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Poésie : Gérard Cathelineau

29 septembre 2007

par Gérard Cathelineau

POEMES AU FIL DU TEMPS

Ephémère, la beauté furtive s’efface.
Un visage, un geste,
Offrent un instant le vrai de l’être.
Ferme les yeux, clos ton regard,
La douleur est trop forte de l’éphémère entrevu.
Fleurs de saule au printemps, graines, l’été, des ombres futures.
Nul ne sait les couleurs du soir
Sur l’arbre aux portes de la nuit.
 
Jessé à Beryl
Mémoire pour un bouquet
4 Mars 2006

****

Novembre a démembré l’automne,
Toutes feuilles éparpillées.
Ré sous le vent se consume à l’Ouest.
Les voiliers migrateurs signent l’horizon.
La page bleue grise du ciel s’alanguit nue.
Le vent l’a dévêtue de ses nuages de la veille et de nuit.
 
L’oiseau sur son erre, trace les frontières de l’air et des eaux.
Mobile et noir, son vol tranche l’espace.
Il dit les géométries du soir.
Aux pieds du soleil en chute,
S’enfuit la terre vers la nuit.
 
La plage attend la mer.
L’eau flamboie dans les flaques dispersées.
L’automne quitte à pas de mouettes l’algue verte et le varech.
 
Le phare enfin prend sa course,
Et, nocturne, veille aux navires.
 
La grève, figure d’écueil dans l’ombre,
Offre au vent levé vers les digues
Son bruit de voyage et de vagues.

****

Jonquilles et mai s’en viennent sous l’arbre.
Un chat de printemps coule son ombre de rapines
Sous les branches du nid annoncé.
Des chants d’avril et de giboulées furtives
Glissent au long des allées.
Demain l’anémone et l’été dans les lys,
Diront la senteur puissante
Des nuits d’équinoxe et les danses d’enfance.
Je sais un laurier d’espérance et durée
Où les coiffes blanches de jadis répondent
En image aux soucis de naguère.
Ce sont fleurs et dentelles que tissaient les jours
Et qu’emporte le vent. La mer, apprivoisée,
Pèse invisible aux versants des rivages.

****

Lisse au loin, l’eau sur les terres.
Fin d’hiver, portes de printemps,
Les branches approchées livrent leurs bourgeons
 
Blancs, frangés de rose.
 
Lisse au loin, l’eau sous l’aire
D’envol des cygnes.
Couple d’amours et de jeux,
Les deux cygnes s’ébrouent.
 
Lisse au loin, l’eau sous l’aile
Des mouettes en débat.
L’anguille les fuit
Sous l’herbe et les eaux.
 
Lisse au loin, l’eau sous le soleil
Et l’odeur des marais
Débordée sur la terre en gésine.
Le vent lui-même s’est tu.
 
Lisse au loin, l’eau de la mémoire
Aux trésors imprenables.
Un soir, encore après tant d’autres,
Approche dans ses gloires,
 
Intouchable.
 
Un jardinage à la Retirance : Beauté du crépuscule Mars 2007
Jessé pour Béryl

Aquarelles de Béryl Cathelineau-Vilatte.


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