre étouffe, sans remède. Mais le Rimbaud présent dans l’œuvre de Trakl serait-il encore le glorieux « savant au fauteuil sombre » divinement illuminé, « le saint en prière sur la terrasse » [12] ? En somme, est-il possible, en Elis et Helian, adolescents lumineux mais aux « corps pourris » [13], de reconnaître Arthur Rimbaud lui-même ?

Le poète se fixe comme devoir d’imaginer un monde de Beauté, dans lequel l’Homme aurait cours et retrouverait son harmonie première. Ce bonheur, ce continent « rose » à atteindre se situent dans l’avenir. Mais pour Trakl, l’Utopie ne se réalisera pas dans un futur clos, hanté par l’épouvantable vacarme de la guerre mécanique, mais dans un retour au passé dont ne subsistent aujourd’hui que les ombres des anciens,

Lorsque l’âme d’Hélian se mire en le rose miroir [14].

Trakl cultive jusqu’à la délectation la nostalgie de l’âge d’or, il se complaît dans l’émouvant regret d’un ordre ayant échappé au cycle régulier des saisons, dans le regret aussi du fabuleux passé où régnaient les dieux païens. Ce monde est peuplé d’une foule de figures familières : les ancêtres lointains, Elis, Helian, Sébastian rêvant, etc., personnages quasi sacrés portant le nimbe du mythe. Et, parmi les ronces des forêts légendaires, l’ombre du jeune homme mort, à l’étrange visage de tombeau, se profile, - scène qui n’est pas sans rappeler les noces minérales de Tristesse d’Olympio [15] :

Lorsque nous dormirons tous deux dans l’attitude
Que donne aux morts pensifs la forme du tombeau…

Rimbaud est un poète halluciné et « exilé ici » [16]. En écho, Trakl pénètre « dans le monde tendre de la démence » (« in senften Umnachtung ») [17]. La mort d’Elis et de Helian le hante. Qui est Elis ? Il est ce double qui s’est séparé du poète quand, avec concupiscence, depuis les fenêtres du château, il observait les « sœurs dissimulées »…

Sous les colonnes du vestibule
Revenues de tristes pèlerinages [18].

Elis est aussi ce jeune novice, proche parent spirituel des anciens moines, image d’Épinal d’un passé lointain où le « vice » n’existait pas. La présence spirituelle d’Helian annule, comme par enchantement, les méfaits du Déluge qui a submergé le monde des temps passés :

Gewaltig ist das Schweigen des verwüsteten Gartens,
Da der junge Novize, die Stirne mit braunem Laub bekränzt.

Il reste puissant le silence du jardin dévasté
Lorsque le jeune novice se couronne de feuillages bruns [19].

Et cette lumière dans la nuit, qui inonde le monde réel et la Crucifixion, signifient plus que la recherche d’un refuge dans la tourmente : Rimbaud est présent ici, à proximité de Trakl, avec son rêve de faire de l’Homme ce qu’il était jadis, de le rendre à « son état primitif de fils du Soleil. [20] » Dans l’enfer trakléen, les « illuminations », l’indispensable « tentative harmonique » [21] de l’adolescent fou, brillent d’un éclat sanglant. Il y a ce désir énergique de faire revivre, sur les ruines de la ville détruite par la civilisation moderne et par la guerre , le paradis et la participation « au défilé de féeries » [22]. Rimbaud est à la fois le Christ, le « divin Seigneur », et le « démon » [23] lui tirant la langue ; de la même manière, l’imaginaire trakléen, fait d’Elis l’enfant révolté dont le visage mort et disloqué contraste avec une quasi divinité :

Elis, wenn die Amsel in schwarzen Wald ruft,
Dieses ist dein Untergang.

Elis, l’appel du merle dans le bois noir t’invite
À descendre aux profondeurs [24]

Helian est le « saint frère (…) abîmé dans les doux accords de sa folie » [25]. Elis, le pâtre chantant, qui conduit son troupeau biblique loin de l’« ancienne inharmonie » [26], dont parle aussi Rimbaud, fait des « gestes de ses bras dans l’azur » [27]. Silhouette aux contours et aux traits se rapprochant de la perfection, il est l’adolescent que le poète aperçoit « yeux lunaires ». Roi solitaire du ciel, il est l’exact contraire de l’étranger mort sur la terre fangeuse – et l’hommage que lui rend le poète résonne ici en un cri de reconnaissance :

O ! wie gerecht sind, Elis, alle deine Tage

Ô ! Comme ils sont justes, Elis, tous tes jours. [28]

L’univers rêvé de Trakl est celui de la « forêt tranquille », car « il est sublime le silence de la forêt (…) et des bêtes moussues qui s’envolent quand vient la nuit » [29].Personnage sorti tout droit des « légendes originelles » [30] (« uralte Legenden »), Elis représente un havre de paix, une métaphore de Dieu, quand triomphe chez Trakl la postulation vers l’Absolu des figures angéliques. Le corps de fleur (en l’occurrence l’hyacinthe) d’Elis représente le retour à un temps situé avant « le déclin de la race » [31],

Ô ! Comme il y a longtemps, Elis, que tu es mort [32].

L’invocation à l’enfant légendaire, le désir de fuite vers le ciel constellé, se transforment en chute icarienne. C’est lorsqu’il ressent l’irréversible perte de lui-même et l’entrée dans la « démence », que le poète déplore le plus la perte de l’enfant fabuleux. La poésie devient intense, les allusions à la musique sont nombreuses, Trakl compose avec les mots de la langue une symphonie pastorale : « l’érable bruit » , « la grive peut-être chante encore » , « les doux accords de la folie du saint frère », « au soir s’abîme un grillon qui ne tinte plus »  ; « ô psaumes dans les pluies de feu » ; « les bruits enfantins du sureau », « l’hiver et son silence », « des cris dans le sommeil », « les gerbes tintantes de blé jauni », « le bourdonnement des abeilles », la « tendre sonate » ; en contraste, le « jardin dévasté » est baigné d’un « puissant silence » [33]. Ces notes et ces phrases musicales chantent des mélodies directement inspirées de la Nature, dans lesquelles le silence tient une place aussi essentielle que les notes elles-mêmes : ce silence, comme dans la sonate de Schubert interprétée au piano par la sœur « à la voix de lune », est celui de la mélancolie et de la mort. Les instrumentistes composant cet orchestre étrange sont les animaux, un moine, des arbres, les plantes…La révolte est exprimée en une poésie totale, fondée sur les correspondances : aux sons, à la musique de la nature, correspondent les couleurs : le poème Voyelles de Rimbaud et les Correspondances de Baudelaire sont tout proches.

Trakl utilise, par ailleurs, une large palette de couleurs, aussi riche que les sonorités musicales : il est à la fois peintre et musicien. Dans le poème consacré à Helian, le soleil surplombe les troupeaux,

Ist es schön, in der Sonne zu gehn

Il est beau d’aller dans le soleil [34]

le vin est « brun » et enivrant, la pêche est « rougeâtre », les orbites des yeux de l’homme « calme » sont « pourpres », la plaine est « sombre », tout comme l’homme « apparaissant dans l’ombre » ; l’olivier est « obscur » ; comme la plaine, les étoiles et les joues des sœurs sont « blanches » ; ainsi que l’eau, le bosquet est envahi d’une « sobre clarté », le cellier est « ensoleillé ». Sur fond de couleur jaune (celle du soleil), le peintre suggère le « marbre gris », couleur du fils de Pan, le gardien zélé des troupeaux antiques. A la fin du poème Elis, Trakl extrait de sa palette le bleu comme couleur dominante sur laquelle se détache « l’or » des « étoiles ». L’ange reste « blême » et ses yeux s’ouvrent en un « regard bleuâtre » appartenant à son « corps pourri » [35]. La couleur bleue est celle de la mort. Trakl évoque ainsi la triste vie de Helian qu’incarnent ses « blancs sourcils », et aussi son trépas [36]. « Triste revoir » [37]. Le parcours du poète dément s’achève, à l’instar de celui de Rimbaud, sur l’adieu d’ "Une saison en enfer" :

Rendu au sol, avec un devoir à chercher, et la réalité rugueuse à étreindre. Paysan [38] !

Trakl se sent fraternellement et amoureusement uni au jeune pâtre devenu triste auquel il s’identifie afin d’être rassuré, exactement comme on peut imaginer Rimbaud s’identifiant au soldat percé, gisant « bouche ouverte, tête nue ». L’ombre sans cesse, comme un martèlement du réel à l’écho démultiplié, visite l’âme malheureuse. Les pièces consacrées à Helian et à Elis constituent le moment le plus important de l’œuvre poétique trakléenne ; il nous est donné d’explorer le royaume souterrain de son imaginaire tout-puissant, pour y rencontrer des ombres fabuleuses et démoniaques, c’est-à-dire le père, les étoiles, les araignées, Dieu, l’enfant sanguinolent… Les êtres corrompus font leur apparition dans un habit de deuil, - valse triste, dérisoire et macabre. Helian et Elis ne sont pas les seuls visages évoqués, et l’enfer fait sombrer toute entière la « race » (…) « en déclin » [39] de ces êtres des ténèbres. Les sœurs, doubles féminins de l’adolescent, « s’en sont allées vers de lointains et blancs vieillards ».

Ah ! Les yeux de pierre de la sœur, lorsque sa folie passa, durant le repas, sur le front ténébreux de son frère [40].

Au milieu de cris féroces, tous les éléments constituant le peuple déchu, l’humanité décadente, descendent dans le gouffre du Mal et sombrent dans un épouvantable naufrage : et le poète a repris le masque du « vice ». Au comble de la démence, sa personnalité se scinde : si Hélian et Elis l’adolescent-fleur (qui n’est pas sans rappeler le soldat mort « les pieds dans les glaïeuls » [41]) sont des personnages rimbaldiens, ils ne sont que figures parmi beaucoup d’autres. Leur mort inévitable (« Expirante la tête s’incline dans l’obscur de l’olivier » [42]) rappelle étrangement le sort malheureux du Christ et par extension, celui de Trakl en personne confronté au « vice » et à la mort qu’il sait prochaine. Trakl est enfermé dans une prison hermétique ; jusqu’aux limites, il absorbera le « mensonge » [43], il s’enivrera de « luxure », d’amour incestueux, monstres intimes à l’origine d’un terrible sentiment de culpabilité.

Elis, Helian, le Christ sont des archanges déchus, que la vie a terrassés et dont la fuite vers l’Absolu, dont le rêve de posséder tous les paysages, sont impossibles. Comme les deux enfants magiques, Trakl s’en va vers la nuit. Les lampes et les étoiles s’éteignent. L’être est pétrifié.

Le neveu légendaire, c’est Trakl lui-même, terrible incarnation de son irrémédiable échec. Trakl poète ressemble au fil de son œuvre à chacune de ces folles ombres se profilant parmi les « forêts vespérales » de l’hallucination : il rejoint le père, la sœur, Rimbaud, le neveu. Si toutes les choses de la Terre sont soumises à la loi mutilatrice de la mort, il arrive à l’Homme de se relever et de courir vers Dieu, à la façon de Rimbaud « se (vantant) de posséder tous les paysages possibles » [44]. Mais le pouvoir de l’Obscur voile les éclats rougeoyants du soleil antique, dans le même temps qu’un nuage pourpre enveloppe la tête. Et la « race » s’abîme dans des hurlements d’Apocalypse, la descente d’"Une saison en enfer" reprend sa course.

Tels sont les vertiges trakléens.

À la suite de tous les enfants de l’azur, son cheminement correspond à ce mouvement de va-et-vient dans un dédale souterrain et hermétique, peuplé de figures horribles : les lépreux, les ressuscités, les servantes errantes, les ombres des anciens, les tombeaux, et habité par l’infini d’un Dieu sévère « baissant ses paupières bleues » semblables aux « sourcils bleus » du père... dans des vers d’une grande beauté :

Ein erhabenes Schicksal sinnt den Kidron hinab,
Wo die Zeder, ein weiches Geschöpf,
Sich unter den blauen Brauen des Vaters entfaltet.

Un sublime destin descend pensif le cours du Cédron
Où le cèdre, moelleuse créature,
Se déploie sous les sourcils bleus du père. [45]

Il nous est rarement donné de rencontrer la plénitude et la sage tranquillité dans cette œuvre. Libre cours est donné aux transfigurations durant la saison d’automne, saison privilégiée du « spleen ». Héritier, Trakl l’est de tous les poètes inconsolés ; et dans son esprit se mêlent intimement les luisants souvenirs et la fermeture sur le futur.

"Une saison en enfer", écrit Georges Emmanuel Clancier, incarne la « chute infernale » de son auteur, c’est le « sombre verso » [46] des Illuminations . En créant l’enfant-Dieu. Trakl aura retenu de son illustre prédécesseur la volonté surhumaine de saisir l’Absolu, de faire résonner les notes inédites de l’« opéra fabuleux », de créer des images à la fois indicibles et fulgurantes, des images poétiques encore jamais créées. Si le Déluge met à mort la poésie, elle revit, peut-être plus forte, dans la ténébreuse évocation des tourments trakléens . La fin catastrophique des deux adolescents coïncide avec la brûlure mortelle de « la flamme ardente de l’esprit » [47], à la bataille meurtrière de Grodek, avec la mort des jeunes soldats à la « bouche rompue »…

Chez Rimbaud, la guerre peut être légitime voire être un devoir patriotique ; elle n’est pas, alors, un levier de la révolte individuelle mais celui d’une révolte collective débouchant sur la liberté, comme le montre cet hommage aux morts de quatre-vingt-douze et de quatre-vingt-treize : alors qu’Elis et Helian sont déjà morts de ne pas avoir atteint les étoiles, Rimbaud honore, devant un monument aux morts virtuel et poétique ces soldats de la Révolution française dont les guerres apportèrent la liberté au monde. Il leur rend hommage :

Morts de Quatre-vingt-douze et de Quatre-vingt-treize,
Qui pâles du baiser fort de la liberté,
Calmes sous vos sabots brisiez le joug qui pèse
Sur l’âme et sur le front de toute l’humanité (…)

Ô million de Christs aux yeux sombres et doux. [48]

La révolte rimbaldienne, individuelle et collective, actuelle ou historique, débouche sur la liberté dont elle est la raison d’être. Elis et Helian, déjà morts, illustrent, quant à eux, la défaite, la descente aux gouffres. « Étoiles tuées »… Il est mort, l’enfant angélique avec qui sont enterrés les songes. À l’origine, il y avait les jardins merveilleux, le Paradis. Le monde était « aussi simple qu’une phrase musicale » [49], pour reprendre une formule de Rimbaud. La figure énigmatique d’Elis règne, une figure en qui nous reconnaissons en partie « l’illustre voyant », « le piéton de la grand’route », le « saint », le « savant » [50]. Mais cette figure est morte et en voie de décomposition, le dormeur du val trakléen n’a d’existence poétique que pour sonner le glas des immenses douleurs.

Et le Déluge, démoniaque cacophonie de musiques guerrières et du vacarme insupportable de la guerre mécanique, envahit le monde. Aucun espoir n’est plus permis, aucun avenir pour …

« Les enfants qui ne sont plus à naître » [51]

Notes

[1Isidore Ducasse dit Lautréamont, Poésie II in Isidore Ducasse, Œuvres complètes. Paris : Le livre de poche, 1966, p. 402.

[2Arthur Rimbaud, "Le dormeur du val", Poésies. Paris : Le club français du livre, 1949, p. 48.

[3Georg Trakl, Poèmes II, Helian. Paris : GF Flammarion, traduction Jacques Legrand, p. 165. Cette figure poétique se trouve aussi dans Le rêve et la démence, 1993, p. 287.

[4Ibid., p.179.

[5Arthur Rimbaud, op. cit., Illuminations, Parade, p. 211.

[6C’est d’ailleurs le titre au pluriel d’un poème : ibid., p. 237 : « Nous errions, nourris du vin des cavernes et du biscuit de la route, moi pressé de trouver le lieu et la formule ».

[7Arthur Rimbaud, op. cit., Bohême, p. 53.

[8Ibid., p. 49.

[9Ibid., p. 8.

[10Ces deux mots composent le titre d’u poème en prose, dense et désespéré, véritable testament de Trakl (voir Georg Trakl, op. cit., Le rêve et la démence, p. 283.

[11Ibid., p. 127.

[12Ibid., p. 207.

[13Ibid.

[14Georg Trakl, ibid., p.165.

[15Victor Hugo, Les rayons et les ombres, Tristesse d’Olympio, Poésie française, Site français de poésie, 2010.

[16Arthur Rimbaud, op. cit., Illuminations p. 217.

[17Georg Trakl, op.cit., Rêve et démence, p. 289. Nourris par les stupéfiants, le rêve et la démence se confondent : « Le pavot lui aussi éclosait, argenté ».

[18Ibid., p. 161.

[19Ibid., p. 158.

[20Arthur Rimbaud, op. cit., p. 239.

[21L’expression est de Pierre Brunel in Rimbaud ou l’éclatant désastre, Paris : Champvallon, 1961) ; Yves Bonnefoy (in Rimbaud par lui-même. Paris : Le Seuil, 1984, p. 165), emploie de son côté l’expression « entreprise harmonique ».

[22Arthur Rimbaud, op. cit., Illuminations, Ornières, p. 233.

[23Ibid., p. 167.

[24Georg Trakl, op. cit., A l’enfant Elis, p. 179.

[25Ibid., p. 161.

[26Arthur Rimbaud, op. cit., Matinée d’ivresse, p. 225.

[27Georg Trakl, op., cit., A l’enfant Elis, p. 179.

[28Ibid., p. 161.

[29Ibid., p. 287.

[30Ibid., p. 179.

[31Ibid., p. 161.

[32Ibid., p. 179.

[33Ibid.

[34Ibid., p. 159.

[35Ibid., p. 163.

[36Tous les termes référant aux couleurs et aux sonorités sont extraits du poème Helian, ibid p. 159 et suiv.

[37Ibid., p. 163.

[38Arthur Rimbaud, op. cit., Une saison en enfer, Adieu, p. 194.

[39Georg Trakl, Ibid., p. 163.

[40Ibid., p. 161.

[41Voir note 2, p. 1.

[42Ibid., p. 161.

[43Ibid.

[44Arthur Rimbaud, op. cit., Délires II, Alchimie du verbe, p. 175.

[45Ibid., p. 163.

[46Georges Emmanuel Clancier, Panorama de la poésie française : De Rimbaud au surréalisme. Paris : Seghers, 1953, rééd. 1970, p. 23.

[47Georg Trakl, op. cit., Grodek, p. 319.

[48Arthur Rimbaud, op. cit., Poésies, p. 21.

[49Ibid., p. 267.

[50Ibid., p. 207.

[51Georg Trakl, op. cit., Grodek, p. 319.