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Pierre Furlan

22 avril 2011

par Anne Mounic

Pierre Furlan, Paekakariki, nouvelles. Illustré des dessins d’Olivier Sonck. Noville-sur-Mehaigne (Belgique) : Esperluète, 2011.


Ce nouveau recueil de nouvelles de Pierre Furlan, débute avec « Ma vie de boxeur » :

Les mots me sortaient des yeux et du nez, je me répétais : « Je vais arriver à un poème », parce que les poètes, paraît-il, expriment les coups qu’ils ont reçus. (page 7)

Mais l’amour vient après les coups et tempère, ou plutôt allège (« nuage contre nuage », page 29) l’obsession réifiante de l’époque :

On est dans une époque comme ça, chirurgie esthétique et organes de remplacement ; on fonce, feux rouges ou pas, et on se transforme. On est que de l’ADN, finalement. » (page 28).

« Travail de nuit » raconte une rencontre dans l’étrangeté de la vie ordinaire, où il est parfois difficile de trouver chaussure à son pied. La nouvelle pourrait être bâtie autour de cette expression. Quant à la dernière, « Paekakariki », qui donne son titre au recueil et affirme son ancrage en Nouvelle-Zélande (il s’agit d’une plage de l’île du Nord et le mot, maori, évoque le cri de la perruche), elle met en présence un Je qui revit auprès de lui la présence d’un Tu :

J’avais encore mon âme d’enfant quand tu étais mort – en a-t-on jamais une autre face à son père ? Penser que mon âme c’était peut-être toi m’a rempli d’une horreur muette : jusqu’ici j’avais toujours lutté pour être seul dans mon corps. Cette lutte-là, l’avais-je perdue elle aussi ? (page 63)

Dans un style tout en retenue, Pierre Furlan expose des faits qui prennent allure de paraboles.


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