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Seymour Mayne, poèmes

22 avril 2011

par Seymour Mayne

Equinoxe d’automne
et autres poèmes

Traduction d’Anne Mounic

Fall Equinox

The bees are slowly dying,
foragers now in full retreat.
The sweet condominia
will freeze and all birds
but the duck and inland gull
will soon head southwards
on their seasonal pilgrimage.
September is the crueler month.

Equinoxe d’automne

Lentement meurent les abeilles,
les butineuses désormais en pleine retraite.
Le suave complexe
va geler et tous les oiseaux
à l’exception du canard et de la mouette des rivières
s’apprêtent à filer au sud
pour leur pèlerinage saisonnier.
Septembre est le mois cruel.

Kin

For years
each snoozed away
his afternoon
or next morning
hooked in dreams,
anchored against
the tow of snoring.

It was not only
a drawn fatigue
but a long voyage
over far water,
the days lifting
their rising crests
and the spinning sun
giving no quarter.

And their words
were few, nothing
to exclaim
over the kindred horizon
as now, mute,
they sleep
dozens of yards apart,
each in the raft
of his crumbling coffin.

Parents

Pendant des années
ils ont chacun passé l’après-midi
à faire la sieste
ou le lendemain matin
s’agrippaient aux songes,
à l’ancre contre
le ronflement qui les entraînait.

Il ne s’agissait pas seulement
des traits tirés de l’épuisement
mais d’une longue traversée
sur les eaux lointaines,
les jours soulevant
leur crête ascendante
et le soleil tisserand
ne faisant pas de quartier.

Ils parlaient
peu, nulle exclamation
sur l’horizon cousin
même mutisme que maintenant,
ils dorment
à quelques dizaines de mètres l’un de l’autre,
chacun sur le radeau
d’un cercueil qui se décompose.

Shelter

Does the lizard wish to sleep
his way to noon,
curled in the rock,
his white skin
a camouflage to all
but reptile kin ?

Now he scrambles
in the noise of morning
and only he knows
the best shelter
that can be found—
far from our steps,
even further from
the scorching
radar of hamsin.

Refuge

Le lézard souhaite-t-il dormir
jusqu’à midi,
enroulé dans le roc,
sa peau claire
le dissimulant à tout autre
que le reptile, son parent ?

Il file pour l’instant
dans le bruit du matin
et lui seul connaît
le meilleur refuge
qui se puisse trouver –
loin de notre perron,
et plus loin encore
du brûlant
radar du khamsin.

From Wind and Wood : Word Sonnets

“Happy Hour”

What
is
this
tristesse
at
the
lingering
hour,
the
light
defeated
again
by
darkness ?

“Happy hour”

Quelle
est
cette
tristesse
quand
le
moment
s’attarde,
la
lumière
encore
vaincue
par
l’ombre ?

65 Years Young
for Elena Sánchez Hernández


Old ?
Just
the
clothes,
my
friends,
the
boy
still
has
mischief
in
his
bones !

Jeunesse de soixante-cinq ans

à Elena Sánchez Hernández

Age ?
Rien
que
vêtements,
mes
amis,
le
gars
est
encore
espiègle
jusqu’
aux
os !

Xylophone

Frivolous,
we
pass
the
hours,
ears
gently
tapped
by
xylophone
of
wind
and
wood.

Xylophone

Frivoles,
nous
passons
les
heures,
oreilles
gentiment
heurtées
au
xylophone
de
vent
des
bois.


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