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Alan Sillitoe

Poésie : Alan Sillitoe

9 mars 2007

par Alan Sillitoe, Michèle Duclos

Le succès fulgurant en 1958 de Saturday Night Sunday Morning (Samedi Soir dimanche matin), suivi quelques mois plus tard par celui de The Solitude of the Long Distance Runner (La Solitude du coureur de fond), a inscrit aux yeux du public et de la critique l’inspiration d’Alan Sillitoe dans une veine ouvriériste qu’il récusait pourtant dès le départ ; même si, fils d’un père ouvrier endémiquement au chômage pendant les années trente, ayant lui-même travaillé deux ans dans une petite usine de cycles après avoir par deux fois échoué à l’examen d’entrée de l’enseignement secondaire, il utilisait dans son premier roman les éléments du décor familial et social qui était le sien au départ ; mais dès les livres suivants il s’élevait par personnages interposés contre l’attitude sociale résignée et conformiste d’Arthur Seaton, son personnage central.
Un pays, une culture, une histoire, toute récente et très ancienne, occupe une place importante dans la pensée et la création poétique d’Alan Sillitoe : un « Ailleurs » très précis dans sa géographie et son histoire, à savoir la « Terre Sainte » de l’Ancien Testament et la nation d’Israël. Certes, Sillitoe se proclame agnostique mais « Pour ce qui est de la religion, je n’en ai aucune, mais si j’en avais une je serais beaucoup plus proche de la juive que de la chrétienne parce que les Juifs ont un code d’éthique mieux adapté » (« the Jews have a more compatible code of ethics ») (Lettre à l’auteur du 16/11/04).

L’Histoire Sainte a bercé son enfance à l’école et dans sa famille – grâce entre autres à son oncle Frédérick (qui est l’un des protagonistes majeurs du dernier roman, A Man of his Time, où il porte le nom de Burton qui est celui de la famille maternelle de l’écrivain) .Il a encouragé le désir de son neveu tout enfant pour l’écriture.
« Frédérick, le frère de mon père (...) Sa collection de textes, de concordances et de commentaires sur les deux religions remplissaient une bibliothèque (…) Il me dit aussi, à mots couverts, que quiconque voulait savoir ce qu’était une âme de rebelle devait étudier l’Ancien Testament. » (LwA, p.154)

Sa « Bible du Roi James », reçue en prix à l’école primaire et dont il a plus tard détaché l’Ancien Testament, continue de fasciner le poète et romancier, au point qu’en 1995 il en a tiré le titre de son autobiographie Life without Armour (LwA) (Samuel, Livre 1 , ch.9). [Life without Armour, an Autobiography, Flamingo HarperCollins Publishers, 1995]
“And they cut off his head, and stripped off his armour, and sent into the land of the Philistines round about, to publish it in the house of their idols, and among the people”, I Samuel 31:9)

Cette affinité avec Israël ne se limite pas à l’Histoire ancienne. Sa vocation de technicien radio sans-filiste, qui s’est maintenue bien après qu’il a dû quitter la RAF, a permis à Sillitoe d’établir un contact avec la (alors) toute récente Nation juive en lutte pour sa survie.
En 1957 :
« A huit heures trente un soir, un chant mélancolique me parvint sur les ondes, et en écoutant les nouvelles en anglais qui suivirent j’appris qu’il s’agissait du Ha-Tikwa – l’hymne national d’Israël, en provenance de Kol-Zim-Lagola à Jérusalem.
Reécoutant dès lors la même station j’appris ce qu’était la vie en Terre Sainte. Tous les jours il y avait des raids meurtriers sur ses frontières depuis les pays arabes, qui étaient déterminés à la détruire. Israël était dans la même situation que la Grande-Bretagne en 1940, à ceci près que pour Israël la menace était permanente. (LwA, p.218).
Je consacrai du temps à l’écoute de la radio après que Nasser eut nationalisé le Canal de Suez (…) Peu de temps après, les Hongrois se rebellèrent contre les leaders communistes de leur pays. ”(LwA pp.225 et 224).

Avant même de se rendre dans le pays pour une première visite en 1973 il en découvrait la culture avec un sentiment de reconnaissance.
“Un ami nous envoya A Treasury of Yiddish Stories (...) Etrangement je ressentis un lien entre les pauvres gens de ces récits Yiddish et ceux avec lesquels j’avais grandi, comme si je les avais connus avant. Le style d’écriture y était aussi pour quelque chose (…) Bien que les habitants de Nottingham ne fussent pas juifs, et ne pouvaient éprouver la même croyance passionnée dans leur religion et leur éthique (…) leur sens de l’humour, leur endurance, leur adaptabilité aux circonstances de la vie, montraient des similitudes. » (LwA p.219)

On trouvera ci-dessous la totalité des poèmes consacrés à Israël tirés du volume Sun Before Departure, 1974-1982, repris dans les Collected Poems (HarperCollins, 1993).


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