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Pierre Gonthier

29 septembre 2007

par Anne Mounic

Pierre Gonthier, Les heures cerf-volant. Illustrations de Marcel Pajot. Bergerac : Les Amis de la Poésie, 2007.

Un recueil de poèmes fondé sur des jeux de mots, de sonorités et une joie de dire qui enchaîne des phrases, des vers et des strophes sans se prendre au sérieux : « Tout est dit j’arrive bien tard / Aussi plus rien n’est de hasard » (« Tout est dit », p. 27) Cette gaieté pleine de tendresse n’est pas exempte de discrète mélancolie : « Et c’est déjà moins une / Et c’est déjà l’hiver / Vois, ce sont tes années qui s’envolent à l’envers. » (« L’arbre », p. 22) Pierre Gonthier évoque le passé, la fuite du temps, ses parents : « Des heures et des tonnes / Les jours, les nuits, les aubes / L’usine qui pèse une vie / Et tant de sueur au front / Mon père et sa silhouette d’arbre / Mon père et sa silhouette d’arbre au seuil de la maison » (« Fatigue », p. 40). Il aborde « à pas menus » la mort de sa mère : « Un jour ténu / Venu / A pas menus / Un jour fétu / Au temps volé / Qui vole un œuf vole un bœuf disait ma mère / Ma mère qui s’en est allée / A cœur serré : A pas menus. » (« A ma mère », p. 19) Il vous emmène « Au bal de la Passe Crassane » (p. 54), vous conte l’ « Ennui » (p. 5) : « Sur le ciel rouille / Et vert de gris / La pluie gribouille un temps pourri », vous promet la lune : « Quand il y en aura deux / Je t’en donnerai une » (p. 29) et, sur le mode de la comptine, vous parle de la « souris à croque quenottes » (« Croque-notes », p. 50). « L’heure verte » (p. 8) est l’occasion d’une variation en v :

« Un oiseau bleu vert
Au vert de la rive
Eclabousse l’air
De sa fuite vive

Le ciel lov’vert
Au vert de la rive
Risque son œil pers
vers la fleur furtive

De l’oiseau bleu vert
Au vert de la rive
Qui vite se perd
Vois l’eau qui s’esquive »


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