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Robert Graves

22 septembre 2014

par Anne Mounic

The White Goddess

by Robert Graves [1]

Frères Limbourg, Les Très Riches Heures du duc de Berry, mois de novembre.
All saints revile her, and all sober men
Ruled by the God Apollo’s golden mean ‒
In scorn of which we sailed to find her
In distant regions likeliest to hold her
Whom we desired above all things to know,
Sister of the mirage and echo.

It was a virtue not to stay,
To go our headstrong and heroic way
Seeking her out at the volcano’s head,
Among pack ice, or where the track had faded
Beyond the cavern of the seven sleepers :
Whose broad high brow was white as any leper’s,
Whose eyes were blue, with rowan-berry lips,
With hair curled honey-coloured to white hips.

Green sap of Spring in the young wood astir
Will celebrate the Mountain Mother,
And every song-bird shout awhile for her ;
But we are gifted, even in November
Rawest of seasons, with so huge a sense
Of her nakedly worn magnificence
We forget cruelty and past betrayal,
Heedless of where the next bright bolt may fall.

*

La déesse blanche

La vilipendent tous les saints et les sages
Que gouverne du divin Apollon le juste milieu ‒
Au mépris duquel nous parcourûmes les mers pour la trouver
En ces régions lointaines où très vraisemblablement elle demeurait,
Elle que nous désirions par-dessus tout connaître,
Sœur du mirage et de l’écho.

Ce fut vertu de ne point rester,
Que de suivre notre opiniâtre route héroïque
A sa recherche au faîte du volcan,
Sur la banquise, ou là où ses traces s’étaient estompées
Par-delà l’antre des sept dormeurs :
Elle dont le front haut et large avait la blancheur de tout lépreux,
Elle qui avait les yeux bleus, les lèvres sorbe,
Elle dont les boucles couleur de miel effleuraient de ses hanches la blancheur.

La verte sève du printemps au jeune bois tout en émoi
Célébrera la Mère de la montagne,
Et tout oiseau l’espace d’un instant l’appellera de son chant :
Mais il nous est donné, même en novembre,
De toute saison la plus âpre, le sentiment si extrême
De cette splendeur qu’elle porte en sa nudité,
Que nous oublions sa cruauté et ses trahisons passées
Sans nous soucier de l’endroit où le prochain trait de foudre, vif, risque de tomber.

***

Ce poème fut d’abord publié en exergue de The White Goddess (La Déesse blanche,1948), puis repris avec des modifications dans Poems and Satires 1951 (Poèmes et satires 1951). Dans The White Goddess, ouvrage en prose écrit durant la Seconde Guerre mondiale, Robert Graves élabora son mythe poétique personnel en s’appuyant sur les mythes grecs, celtes et méditerranéens ainsi que sur la Bible. Il chercha grâce à ces récits à faire pièce à l’idéalisme, ou intellectualisme philosophique, afin d’unir à nouveau le souffle de l’esprit et la substance de la vie. La déesse, ou muse, en devient la figure. Son ambivalence se rythme dans le temps grâce à l’alternance des saisons. Le poète parvient ainsi à une conciliation cyclique des contraires. Il répond par cette réflexion existentielle au traumatisme de la Grande Guerre, qui donna une réalité sordide à notre destin charnel, la mort se présentant dans toute son horreur matérielle.

Le fait de renouer avec le récit ancestral permet de rendre sa substance, en dépit de la mort, en dépit de l’affaissement des valeurs, à l’idée de vie. En sondant les mythes, Graves s’est évertué à ressaisir la réalité du temps vécu sous tous les masques et tièdes toiles de langage destinés à l’édulcorer. Dans un poème publié dans Poems (1914-1926), « The Cool Web » / « Tiède toile », il place le langage poétique sur l’arête de la folie, récusant la « tiède toile » mensongère d’une volubilité destinée à dissoudre l’aiguillon de l’épreuve charnelle de la vie. Dans un poème plus tardif, « The Florist Rose », « La rose du fleuriste » (Collected Poems, 1938), il se plaint que cette fleur, absolument artificielle, s’affranchisse de la « légende », se place dès lors en rupture eu égard à l’esprit du récit, cette continuité de figures qui portent notre conscience réflexive de l’expérience. Cette figuration de l’existence dans les histoires qui se content et se transmettent ne vise pas à l’édification du public dans l’allégorisation du bien et du mal, mais à une réciprocité épique du sentiment de l’épreuve.

Les poèmes publiés en 1938 ainsi que ceux publiés antérieurement, notamment dans To Whom Else ? (A qui d’autre ?) en 1931, sont marqués par la figure de Laura Riding, poétesse américaine avec laquelle Graves partagea sa vie à Deyà durant l’entre-deux-guerres. Elle aurait inspiré la figure de la muse, mais le mythe gravesien se déduit également de sa connaissance parfaite du grec et du latin. Ce poème, d’ailleurs, « The White Goddess », se lira comme contrepoint à l’Ode X d’Horace, Livre II, composée en strophes sapphiques. [2] Ce que l’anglais exprime par les mots « golden mean », ou « juste milieu », traduit l’expression d’Horace, aurea mediocritas, au vers 5. Cette conception est reprise à Aristote (384-322 av. J.-C.) dans son Ethique de Nicomaque (Livre II, chapitre 6) : « Ainsi tout homme averti fuit l’excès et le défaut, recherche la bonne moyenne et lui donne la préférence, moyenne établie non relativement à l’objet, mais par rapport à nous. » [3] La traduction anglaise [4] de cette ode permettra d’envisager son rapport avec le poème original de Graves. Je reprends à la traduction française de François Villeneuve les éléments transposés.

X
You’ll live more virtuously, my Murena,
by not setting out to sea, while you’re in dread
of the storm, or hugging fatal shores
too closely, either.

Whoever takes delight in the golden mean,
safely avoids the squalor of a shabby house,
and, soberly, avoids the regal palace
that incites envy.

The tall pine’s more often shaken by the wind,
and it’s a high tower that falls with a louder
crash, while the mountainous summits are places
where lightning strikes.

The heart that is well prepared for any fate
hopes in adversity, fears prosperity.
Though Jupiter brings us all the unlovely
winters : he also

takes them away again. If there’s trouble now
it won’t always be so : sometimes Apollo
rouses the sleeping Muse with his lyre, when he’s
not flexing his bow.

Appear brave and resolute in difficult
times : and yet be wise and take in all your sails
when they’re swollen by too powerful
a following wind.

X
La bonne direction dans la vie, Licinius, c’est de ne pas pousser toujours vers la haute mer, c’est aussi de n’aller point, dans une horreur prudente des tempêtes, serrer de trop près le rivage peu sûr.

Quiconque élit la médiocrité toute d’or a la sécurité [...].

Parfois Apollon réveille sur la cithare sa Muse silencieuse, et il ne tend pas toujours son arc.

Dans les moments difficiles, montre-toi courageux et fort : mais tu auras aussi la sagesse de réduire tes voiles trop gonflées par un vent favorable. [5]

La conception de la vertu exposée par Horace, conception teintée du stoïcisme en vigueur à l’époque d’Auguste, même si le poète demeura fidèle à son ami Mécène, épicurien, diffère de celle de Graves : « It was a virtue not to stay, / To go our headstrong and heroic way ; Ce fut vertu de ne point rester, / Que de suivre notre opiniâtre route héroïque ». Le poète revendique sa quête épique, qui le mène « vers la haute mer » vers les endroits les plus risqués. En somme, vertu n’est pas synonyme de prudence et la muse de Graves n’est pas celle, apaisante, d’Apollon. La déesse fait face, une et unique, aux saints et aux sages pris dans leur totalité (« all », « tous » est répété au premier vers, répétition qui me paraissait lourde en traduction). Ces troisièmes personnes s’opposent à « nous », première personne du pluriel, incluant le poète. Le point de vue subjectif conteste la règle. Les troisième et quatrième vers répondent à la prudence qu’exprime Horace dans la première strophe :

In scorn of which we sailed to find her
In distant regions likeliest to hold her

Au mépris duquel nous parcourûmes les mers pour la trouver
En ces régions lointaines où très vraisemblablement elle demeurait,

Les poètes ne se déroberont pas à l’aventure épique, mais l’entreprendront au contraire avec confiance même s’ils n’ont aucune certitude quant à l’issue de la traversée. Ils ne demandent aucune garantie au départ, même s’ils ont fait un choix : « Whom we desired above all things to know, / Elle que nous désirions par-dessus tout connaître ». Toutefois une telle connaissance n’est qu’indirecte : « Sister of the mirage and echo / Sœur du mirage et de l’écho ». La lune symbolise cette intuition réflexive de la réalité puisqu’elle tient sa lumière du reflet. C’est ainsi que Graves décrit le processus poétique :

C’est une métaphore suffisamment fidèle pour la poésie. La source de lumière frappe le premier miroir, celui de la perception immédiate ; l’image se reflète dans un second miroir, plus épicritique ; et si l’on accepte l’idée que chaque personne dispose de degrés variés de conscience, correspondant aux sept degrés classiques de l’hypnose, dans laquelle descend l’esprit du poète durant la composition d’un poème à la muse, il est juste de dire que les motifs extraordinairement complexes d’une telle œuvre se déduisent finalement de la première illumination pure dans le miroir poétique. C’est l’angle selon lequel ces miroirs sont disposés qui détermine le résultat final. [6]

« It was a virtue not to stay » / « Ce fut vertu de ne point rester » récuse les recommandations d’Horace dans la dernière strophe de son ode. Le poète conseille l’obstination et une forme d’audace. L’antre des sept dormeurs évoque la légende des sept dormeurs d’Ephèse, groupe de jeunes Chrétiens fuyant les persécutions de l’empereur romain Decius. Ils trouvèrent refuge dans un antre où ils dormirent pendant cent-quatre-vingt ans. Cette histoire est synonyme de foi et de résistance.

Comme Graves l’a affirmé dans The White Goddess, son portrait de la muse doit aux vers de Coleridge dans le Dit du Vieux Marin :

Her lips were red, her locks were free,
Her locks were yellow as gold ;
Her skin was as white as leprosy [7]

Ses lèvres à elle étaient rouges, ses boucles dénouées,
Ses boucles aussi dorées que l’or ;
Sa peau, aussi blanche que lèpre

Il est intéressant de mesurer les variations d’un poème à l’autre, la description de Graves paraissant plus incarnée que celle de Coleridge. L’auteur de « La déesse blanche » insiste sur l’appartenance de sa muse à la nature. Par exemple, il ne mentionne pas la couleur de ses lèvres, mais l’évoque par une métonymie : « rowan-berry lips / les lèvres sorbe ». Il procède de même pour la couleur de ses cheveux : « honey-coloured / couleur de miel ». Ce vers : « With hair curled honey-coloured to white hips / Elle dont les boucles couleur de miel effleuraient de ses hanches la blancheur », qui suit le mouvement de la chevelure et le modelé du corps évoque la Vénus de Botticelli qui se trouve aux Offices à Florence. La singularité de la muse s’exprime de deux façons : tout d’abord par l’usage du relatif (whose / dont), aussi transposé avec le relatif sujet « qui », et de la préposition (with), transposée en français avec « dont ». Dans les deux langues, en tout cas, ces attributs sont rapportés directement, par subordination, à sa personne, évoquée par le pronom personnel objet « her », transcrit par « la » ou « elle », par l’apposition « Sister if the mirage and the echo / Sœur du mirage et de l’écho », puis désignée comme « Mountain Mother / Mère de la montagne ». Dans The White Goddess, le M, « colline de la poésie ou de l’inspiration » [8], correspond à Mnémosyne, mère des Muses (qui séjournent sur le mont Hélicon), mais aussi à Minerve, déesse de la sagesse et des nombres, ainsi qu’aux Moires qui, selon certain spécialistes des mythes, auraient inventé l’alphabet. Le M est ainsi « une colline enracinée dans les lettres de mort R et I et surmontée par le C de la sagesse ». Mnémosyne, Mémoire, opère une synthèse temporelle puisqu’« on peut avoir la mémoire de l’avenir comme du passé. La mémoire de l’avenir se nomme généralement instinct chez les animaux, intuition chez les êtres humains » [9]. Dans les Mythes grecs (The Greek Myths, 1957), Graves nomme les Muses, filles de Mnémosyne, « déesses de la montagne » [10], précisant qu’elles étaient trois à l’origine, comme les Moires, alors que les Saisons sont deux, Thallo et Carpo, qui signifient bourgeonner et faner.

William Nicholson, Towner, 1912.
Moires et Saisons sont filles de Zeus et de Thémis, nom qui signifie « ordre ». Graves la présente comme « la Grande Déesse qui ordonna l’année de treize mois, divisée en deux saisons par les solstices d’hiver et d’été » [11]. On retrouve cette ambivalence du don et de la cruauté dans la ballade de Keats, « La Belle Dame Sans Merci » (1820), ce titre s’inspirant du poème d’Alain Chartier (1385-1430), dialogue entre la dame cruelle et l’amant éconduit, qui date des environs de 1424. Graves revendique également cette Belle Dame comme figure de la muse. Calendrier, destin et conscience temporelle s’interpénètrent de telle façon qu’on dépasse la notion d’« illusion pathétique » (voir article) pour atteindre une unité existentielle de figurations solidaires par lesquelles l’individu dans son récit s’inscrit à la fois dans le monde qui l’a vu naître et dans un récit plus vaste qui ne l’élude pas, mais dans lequel il se reconnaît. Cette perspective ne se fonde pas sur l’image fixe d’une saison qui représenterait notre humeur selon un principe de mimésis, ou de représentation, mais sur leur mouvement, rythme et devenir à la fois. Graves se figure la progression du temps non selon le principe de l’éternel retour, mais comme une spirale qui contrarie le repliement involutif du retour du Même pour l’ouvrir à l’avenir et donc au principe d’altérité. Il s’agit de dialectique existentielle. Les miroirs sont multiples à partir de la perception immédiate ; ils sont autant révélateurs du monde que de la conscience qui l’étreint. L’esprit par le mouvement de ses figurations modèle le devenir humain de son étoffe terrestre. Ce n’est pas l’intellect qui domine les passions selon le dualisme traditionnel présenté par John Ruskin, mais l’être qui fonde son unité en se reconnaissant au sein du monde qui l’a vu naître.

La singularité de la Muse reflète celle de tout être humain. Graves écrit : « white as any leper’s / la blancheur de tout lépreux » alors que Coleridge se réfère à la maladie. Cette comparaison me pousse d’ailleurs à modifier ma traduction puisque j’ai écrit, à l’origine, dans les Poèmes de Graves parus en 2000 : « la blancheur de la lèpre ». Il est nécessaire de faire ressortir l’individu, dont la Muse assure l’intégrité par la sienne propre. La notion de blancheur vient comme l’alpha et l’oméga, ‒ tout d’abord, puis à la fin de la description, unifiant le portrait. Ajoutons, à propos du sorbier et de ses fruits bien rouges, que cet arbre s’inscrit au cœur du mythe dans la correspondance entre arbres et lettres établie au chapitre 10 de The White Goddess. Seconde lettre, L, pour Luis, son nom celtique, il est plante oraculaire et arbre de vie. La Muse est à la fois figure de vie et de mort. Sa nature ambivalente se révèle à travers le cycle des saisons : elle est le mouvement d’espérance et de vigueur du printemps ainsi que la rude indifférence de froidure et décomposition de l’automne. Le paradoxe de la situation humaine s’exprime en opposition (But / Mais) par rapport au renouveau. Paradoxe, car, justement, l’esprit ne se soumet pas à l’adversité, mais a le don de lui résister. La Muse figure à la fois la résistance de la réalité et notre ténacité ; elle est l’élan toujours renouvelé qui anime le poète du « sentiment si extrême / De cette splendeur qu’elle porte en sa nudité ». Cette dernière expression, « nakedly worn magnificence », est un oxymore. La déesse est la vie ressourcée à son origine, l’essence paradoxale de notre condition. Le poète est son amant et son fils, que Graves compare au dieu sacrifié des mythes méditerranéens, comme Hercule ou Dionysos. Les deux derniers vers du poème prônent la confiance plutôt que l’effroi. Le poète se déleste du fardeau du passé pour affronter librement l’avenir. Le moment présent de la création opère une synthèse temporelle ; le passé, repris dans l’acte du sujet, perd sa qualité mutilante ou paralysante. La vie ainsi portée en sa nudité, l’avenir demeure intact.

Graves renouvelle la figure ancestrale de la muse. Il ranime ses qualités pastorales en leur parfaite ambivalence, naissance, amour et mort, synonyme d’intégrité existentielle. L’esprit admet la qualité paradoxale de l’existence et oublie le mensonge idéaliste. Les saisons ne sont pas des images mimétiques de nos humeurs, mais une perpétuelle métamorphose, solidaire de la capacité de notre esprit à sans cesse renouveler l’Ouvert, ou capacité l’avenir et de liberté. A noter la synthèse qu’opère Graves entre connaissance et destin. Il reprend en effet à son compte l’œuvre du passé en la projetant dans l’avenir, contestant la prudence stoïcienne d’Horace et réinterprétant l’utopie du récit selon sa propre visée existentielle. Les éléments biographiques ne sont pas absents, puisqu’il a bien traversé les mers en 1929 pour s’établir à Deià en disant « adieu à tout cela », selon le titre de ses mémoires de guerre, mais ils s’intègrent sans complaisance égocentrique à cette utopie renouvelée qu’est l’épopée d’un homme du vingtième siècle confronté à la résurgence d’une violence que le vernis de la civilisation avait fait oublier. Le sens revécu de la vulnérabilité individuelle suscite cette audace qui rend possible de commencer, qui régénère donc le souffle originel, et l’intégrité du sujet singulier.

Notes

[1Robert Graves, Complete Poems, volume 2. Edited by Beryl Graves and Dunstan Ward. Manchester : Carcanet, 1997, p. 179.

[2Un quatrain composé de trois vers sur le modèle suivant : Deux trochées, un dactyle, deux trochées, ou un trochée, un spondée, un dactyle, un trochée, un spondée, le quatrième vers étant composé d’un dactyle et d’un trochée, ou spondée.

[3Aristote, Ethique de Nicomaque. Edition de J. Voilquin. Paris : Garnier-Flammarion, 1965, p. 53.

[5Horace, Ode X, Livre II, in Odes. Edition bilingue. Traduit par François Villeneuve. Introduction et notes d’Odile Ricoux. Paris : Belles Lettres, 2012, p. 121. L’ode est adressée à Licinius Murena.

[6Robert Graves, “Ecstasy” (1965), in Collected Writings in Poetry. Edited by Paul O’Prey. Manchester : Carcanet, 1995, p. 497.)

[7S.T. Coleridge, Poems. Edited by John Beer. London : Everyman’s Library, 1983, p. 178, ll. 190-192.

[8Robert Graves, The White Goddess (1948). London : Faber, 1986, p. 212.

[9Ibid., p. 343.

[10Robert Graves, The Greek Myths (1957). Harmondsworth : Penguin, 1982, p. 55.

[11Ibid., p. 54.


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