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Poésie : Hans-Georg Renner

29 septembre 2007

par Hans-Georg Renner

Trois sonnets de Hans-Georg Renner, « Pommier », « Souffle » et « Pianiste »

Apfelbaum
 
Wenn ich Alter mich im Spiegel so anseh’,
dann graust es mich vor mir, denn dieses Abbild
steht im Gegensatz zu allem, was ich je
gefühlt. Ich mein’ noch immer, ich sei ganz wild,
 
wie damals, als ein Knabe, der auf jeden
Baum geklettert ist und dem kein Weg zu weit.
Mit der Erfahrung lernte ich das Reden,
auch das Schreiben und Handeln kam mit der Zeit,
 
doch jenes Spiegelbild ist nunmal’ der Preis ;
wenn man heiter ist, kann man’s überleben.
Immer öfter fällt mir mein Opa ein, weiß
 
der Kuckuck, aber der sagte ’mal eben,
auch der älteste Baum (und dann seltsam leis’)
trägt junge Äpfel ...und Faule daneben...
Pommier
 
Quand, vieillard, je me regarde ainsi dans le miroir,
alors je frémis d’horreur, car ce portrait que je vois
contredit ce que j’ai jamais
ressenti. Je m’imagine toujours tout fou
 
comme autrefois, jeune garçon, qui sur tous
les arbres a grimpé, pour lequel aucune route n’était trop longue..
Avec l’expérience, j’ai appris comment parler,
puis vinrent avec le temps l’écriture et l’action,
 
et pourtant ce reflet en est bien la rançon ;
tant qu’on a la gaieté, on peut le surmonter.
De plus en plus souvent me revient mon papi, va
 
savoir, qui dit un beau jour justement,
le plus vieil arbre aussi, (et le reste en sourdine),
porte de jeunes pommes… à côté des pourries…

****

Atem
 
Das Liebste, was Du hast auf Erden, Du gabst
es mir für kurze Zeit. Welch ein Glück, welch ein
Vertrauen und welche Hoffnung, denn Du labst
meine Seele. Mein Atem wurde allein
 
dadurch schon ganz feierlich und strömte im
unendlichen Rhythmus dahin, auf - nieder.
ein - aus, hoch - tief, auf - nieder und meine Stimm’
sang dunkle Töne und murmelte wieder
 
und wieder irgendetwas. Ich sah Dir in
die Augen und spürte die Resonanz. Wo
waren wir alle hingelangt, wo der Sinn
 
geblieben von diesem Stillstand der Zeit. O
sieh nur, dachte ich, o sieh nur ’mal dahin,
das Kind in meinen Armen schläft so tief , so.....
Souffle
 
Ce que tu chéris le plus sur cette terre, tu me l’as donné
pour un bref instant. Quelle bonheur, quelle
confiance, quelle espérance, car tu rafraîchis
mon âme. Par là seul mon souffle est devenu
 
déjà tout solennel, s’épanchant sans fin
dans un rythme incessant, vers le haut-vers le bas,
inspirant-expirant, aigu-grave, vers le haut-vers le bas, et ma voix
a chanté des notes sombres, murmurant
 
sans cesse n’importe quel air. Je t’ai regardée
droit dans les yeux, éprouvant la résonance. Où
étions-nous tous parvenus, où demeurait
 
le sens de ce suspens du temps. O
regarde seulement, songeai-je, vois seulement là-bas,
l’enfant dans mes bras dort si profondément, ainsi…

****

Klavierspielerin
 
Erst vier Jahre ist die Anna, doch sie drischt
den Flügel, wie noch nie. "Schwarze Tasten, die
sind besser, als die Weißen, weil, die erwischt
man gut. Gefällt Dir denn meine Melodie ?"
 
"Unheimlich gut, Anna !" Sie lacht sich kaputt
und haut gleich nochmal zu, peng, peng, peng und bumm.
Als sie einmal Luft hol’n mußte von der Wut,
stellt’ ich schüchtern eine Frage, so ganz dumm :
 
"Sag’ ’mal Anna, warum spielst Du nur oben
und läßt die ganz tiefen Töne aus, ich find’,
die sind doch auch zu gebrauchen ?" Zu toben
 
hört’ sie auf und flüstert’ ernst : "Weißt Du, die sind
bös’ " und drückt’ ganz leis’ Subkontra-Des. - Loben
mußt’ ich da, sie sei ein hochbegabtes Kind...
Pianiste
 
Elle n’a que quatre ans, Anna, et pourtant elle frappe
le piano plus fort que jamais. « Les touches noires,
elles sont meilleures que les blanches, car celles-ci,
on les attrape bien. « Elle te plaît, donc, ma mélodie ? »
 
« Merveilleusement, Anna ! » Elle se tord de rire
et reprend aussitôt sa frappe, ping, pang, et boum !
Comme elle doit un instant reprendre souffle dans sa fureur,
je hasarde, timide, une question toute bête :
 
« Dis-moi, Anna, pourquoi joues-tu seulement là-haut
en laissant de côté les notes les plus graves, qu’on peut,
je pense, utiliser aussi ? » Elle cesse soudain
 
de se déchaîner et murmure d’une voix gave : « Tu sais, celles-ci
sont méchantes » et appuie très doucement sur le ré bémol contrapuntique. Alors là,
j’ai dû la féliciter d’être une enfant supérieurement douée…
 
(Traduction de Claude Vigée et Anne Mounic)

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