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Poésie : Frédéric Le Dain

27 septembre 2006

par Frédéric Le Dain

Patience des nuages

dans la nuit
 
Brouillard des mots
Et des pensées
Dans la nuit
Juste une lampe
Qui éclaire
De son sourire
Comme un lendemain
Qui s’ouvre
A nouveau

*

Paysage cendré
Arbres d’hiver
Décor glacé
 
Ne pas geler sa main

*

La page est tournée
Sur le poème écrit
Comme s’il gênait
Comme si ces mots
Etaient des intrus
 
La page est tournée
Mais le poème
Est écrit
lettres perdues
 
Lettres perdues
Que ces lettres
Ecrites en vain
A un bureau
A un mur
A une porte
Où l’on croyait frapper
Pour trouver une réponse
Et qui vous renvoient
Le silence des fantômes
Qui n’ont rien à dire et
Rien à écrire

*

dans la mort la vie
 
Ne pas oublier
La mort
Dans le vivant de la montre
Des jours qui passent
La course du matin
Le linge du soir
Le vert des feux
Le rouge des douleurs
Juste le temps
De dire stop
Mais rien ne s’arrête
Tout s’en va
Tout repart
Dans la vie

*

dans le dédale poétique
des mots
trouver un chemin
de lumière

*

tache de lumière
au fond du cœur
une étoile pour vivre

*

patience des nuages

pour ce voyage
tu as besoin de tes carnets
quelques crayons
pour tracer une route
 
peut-être
la tienne
 
pour ce voyage
de l’existence
patience des nuages
se dépouiller
en vue de l’essentiel
 
peut-être
de quelques mots
que l’on envoie
au loin

*

Dans ta tête une autoroute de pensées
qui te conduit à travers champs
des images défilent
au rythme du chronomètre
un oiseau exotique
s’envole en plein milieu
d’un appartement
et un crocodile
empaillé
se trouve sur les meubles
de l’enfance
surtout le soir
tu fais l’inventaire
des jours
qui défilent à vive allure
 
les mots sont
des porte-douleurs
attachés au porte-plume
comme une encre noire

*

Tu es au café
loin de tout
loin de rien
un nuage de fumée
passe
comme un ange

*

le désert

Le désert
est là
tout près
mille et mille personnes
applaudissent une balle
de cuir
mille et mille voix
remuent du vent
dans nos têtes
mille et mille kilomètres
nous séparent
de l’amour
quant aux autres
ils bâtissent leur vie
sur du sable

*

Jour clair jour gris
au-dessous des nuages
douceur d’un avenir
du poème
Tu joues du piano
dans l’invisible
les gammes croisent
des phrases et des poèmes
qui s’envolent au vent
quelques mouettes là-bas
tout près de la falaise
les écoutent attentivement
en ouvrant leurs ailes
elles écrivent des signes
mystérieux qui résonnent
la nuit au milieu
des étoiles

*

La colère du poète
fait parfois
du bruit sur la page
et alentour
se peut-il
qu’elle dérange
les étoiles

*


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