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Stéphane Bataillon : poèmes

25 avril 2009

par Stéphane Bataillon

Les gouttes d’eau (extraits)

Promesse

Je t’avais promis
une caresse chaque soir.
Désormais
ce sera un poème.

Pour ceux qui restent

I

Tu aurais refusé
que l’ombre s’abatte et nous foudroie
alors écrire
pour ceux qui restent

"Nous vaincrons la mort."
des mots jetés pour conjurer,
juste avant ton départ.
Une erreur ?

S’approcher du vide
pour mieux reprendre pied.
Pour comprendre.

V

Que transmettre ?
Quel mystère révéler ?
L’apaisement possible.

La force du temps,
la saveur de l’instant,
l’éprouver.

VI

Alors, nous sommes heureux
de porter ton héritage.
Sur notre joue, un rayon d’automne.

Sachant que tu veilles
nous serons dignes
de ton sourire.

Ni tourner la page
ni changer de route.
Poursuivre.

Souvenir

Espérer ressentir
la fleur du cerisier
au lieu de ce flocon.


Refuge

Un jardin
où chaque pierre
aurait sa place.

Où le chaos
saurait se tenir.

Mirage

Mon grand-père m’a transmis
un calme malicieux.

Celui de ce pays
qui fait partie de moi
sans autre prétention.

Celui que le vent mène
bien au-delà du temps
de l’exil et de l’ombre.

Celui que me rappelle
ce frisson dans tes yeux
que je rêve de rejoindre.


Pourchassé

L’enfant n’a plus le temps
De saluer chaque grain de sable.

Il doit se soustraire.

Survie

Dans le désert
les cris ne trouvent pas
d’endroit où rebondir.

Mais refusent de se perdre.

Nova

Déchirer la feuille
fendre la racine
concasser la roche.

Ne pas laisser pâlir
notre quête face à l’ombre
et ne pas renoncer
à reprendre sa place.

À s’étirer
jusqu’à l’étoile.

Ardeur

L’eau de cette rivière
n’essaye même pas
de submerger la roche.

Elle sait depuis sa source
qu’il faut la contourner.


Cachette

Le torrent fou épargne
une petite cavité.

C’est pour le grain de sable,
pour qu’il vienne s’y blottir.

Baignade

Le sel pique la peau.
Il nous rappelle
d’où nous venons.


Folio

Maintenir la parole
au-dessus de son bruit.

Descendre dans la forge
pour entendre le cri
de nos livres précieux
brûlant dans la lumière.

Rester en équilibre
pour chuter aussitôt.

Suspendre l’avancée.


Equilibre

A l’orée du bois
des champignons au pied de l’arbre.
L’œuvre des fées
pour nous convaincre.

Craintes

Et si la seule chose qui me liait à toi
était cachée au fond du chêne ?

Et si l’herbe frémissait
à cause de cette peur ?

Et si nous pressentions
la goutte d’eau engloutie ?


Sacrifice

Partir sans autre but
que de se relier.

Porté par cette perte
se laisser en partage.

Eprouver l’éternel
d’une larme imprévisible.

Léguer sa force.


Consigne

Ne pas s’arrêter
à l’horizon.


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