Temporel.fr

Accueil > à l’écoute > Notes de lecture > Sylvie Parizet (éd.)

Sylvie Parizet (éd.)

30 septembre 2009

par Anne Mounic

Sylvie Parizet (sous la direction de), Lectures politiques des mythes littéraires du XXème siècle. Collection Littérature et poétique comparées. Nanterre : Presses de Paris-Ouest, 2009.

Sous la magnifique couverture reproduisant « L’Ancien des Jours » de Blake, Sylvie Parizet publie les actes du colloque qu’elle a organisé en avril 2005 à l’Université de Nanterre. Sont rassemblés dans ce volume des contributions touchant aux figures de Prométhée, de Phèdre, d’Ulysse, de Caïn et Abel, entre autres, dans la littérature du vingtième siècle, sous trois grandes directions : « Enjeux politiques de quelques grands mythes littéraires du vingtième siècle » ; « Lectures politiques de mythes bibliques » ; « Grandeur et misère du recours au mythe : L’écrivain face aux tourments de l’Histoire ». A ce colloque participèrent d’une part Pierre Vidal-Naquet, qui venait de publier L’Atlantide : Petite histoire d’un mythe platonicien, d’autre part Claude Vigée. Tous deux s’entretinrent de l’épisode de Massada relaté par Flavius Josèphe dans La Guerre des Juifs.

« Nous nous réunissions à la synagogue de Toulouse, rue Palaprat (il y avait là, avant la guerre, une petite communauté juive, mi-sépharade mi-ashkénaze, d’environ neuf cents personnes). Nous avions pris l’habitude de nous réunir là en secret – le régime de Vichy interdisait toute réunion, quelle qu’elle soit, de juifs dans les territoires occupés – pour nous former. Avec l’aide du rabbin Cassorla, nous avons appris peu à peu ce qu’était l’histoire juive européenne après la chute de Jérusalem.
Nous en sommes venus à parler très naturellement, dans ce cercle clandestin d’études juives, de La Guerre des Juifs. Nous avons ainsi buté sur le cas de la résistance juive contre les Romains, et nous nous sommes tout de suite posé la question cruciale : que faire avec Vichy, avec la Milice, avec les nazis ? Nous étions confrontés à des problèmes terriblement semblables à ceux des juifs de cette époque-là. Nos aînés ont alors eu l’idée d’organiser un tribunal pour juger Flavius Josèphel : c’est là où se situe mon lien avec Pierre Vidal-Naquet. »

« Je remercie Claude Vigée de ce récit, et apporte quelques précisions. Tout d’abord, il se trouve que Flavius Josèphe a été deux fois condamné à mort par un tel tribunal pendant cette période : à Toulouse, dans la synagogue de la rue Palaprat, et à Vilna, dans le ghetto. Détail amusant : celui qui m’a signalé le procès de Toulouse, c’est Maxime Robinson, qui ne passe pas pour être précisément sioniste... J’ai donc lu avec grand intérêt La Lune d’hiver, et ai mentionné cet épisode dans ma préface. »

Dans la première partie de l’ouvrage, Pierre Vidal-Naquet nous entretient du mythe de l’Atlantide et le livre se referme sur un extrait de la Table ronde sur l’œuvre de Claude Vigée. Un autre extrait fut publié dans La nostalgie du père, de Claude Vigée.


temporel nous contacter | sommaire | rédaction | haut de page