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Seymour Mayne, poèmes Traduction Anne Mounic

23 septembre 2015

par Seymour Mayne

Two Poems

Capuchin Crypts

Eaten away, the leftover
cheeks turn a scowl.
Monsignor Giovanni droops
into eternity sinking
amid the grisly rococo.

What are we to do –
bend the knee
in quick obeisance ?
Pay lip service
to the dismembering hate ?
Water these florid
shell patterns with tears ?
Give alms in the name
of the needy idols ?

Hereafter may the bones
be beaten to a powder
traceless and silent
beneath the pagan
soles of living Rome.

Rome

Cryptes des Capucins

Grignoté, ce qui reste
de joue se renfrogne.
Monsignor Giovanni mollement
tombe dans l’éternité s’échouant
en plein macabre rococo.

Qu’attend-on de nous –
une génuflexion
de preste obéissance ?
Un intérêt de façade
pour le démembrement de la haine ?
Un ruisseau de pleurs
sur ces diluviens motifs de coquillages ?
L’aumône au nom
des ces idoles dans le besoin ?

Puisse la postérité
réduire ces ossements
en muette poussière sans lendemain
sous les semelles
païennes de la Rome qui vit.

Rome

The Oranges of Sicily

The oranges of Sicily
yield sanguine red
but does anyone in Bologna
take notice or mind
as the juice, squeezed
into glasses
straight as the towers,
mixes with water amnesic
as the young ?

The tongue vows
it is sweet,
the eyes beg pardon,
arms do not resist
as fingers
tear away the fragrant
skin,
and the aroma tells
no one
the fruit drawing from
underground sources
punish the flagrant wanderer
who partakes
of the refreshing flesh
but can not wholly
forget his brother’s blood.

Bologna

Les oranges de Sicile

Les oranges de Sicile
donnent un jus rouge sang
mais qui à Bologne
le remarque ou s’en soucie
quand, pressé dans des verres
aussi droites que les tours,
il se mêle à l’eau amnésique
de la jeunesse ?

La langue jure
que le goût en est sucré,
les yeux demandent pardon,
les bras ne résistent pas
tandis que les doigts arrachent le zeste
parfumé
et l’arôme ne dit
à personne
que le fruit puisant
à des sources souterraines
punit l’errant manifeste
qui s’abreuve
de la rafraîchissante pulpe,
mais ne peut tout à fait
oublier le sang de son frère.

Bologne


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