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Solberg, impressions photographiques

22 avril 2011

par Guy Braun

Nous avions déjà abordé, lors du numéro 4 de temporel, le travail de Solberg, graveur. Nous laissons cette fois-ci la parole à Solberg, photographe.

Galerie- Photographies

Après un recul indispensable pour poser un regard plus serein sur mes œuvres, j’aimerais m’entretenir avec vous, cher Guy, des photos les plus secrètes, les plus intimes, parce qu’elle ont un lien sacré avec l’enfance, de par les objets qu’elles représentent ; détail infime, ridicule, touchant, tel ce petit chat en verre bleu, minuscule, qui trône sur le rebord d’un plateau indien ; il fut perdu pendant fort longtemps et retrouvé au fond d’un tiroir ; il est devenu de par sa couleur et grâce à tout ce qui irradie en lui, le chantre de cette série.

Reflets, doublés par les vitrages, qui deviennent miroirs démultipliés ; si le capteur a la patience d’attendre que la fleur s’irise ; fantômes diaprés, inaccessibles, impossibles à saisir pendant le temps nécessaire et qui enfin s’offrent à l’objectif, comme fleurs irrationnelles, objets portés au rang de symboles, proches de nos songes ; couleurs flamboyantes, ourlées, ondoyantes, formant une harmonie au sein de laquelle, pour une fois, je me sens en osmose.

Le jeu des reflets m’a toujours subjuguée ; j’en ai laissé de nombreux témoignages sur la pellicule ; captés sur le sable des grèves, toujours luisantes, ondoyantes à mer descendante, cette approche dans le sable humide, cette eau se répand, se tord en rigoles, miroite et crisse sous nos pas indécents. Juste un petit écart, oui, la lumière est bonne pour la capture, la pose sera-t-elle correcte ? Un autre déclic pour la sécurité, dans la frénésie.

Pour les images qui sont dans l’espace, ce sont les atteintes du vent, de l’air et de la mer qui au fil des saisons érodent le lieu. Lorsque je mémorise certains espaces, je perçois un changement si important que je doute parfois avoir eu un coup de foudre pour cette étendue…. Parfois je peux capter des tonalités devenues somptueuses de courbes répondant à mes inspirations. Elles donnent lieu alors, naturellement, à une dérive, vers un territoire proche, plus agressif, car il faut se méfier comme de la peste de la mollesse et de la suavité….

Il m’apparaît clairement, que ces démarches sont bien imbriquées, dans le processus créatif de mes estampes, de mes dessins et je le souhaite sans qu’il y paraisse rien, mais laissons les images parler pour la compréhension de quelques-uns, je le souhaite.

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Solberg_Univers des arts septembre 2010

En complément à ces confidences, vous pouvez lire l’article de L’univers des arts du 29 septembre 2010, qui présente l’artiste et son parcours.
Vous pouvez retrouver certaines œuvres sur les sites suivants :
http://solberg.gravure.free.fr et http://castledream.free.fr