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The Wounded Bird /L’oiseau blessé

27 septembre 2006

par Katherine Mansfield

 
The Wounded Bird
 
In the wide bed
Under the green embroidered quilt
With flowers and leaves always in soft motion
She is like a wounded bird resting on a pool.
 
The hunter threw his dart
And hit her breast,
Hit her but did not kill.
Oh, my wings, lift me - lift me
I am not dreadfully hurt !
Down she dropped and was still.
 
Kind people come to the edge of the pool with baskets
`Of course what the poor bird wants is plenty of food !’
Their bags and pockets are crammed almost to bursting
With dinner scrapings and scraps from the servants’ lunch.
Oh ! how pleased they are to be really giving !
`In the past, you know you know, you were always so
fly-away.
So seldom came to the windowsill, so rarely
Shared the delicious crumbs thrown into the yard.
Here is a delicate fragment and here a tit-bit
As good as new. And here’s a morsel of relish
And cake and bread and bread and bread and bread.’
 
At night - in the wide bed
With the leaves and flowers
Gently weaving in the darkness
She is like a wounded bird at rest on a pool.
Timidly, timidly she lifts her head from her wing.
In the sky there are two stars
Floating - shining -
Oh, waters - do not cover me !
I would look long and long at those beautiful stars !
O my wings - lift me - lift me
I am not so dreadfully hurt .. .
 
Katherine Mansfield
Poems
Edited by Vincent O’Sullivan
Auckland : Oxford University Press, 1988
p. 82
 
L’OISEAU BLESSÉ
 
Dans le large lit
Sous le vert édredon brodé
Fleurs et feuilles sans cesse bougeant doucement
Elle ressemble à un oiseau blessé au repos sur un étang.
 
Le chasseur a décoché sa flèche
Et l’a touchée à la poitrine,
Touchée, mais ne l’a pas tuée.
Oh, mes ailes, portez-moi... portez-moi
Je ne suis pas affreusement blessée !
Elle s’affaissa, ne bougea plus.
 
Des gens aimables viennent au bord de l’étang portant des paniers
« Bien sûr, ce que veut ce pauvre oiseau, c’est abondance de nourriture ! « 
Leurs sacs, leurs poches sont bourrés presque à craquer
De reliefs du dîner, des restes du déjeuner des domestiques.
Oh ! comme ils sont contents, vraiment, de donner !
« Dans le passé, tu sais tu sais, tu étais toujours si rebelle.
Venais si peu souvent sur l’appui de la fenêtre, picorais
Si rarement les délicieuse miettes jetées dans la cour.
Voici un fragment délicat, voici une friandise
Quasiment neuve. Et voici un morceau de choix
Et du gâteau et du pain, du pain, encore du pain. »
 
Le soir... dans le large lit
Feuilles et fleurs
Doucement s’entremêlant à l’obscur
Elle ressemble à un oiseau blessé au repos sur un étang.
Timide, timide, sur son aile elle soulève la tête.
Dans le ciel, voilà deux étoiles
Voguant... étincelant...
O, flots... ne me recouvrez pas !
Je voudrais regarder longtemps, longtemps ces astres splendides !
Oh, mes ailes, portez-moi... portez-moi
Je ne suis pas si affreusement blessée !
 
Katherine Mansfield

(Traduction Anne Mounic.)


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