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Philippe Mathy, par Gérard Paris

26 avril 2010

par Gérard Paris

Philippe Mathy, Un automne au creux des bras. Paris : Ed l’Herbe qui tremble, 2009
« Le monde est si dénué de sens,mon amour,qu’il me faut

Souvent me dénuder du monde pour retrouver le sens »

Accompagné d’illustrations d’André Ruelle(comme travaillées au burin), ce livre se scinde en quatre parties : Sentier dans les collines, Autres lieux autres lumières, Au bord de l’encre, La maison d’absence.

Entre l’appel d’un commencement et un chant lumineux, Philippe Mathy, des strates de l’ombre aux routes de la mémoire, mêle les souffles aux parfums ;prisonnier du vertige des mouvements qui veillent à s’effacer, enfermé dans les figures du sommeil,le poète se laisse séduire par la nuit(le ventre de la nuit, la nuit et ses gestes livides, la nuit qui creuse son silence) et s’attache aux strates du temps(le temps qui nous ronge la peau,le temps qui cisaille ses clôtures, le temps qui remodèle). Prisonnier de l’indicible, sensible autant à la douceur de l’écriture qu’à un corps de femme, Philippe Mathy ressent la boue qui roule en nous, pressent un chemin invisible troublé par la vacance d’un infini qui nous taraude : « Prendre conscience d ‘être de ce monde sans y être présent ».

Mais c’est dans « La maison d’absence » que le poète affirme (affine) son art : il dévoile par petites touches les vibrations et les frissonnements du regard de Léa, Sylvie ou Noémie. Par sa poésie discrète et intimiste Philippe Mathy, dans une cascade de silences, réussit à nous troubler par ces lueurs de souffrance échappées des regards.
Entre attente et espérance, dans les fragiles murmures du sang, le poète nous délivre « Un automne au creux des bras »


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