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Porfirio Mamai Macedo, poèmes

22 avril 2011

par Porfirio Mamani-Macedo

La Lumière du chemin

J’ai ce rêve pour aller de l’avant.

Je ne sens pas la douleur, ni ne veux sentir,
le soleil ni la neige, dans l’horizon brumeux.
Les uns fortifient leurs bras, pas leur cœur,
d’autres enrichissent leurs mains, pas leur cœur.

J’ai cette Lumière pour aller de l’avant.

Je ne sens ni la faim ni la soif sur le chemin,
ni le vent ni la pluie ne frappent mon corps fatigué.
Entre oliviers et rochers je m’assieds.
Je regarde l’univers, le ciel et les nuages.

J’ai ce rêve pour aller de l’avant.

En silence je prends le chemin déjà parcouru,
et je cherche mon nom dans le vaste labyrinthe.
Je regarde les pierres et les branches,
je vois d’où viens le vent.

J’ai cette Lumière pour aller de l’avant.

Je m’approche du centre de la nuit,
parmi les lumières je suis la trace de la Lumière.
Certains nourrissent leur corps, pas leur cœur,
d’autres ornent leur corps, pas leur cœur.

J’ai ce rêve pour rêver encore :
Un fleuve, une montagne, un arbre,
pour en eux reposer mon voyage.
Blessés sont les chemins malmenés,
tristes les traces mal tracées.

J’ai cette Lumière pour éclairer ma maison,
la tienne, la nôtre, cette demeure qui est en nous.
Du haut d’une pierre étreignons ce rêve que nous avons,
et d’une autre pierre, laissons que la Lumière enlace notre corps.

Paris, 28-07-2009

Notre ami

C’est l’ami que nous cherchons.

Son nom est infini comme le temps,
son étreinte vaste comme l’air,
ses yeux immenses comme le ciel,
son amour éternel comme sa parole.

C’est l’ami que nous cherchons.

Dans l’ombre nous le trouvons,
dans les rues où nous marchons en sueur,
dans les faubourgs et les palais,
dans les forêts et les jardins.

C’est l’ami que nous cherchons.

Il a une grande maison,
comme un cœur ouvert,
qui rayonne dans les nuits de tourment,
paix à tout pèlerin qui le cherche.

C’est l’ami que nous cherchons.

C’est à l’aube qu’il nous attend toujours,
dans la lumière de la nuit,
derrière chaque porte,
à chacun de nos pas que nous faisons apeurés.

C’est l’ami que nous cherchons.

Que ce soit l’hiver ou le printemps
nous entendons sa voix qui nous appelle.
C’est lui qui protège notre corps du froid tourment,
c’est lui qui guide nos pas dans la nuit.

C’est l’ami que nous cherchons.

Il nous donne son amour et sa tendresse.
Quand seuls nous marchons sur un chemin incertain,
c’est lui qui marche à nos côtés,
en silence il avance sur le bon chemin que nous suivons.

Paris 4-9-09

Pèlerins de la nuit


Et la nuit se remplit de Lumière.

Les rares pèlerins arrivèrent de lointains horizons
et la Mère, qui depuis toujours les attend,
ouvrit ses bras pour accueillir
chacun de ceux qui chargés venaient implorer pour leur vie.

Et la nuit se remplit de Lumière.

Les pèlerins de la nuit, accrochés à la noire obscurité,
dansaient sur les rives du fleuve.
Les ombres malheureuses, déjà vides, déjà pleines, étaient déjà prêtes
pour lancer des imprécations aux pèlerins venus de lointains horizons.

Et la nuit se remplit de Lumière.

Petit à petit les nobles pèlerins avançaient sur le chemin
entre poussière et blessures
qu’ils recevaient
des danseurs féroces qu’ils rencontraient sur leur trajet.

Et la nuit se remplit de Lumière.

Les infernales mélodies obstruaient le chemin
de leurs yeux sortaient des serpents,
de leurs lèvres des serpents,
bruyamment ils ruinaient la nuit et le sommeil.

Et la nuit se remplit de Lumière.

Sur les rives du fleuve
les pèlerins fatigués marchaient
en suivant la Lumière dans la nuit,
afin de monter sur les barques.

Et la nuit se remplit de Lumière.

Les autres n’avaient besoin ni de barque ni d’eau,
leurs langues profanes perforaient la nuit,
le silence et la nuit des nobles pèlerins.
Et la Mère, silencieuse, chargée de douleur, dut encore traverser.

Paris 20-08-2009

L’appel


Quelqu’un frappe à ta porte pour entrer.

Il y a beaucoup de chemins, de voix ;
mais il n’y a qu’un chemin et qu’une voix.
Que les mauvais rêves ne te perdent pas,
que les faux échos ne t’éloignent pas de toi !

Quelqu’un frappe à ta porte pour entrer.

Veille nuit et jour ;
qu’il ne te trouve pas endormi,
quand résonnera la voix du désert ou de la nuit.
Ne te trompe pas en regardant l’ombre de celui qui appelle.

Quelqu’un frappe à ta porte pour entrer.

Un bruit turbulent et doux,
distrait tes yeux désorientés,
un autre bruit de lumières infernales,
te traîne avec délice à sa demeure.

Quelqu’un frappe à ta porte pour entrer.

Accroche-toi au silence de l’arbre et de la roche,
à la lumière des étoiles, du soleil et de la lune.
Cherche en silence ce que tu es,
non l’apparence que tu voudrais refléter.

Quelqu’un frappe à ta porte pour entrer.

Fragiles tes yeux et ton corps et tu t’abandonnes
au torrent et au chemin scabreux,
d’où émanent des cendres et des lamentations,
non ce que tu voudrais sentir quand tu ris. Ne te perds pas.

Quelqu’un frappe à ta porte pour entrer.

Ne te perds pas, suis le chemin silencieux,
celui de ce rêve qui ne s’effacera jamais,
parce que là est la Lumière éternelle qui nous guide.
Près d’un olivier, sème-toi pour toujours.

Paris 29-07-2009

Traduit de l’espagnol (Pérou) par : Elisabeth Passedat et Alba Mamani-Macedo


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