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Perspectives

23 avril 2016


Perspectives, Revue de l’Université hébraïque de Jérusalem : Claude Vigée : La traversée du siècle, numéro 22, 2015.

Le numéro de 2015 de la revue Perspectives nous propose un bel hommage à Claude Vigée, « à son œuvre poétique et à sa pensée. Toutes deux traversent le siècle et lui laissent leur marque indélébile », ainsi que l’écrit Fernande Bartfeld dans sa Présentation. Sous le titre « Le temps du dialogue », nous pouvons lire les lettres du poète à Albert Camus et Maurice Blanchot, publiées en 2006 dans Temporel. Ensuite vient « La langue du poète ». Cyril Aslamov s’intéresse à « L’écriture bilingue dans la poésie judéo-alsacienne de Claude Vigée ». Dans cette interpénétration des langues, alsacien, judéo-alsacien, allemand, l’auteur de cet essai voit un « requiem, en l’occurrence une oraison pour les morts qui aurait subi un processus de laïcisation afin de permettre de rendre un hommage commun aux disparus juifs et chrétiens d’un monde évanoui ». Thierry Alcoloumbre poursuit son étude de l’importance de l’hébreu dans la poésie de Claude Vigée ; il s’attarde sur l’importance du mot « hébreu », mis en relation avec la notion de passage, et y voit la réconciliation de « deux dimensions apparemment contradictoires » : « l’enracinement et le nomadisme, l’immanence et la déréliction ».

« Le parcours poétique et philosophique » réunit plusieurs approches, celle de Betty Rojtman, reprise dans le numéro en cours de Peut-être (n° 7, 2016), puisqu’il s’agit de son intervention au colloque de juin 2015, « Tu dis pour naître ». Sous le titre « Une faim de néant », l’auteur de cet essai nous invite à une lecture roborative des Artistes de la Faim (1960). Oleg Poliakow mène une réflexion fine sur le lien et le lieu du poème. Blandine Chapuis se promène parmi les arbres de Claude Vigée, qui offrent un « enracinement paradoxalement ouvert sur une altérité radicale ». Francine Kauffman s’intéresse à Claude Vigée et la Bible, le mettant en relation avec d’autres exégètes, comme André Néher, André Chouraqui ou Manitou (Léon Askénazi), et Gerschom Scholem.

Sous le titre « Héritage », Sabine Huynh adresse une lettre à Claude Vigée et Bernard Dov Hercenberg évoque lui aussi ce qu’il doit à Claude Vigée. Lui aussi parle des arbres chez ce poète.

Nous devons à Fernande Bartfeld ce numéro qui met en relief l’importance de l’œuvre de Claude Vigée. Nous la remercions.