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Poésie : Michel Cosem

29 septembre 2007

par Michel Cosem

L’AME DE LA GRANDE OURSE

L’âme de la grande ourse
est au rendez-vous
Elle rit et danse et c’est le songe
la vraie rencontre
l’horizon est là
habitable
avec sa maison dorée
On chante les points cardinaux
et les fruits précèdent le printemps
L’âme de la grande ourse
est bien au rendez-vous

*

Il faut endormir la chouette
lui donner la mémoire
satisfaire son ventre gris
sinon elle viendra dans le cœur de la nuit
nettoyer les os des songes
et il ne restera rien
Elle viendra nicher au plus dur de la pierre
impitoyable

*

Herbe maigre
aigre
comme perdue sur la pente
entre les cailloux blancs
sur la paume de la dune
Qu’importe ce qui est écrit
tout est
éternité
à la pointe des jardins

*

J’ai oublié la neige
la peur
l’image de
J’ai touché le fond au cours d’un rêve
comme le jabot d’une mouette
et la branche
d’où va surgir la pomme de l’été

*

Le tourment
choucas solitaire
tourne près de ma maison
Je ne sais si je dois chasser l’ordre du temps
la nécessité
si je dois détruire ce que je n’ai pas construit
et apaiser le sang du temps nu
Il partira peut-être de lui-même
dans l’échancrure du soir
avec des images invisibles.

*

Le vent de paille me fait rire
Il entre dans mon sang
volette dans mes mots
me parle de voyages
Il a le souffle des racines
le champ du renouveau
Il est l’écriture tranquille du matin
l’infini illimité
Il est celui que j’attends

*

L’abeille dans la lumière fragile
est venue
avec tout son pollen
Elle hésite dans la blanche mémoire
Elle surprend la vie en quelques mots
Elle est l’empreinte de l’imaginaire
la piqûre du réel
L’instant d’avant la nuit froide

*

L’eau toute nue
montre son sexe d’argile
elle délibère dans le feu pâle
elle parle dans la houle
elle réunit les frontières blanches
elle tient quelques braises
comme des témoignages
On ne sait où va sa bouche dans l’herbe
la mousse noire la précède
et elle va s’endormir

*

Les pâtures et les sillons
fertiles
s’aiment dans l’aube blanche
lorsque la brume se promène
sans avidité sans soif
Tout semble dire
que l’on ne touchera plus à l’ordre du monde
l’arbre mort et la croix de pierre
se partageront le carrefour
Il y aura simplement la respiration
et ce qui reste de mélopée

*

La trace se perd dans une fable
dans le ruisseau
dans la rouille
Elle rassemble les oiseaux
les piaillements les coups d’aile
dépouille les galets de tous les pays
et la germination
chemine aussi
têtue
dans les jardins vénérables
(31 Mars 2007)

L’argile dessine une joue à la colline
un fin profil
un regard battant
Elle garde le souvenir des passages
sur les chemins secrets de l’imaginaire
et porte
la responsabilité du grand soleil
et de l’immobilité éternelle

(8 Mai 07)


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