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Reims : Intaglio 2007

9 mars 2007

par atelier GuyAnne

Intaglio : œuvres gravées – Ancien collège des Jésuites – Reims – 12 mars / 28 avril 2007.

L’un des sens de « intaglio », en italien, est « gravure », qui se dit aussi « incisione ». Les organisateurs de la manifestation qui se tient à Reims ce printemps, Catherine Stevenot, Véronique Tordjeman et Claude Varage, en retiennent la notion d’entaille, de « intagliare », creuser dans. Les trois associations – Aqua Forte, Graveurs en liberté et Recto Verso, respectivement dirigées par Jean-Jacques Lentz, Claude Varage et Marie-Christine Bourven – regroupées au sein d’Estampes 2005 (Présidente : Véronique Tordjeman) se proposent de faire voir la gravure « comme patrimoine et démarche de création » et de mettre en valeur les liens de cet art avec le livre. Cette manifestation fait partie d’un ensemble qui met en relief le patrimoine rémois.
Michèle HoulmontL’exposition, qui réunit un nombre impressionnant de graveurs dans le décor très paisible de l’ancien collège des Jésuites de Reims (dix-septième siècle), s’organise selon différents espaces, eux-mêmes divisés en cabinets : Selon échelle (Si petit si grand) ; Couleur (Couleur immatérielle ; couleur comme matière) : Morsure (Petites et grosses morsures) ; Sous pression (Relief) ; Graphique (Ligne ; trait) ; Noirs (Contraste ; Quand l’ombre gagne ; Le noir) ; Gravure en expérience (Hors limite). Le caractère spacieux des locaux (l’exposition se déploie sur deux étages) et le dépouillement des murs blancs donnent à la gravure tout son relief et toute sa dimension de présence.
Pierre Huard
Je dois avouer que je me suis promenée de long en large sans bien me soucier de la structure, cherchant à distinguer plutôt ce qui me parlait. J’ai bien sûr reconnu un certain nombre de connaissances : Joël Roche et son Genesis polyedron au burin ; Judith Rothchild et ses manières noires ; Michèle Joffrion, Sun-ja Pak, Bernadette Planchenault et Marc Valantin de l’association Trace ; Agnès Gauthier-Chartrette, et ses Dérives à l’eau-forte. Entre le sourire de Véronique Tordeman et son Autoportrait à la technique mixte et en couleur, existe une parfaite adéquation. Quant à Guy Braun, qui fait partie de notre comité de rédaction, il présente dans cet ensemble la première de sa série d’Anatomies, burin et manière noire. Il faut regarder cet axe de fragiles vertèbres à peine protégées par une armure comme une image de l’être en sa précaire condition, image qui ne dément pas l’extrême rigueur de l’artiste que Guy Braun admire plus que tout, Dürer.
Véronique Duplan
La gravure actuelle, et sans doute également l’art contemporain en son panorama si complexe, se divise à mes yeux en deux grandes lignes – les tenants de la technique, parfois virtuose, du bel objet, ou parfois de l’objet tout court, et ceux qui parviennent, dans l’instant, à en exprimer l’essence au sein de la fugacité, sans pour autant verser dans un expressionnisme de système, qui serait lui aussi un a priori, empêchant que puisse éclore la vérité, humble et éphémère, de la minute présente.
Manuel Ortega
C’est à l’aune de cette sensibilité, parfaitement subjective (que les artistes dont suit la liste complète n’en prennent pas ombrage) et assumée comme telle, que j’ai fait le tour de cette exposition et que je me suis arrêtée devant les œuvres suivantes : l’instantané des Pompons à l’eau-forte de Véronique Duplan, le vent (un peu à la Rembrandt) dans Il Paesaggio de Manuel Ortega, l’élan des Cipressi sul pianoro, dans l’aquatinte de Rodolfo Ceccoti, la présence qui s’impose en ce Portrait de femme de , celle, surgissante et joyeuse (un peu inquiète aussi peut-être) du Portrait, au sucre et à l’aquatinte, de Jean-Pierre Deram, le dépouillement du Silence dans l’aquatinte d’Helena Nekanda Trepka, Helena Nekanda Trepkales complexités de la flore, dans une gravure qui m’évoque un peu Bresdin – l’eau-forte, U sentiero scomparso, de Roberto Stelluti, l’a-propos du trait dans la pointe sèche de Pierre Huard (Portrait),le monde fluctuant de la lithographie sans titre de Yolande Laguerre, l’évidence des formes dans la Nature morte de Philippe Gomba, le questionnement un peu nostalgique dans la lithographie sans titre de Jean-Michel Berthe et la fraîcheur des Maisons (eau-forte) d’Odile Massart. Odile Massart.Et ce que je mets au-dessus de toutes ces œuvres, c’est ce Portrait, au premier étage de l’exposition, lithographie anonyme appartenant à la collection Daniel Pillant. Là, dans cette figure agenouillée se résume la nécessité de l’art, dire la précarité de la condition humaine, en un face-à-face avec la cruauté, celle du destin au moins et celle aussi parfois, de l’humain.

lithographie anonyme appartenant à la collection Daniel Pillant.

Liste des artistes : Corinne Alexandre, Eduardo Arroyo, Alain Bar, Fabienne Barat, Patricia Battard-Rosset, Hélène Baumel, Henri Baviera,, Hélène BeIin, Jean-Michel Berthe, Jacques Berton, Marie-Christine Bourven. M. Bouzin, Sandro Bracchitta, Guy Braun, Dominique Briffaut, Dino Boschi, Vincezo Burluzzi, Alain Cazalis, Rodolfo Ceccotti, ArieIle Chassaing-Froment, Jean-Pierre Cocteau, Chantal Collin, Nicole Coquatrix, Leonardo Cremonini, Michel Dacremont, Béatrice Deballe, Isbe de Baudus, C, Delatte, Christophe Delvas, Pierre Deram, Marc Donnet,, Dorothée Duntze, Véronique Duplan, M. Dupuis, Sophie Epton Mock, Mary Faure, Marie-Hélène Ferrasson,Gianfranco Ferroni, Giordani Frabboni, Agnès Gauthier-Chartrette, Christine Gendre-Bergère, Bernadette Genoud-Prachet, Jean-Claude Gerodez, Catherine Gillet, Maud Gironnay, Philippe Gomba., David Gommez. Anne Goujaud, Alain Grislin AIex Grosdidier, Volodymir Grivinsky,Elisabeth Gruard, Mario Guadagnino, Paolo Guiotto, Yves Guezet, Didier Hamez, Dominique-Louis Héraud Catherine Hecht, Michèle Houlmont, Pierre Huard, Enrique Iglesias, Agnès Jeannot, Michèle Joffrion, Sabine Jouglet,. Bozëk Kacper, Antoine Kessler, Anne Kramer, Erico Kito, Akiko Kuno, Annick Lagrive, Yolande Laguerre, Thierry Le Gallic, Guy Langevin, Francesco Landucci, Claire Le Chatelier, Victor Lejeune, jean-Jacques Lentz, Michel Littaye, Alain Loiselet, Françoise Lorson, Isabelle Lotton, Anne Loubri, Maurice Maillard, Pascal Malgras, Malque, Sophie Marchand, Alain Margotton, Rodolfo Margheri, Odile Massart, Carlo Mattioli, François Matton, Watanabe Mikio, Giacomo Miracola, Khristin Meller, Jean-Marie Miriel, Giuseppe Modica, Henri Moore, Halina Nekanda Trepka, Giuseppe Nivola, Manuel Ortega, Sun-ja Pack, Anne Paulus, Maud Pelissier, Jean-Pierre Pellus, Marie-Claude Piette, Daniel Pillant, Muriel Piskurski, Bernadette Planchenault, Gio Pomodoro, Christine Ravaux, Bernard Remusat, Joël Roche, Annette Ronseaux-Lelong, Mireille Revy, Anne Rossi, Judith Rothchild, Franco Sarnati, Jean-Jacques Sarrazin, Xanti Schawinsky, Andrée Schatz, François Schmidt, Brigitte Scouarnec, Shirley Sharoff, Roberto Stelluti, Catherine Stevenot, Xavier Stevenot, Aline Taliercio, Annie Thiriet, Véronique Tordjeman, Alexis Trousset, Giovanni Turria, Marc Valantin, Claude Varage, Raoul Velasco, Marc Verat, Patrick Vernet, Maryse Vonnet, Fabienne Yvetot, Wolfgang Wols, Anna Ziarniewicz, Mishtein Zuy.