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Poésie : Hélène Péras

29 septembre 2007

par Hélène Péras

Variations,
ou Il est très tard

Il est très tard. Trop tard ? Pour ouvrir cette porte dans la lumière, mandorle d’or où les paupières se ferment à demi sur les yeux éblouis. Passage immobile, adoration muette sans objet.
Parfois le corps crispé dans l’impureté du doute, parfois la détresse de la gorge étranglée, la terreur de l’enfant qui s’enfonce et se noie, la solitude disloquée, la fascination soudaine de la mort. Étrangère, étrangère, étreignant à jamais l’absence, l’origine, et si faible, et si nue.
Et pourtant…la joie, la joie si simple, si proche, la soie de l’eau porteuse, la confiance, la force, la main bénissante, la lueur du soir intense sur les roses. « La maison ne sera jamais vide, sans doute ne l’a-t-elle jamais été ». Oh ! que cela soit vrai dans ces larmes heureuses, que le chemin soit clair dans la nuit qui vient, qu’il y ait encore quelques fruits, quelques soirs d’été, et l’évidence fraternelle.

Grignan, 28 juillet 1996

****

Joie naissante, fragile
Et son chemin nocturne
À travers vous, mes morts
Et vos appels.

Joie, frémissement de l’accueil et du sourire,
Joie des lèvres incertaines
Que rédime la coupe.

****

Si peu
Si peu de mots
Pour la lumière jaillie
Des gerbes de détresse.

Un seul, peut-être,
Rayonnant
Au plus noir du silence
Joie
Joie pour l’eau du sourire
Au fond de l’invisible puits

Le seul à préserver
Le seul à retrouver
Au terme, à l’origine,
Joie porteuse, chemin.

13 juin 1997

****

Le temps est venu pour les mains
De ne plus s’agripper à la crête des vagues anciennes.
Le temps est venu du centre retrouvé,
De l’enfance éblouie, de l’enfance confiante,
De la force fragile, de ce corps inconnu
Qui sourit tendrement au poids de son destin.

Dans le soir qui descend une aube se recueille,
Aube où se reconnaissent enfin
Ceux qui ont cheminé par les monts et les fleuves,
Ceux qui arrivent épuisés, morcelés, assoiffés
Mais vivants encore
Pour porter l’offrande
De leurs larmes de joie.

Grignan, 28 août 2005
(Poème offert à Claude Vigée - Juin 2007)

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