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Prose : Michèle Duclos

29 septembre 2007

par Michèle Duclos

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Texte intégral au format pdf.

UN VOYAGE EN INDE
De Delhi à Dharamsala, rencontre avec le Dalaï-lama

Ne renoncez jamais

Peu importe ce qui arrive
Ne renoncez jamais
Développez le cœur
Trop d’énergie dans votre pays
est dépensée à développer l’intelligence
au lieu du cœur
Développez le cœur
Pratiquez la compassion
pas seulement envers vos amis
mais pour tous
Pratiquez la compassion
Travaillez pour la paix
dans votre cœur et dans le monde
Travaillez pour la paix
et je dis à nouveau
Ne renoncez jamais
Quoi qu’il arrive
Peu importe ce qui se passe autour de vous
Ne renoncez jamais.

His Holiness the XIVth Dalai Lama

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En compagnie deu Dalai Lama
Le Dalai Lama et le groupe
Ce ne fut pas un voyage ordinaire au sens touristique habituel où le mot voyage suppose un besoin de changement, de dépaysement plus que de « repaysement » ; et implique au départ le besoin d’échapper pour une courte durée à soi-même et à ses problèmes ou ses démons… que l’on retrouve au retour. Depuis de longues années j’étais habitée par le désir de connaître l’Inde, bien plus que d’autres pays, régions ou villes célèbres par leurs paysages, leur culture ou leur histoire. L’Inde était liée pour moi au hatha-yoga que je pratique depuis des décennies et ai même enseigné bénévolement ; liée à la spiritualité bien qu’il me paraisse difficile aujourd’hui encore de définir ce terme associé souvent à celui de désintéressement, de pauvreté matérielle, voire dans le cas de l’Inde à la misère. Plus que la Chine et le Japon et bien qu’elle ait une langue originelle en commun avec l’Occident, l’Inde pour moi était un tout-autre, difficile à adopter par des Occidentaux, à commencer par la nourriture. Des appellations précises : Rishikesh, Bénarès, Agra, voire Chandigarh construite par Le Corbusier, m’attiraient. Tout en psalmodiant le sutra des repas lors des sesshins zen – « busho kapila… », j’ai rêvé de suivre l’itinéraire géographique du Bouddha, pour l’essentiel aujourd’hui au Pakistan ; je rêvais de l’Himalaya majestueux et des grottes où vécurent des ascètes tels que Milarepa et encore aujourd’hui des moines ; j’en ai rencontré plusieurs qui se sont installés en Occident, en particulier en Dordogne toute proche. J’avais entendu parler des Pères jésuites Le Sceaux et Deschanel et lu Guy Deleury et l’Américain Thomas Merton ; rendu un petit culte à Allan Ginsberg dont on ne sait pas toujours qu’il était devenu moine bouddhiste après être allé consulter haut dans l’Himalaya des retraitants qui le renvoyèrent à son pays et à son art de poète. En littérature j’avais dévoré Kipling et son merveilleux roman picaresque Kim, histoire d’un petit irlandais orphelin d’un père et d’une mère militaires, qui évolue dans divers milieux indigènes plus musulmans qu’hindous, avant qu’un moine bouddhiste finance avec désintéressement des études à l’occidentale qui feront de lui – peut-être - un serviteur de sa très Gracieuse Majesté. Il y a aussi le récit par la très grande poétesse britannique platonicienne Kathleen Raine dans India seen Afar, (inédit en français) de ses voyages en Inde à l’invitation d’une très grande danseuse (dans cette culture le corps et les arts sont très liés à la spiritualité) pour y donner des conférences sur le poète irlandais Yeats traducteur d’ Upanishads et de la Geeta avec Shri Purohit Swami. J’ai tout un programme de lectures indigènes contemporaines en attente. J’ai découvert récemment et dévoré dans l’admiration absolue pour l’esprit, le style et la langue un livre de Jean Bies – L’Inde ici et maintenant : Lettres du Pays de l’Etre (éditions Les Pèlerins de Lumière, Dervy Livres, 1979), découvert et acheté pour dix euros chez un bouquiniste à Luchon ; Mis à part le talent de l’écrivain, je m’y suis entièrement retrouvée.
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Michèle Duclos

Par l’intermédiaire d’un lama tibétain, invité naguère à Bordeaux, et qu’en ma qualité d’angliciste j’ai promené dans les rues et les musées de la ville dans sa grande robe de moine… bordeaux et un ciré jaune vif qui ne nous permettaient pas de passer inaperçus, j’ai adopté une petite « filleule », une gamine au cheveu ras et au regard vif qui habite très haut dans l’Himalaya, dans la superbe vallée du Spitti (que j’ai découverte grâce à un de ces documentaires sur l’Himalaya dont la télévision est prodigue), trop haut située (dans les quatre à cinq mille mètres d’altitude !) pour que j’espère jamais la rencontrer. Mais grâce à elle je suis entrée en relation avec une association d’aide à la culture tibétaine qui a rang d’O.N.G.. Sise à Pau, l’A.P.A.C.T. a secouru et continue à secourir un très grand nombre d’enfants et d’adultes tibétains réfugiés en Inde dans des conditions d’exil parfois dramatiques et toujours douloureuses. Cette association, par de très nombreuses manifestations culturelles, œuvre à faire connaître la culture tibétaine et plus précisément les drames, que connaissent, au Tibet, les autochtones sauvagement spoliés de leur culture, et, en Inde et au Népal, les réfugiés accueillis par ces pays dans des conditions de vie matérielle et morale souvent précaires. Les responsables organisent des visites régulières des camps et des écoles, qu’elle aide financièrement, visites dont l’une des finalités est de s’assurer que les fonds considérables recueillis sont employés aux fins définies préalablement par tous les partenaires ; c’est aussi l’occasion pour des « sponsors » de rencontrer les enfants et adultes qu’ils parrainent et de ramener des nouvelles et des photos aux parrains et marraines restés en France et attachés à des enfants, à des moines, à des moniales, à des vieillards sans ressource qu’ils aident financièrement et moralement mais que peut-être ils ne rencontreront jamais.

Lire la suite dans le tiré à part (pdf)

A l’exception de la photo du Dalaï-lama, les photos sont de Michèle Duclos et des autres participants à ce voyage.


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