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Poésie : Gilles de Obaldia

9 mars 2007

par Gilles de Obaldia

Elan

Posez cette étoile trop chargée
qui écorche vos mains, là,
à nos pieds nus, en bas dumonde.

Posez-la et venez rire, acrobates, funambules,
rêveurs, jongleurs, poètes ruisselants, enchanteurs et robinsons…

Venez avec vos légèretés exquises soulager
les fardeaux qui creusent nos matins.
Venez avec la poudre fine des sentiers
lointains, venez scintiller dans notre
labeur quotidien…

Et même si s’élever signifie perdre,
la douleur reconnaîtra ses rides,
son vieux visage de cendre.


Mesure

Chaque jour, il faut reconduire la lumière
aveugle à sa source, la façonner, lui donner
une bouche, un bras, un corps, une rivière...

L’étreinte du vide prodigue à l’âme
sa ration d’eau et de feu.
Tu dois prendre l’adversité comme
une bénédiction, l’occasion d’ébranler
l’unilatéral et d’affûter ton étoile.

Vois la mesure,
l’ange dépose ses ailes
pour souffler l’hiver
au creux d’un vieil arbre.

Acte

Convoyeurs de fonds
dans les surfaces bleutées du moi

Quelques chalutiers ivres ont bercé
ce soir les berges ajournées

Le rêveur aux ailes bibelotes
a touché terre avec sa meute de riens

L’instant suspendu dans le faisceau d’un projecteur
a rendu l’âme pour renaître deux pas plus loin

Les tragédiennes sont entrées sur scène
avec leurs longues robes couleur grenade

Elles ont secoué la poussière des interdits,
elles ont déchiré l’épais sommeil du passant

Et le chœur antique a repris le fil des mémoires,
pour ranimer la terre promise du symbole

Le temps a laissé comme trace dans le sable,
une calligraphie ardente née d’un signe d’aigle

Un long galop d’étoile est remonté
des profondeurs du cœur

Une main puis l’autre ont patiemment dénoué la peur,
de ce geste est né tout un trésor

Cours

Cours, cours sur la colline…

Cours, cours sur la colline
comme un fou après l’oiseau léger

Cours comme un fou sur la colline
et crie des injures à la lune tiède

Cours, cours à perdre le souffle
débordes les marges de ton corps,
défie ses verticales, ses horizontales
toutes les lois d’apesanteur…

Entends-tu ton coeur, comme il bat à se rompre ?

Cours, cours sur la colline
et crie aux fous qu’ils sont des sages
et que les sages sont bien fous

Cours comme un fou sur la colline
après l’oiseau libre

Cours, envole-toi sur ses ailes
découvre sa langue et son ciel
Explore son ivresse

Va au cœur de l’arbre,
et connais l’extase du fruit.


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