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Passages

1er février 2006

par Vivienne Vermes

SNAIL
RealAudio - 143.7 ko
lecture Vivienne
This snail demands you see it
This spiral holds secrets
That require time
As a friend takes time
As a flower takes time
 
You who scurry past
 
A shadow of yourself
The thin, long grey one
That cannot see the sun
You streak along a tarmac track
Trailing the shroud you never notice
Till it trips you up
Winds you in its white spiral
Whispers in the coil of your ear
Mysteries which, in the rattle of your life
The clatter of your death
You cannot hear.
 
The snail secretes slowly
This spiral requires time
As a friend takes time
As a flower takes time
As the sun has taken years
To bleach the stone
On which you warm your back,
Leaning, in the morning,
Against heaven,
If you take the time
If you take the time.
</Poesie
 

 

 

 

TANGO

 
The smallness of her,
Squashed in among the metro crowd,
The sallow skin, pecked away in patches,
One eye dim behind a thick blunt lens,
The other eye darts sideways, startled.
A navy raincoat with uneven hem
Falls over misshapen legs, bloated,
Scarred and stained with blotches.
Her whole being, contorted, shivers
With her non-belonging,
Her twisted form repels
The rush-hour crowd,
They leave a space
For her to stand in,
To stand
In high-heeled golden shoes,
Her feet beautiful and tapping,
Ready to tango.
ESCARGOT
RealAudio - 130.1 ko
lecture Anne
Cet escargot exige que tu le voies.
Cette spirale détient des secrets
Qui requièrent du temps
Comme prend du temps un ami
Comme prend du temps une fleur
 
Toi qui passes à toute allure
 
Ombre de toi-même
Celle qui est grise, longue et fine
Et ne voit pas le soleil
Tu files sur la piste goudronnée
Traînant ce linceul que jamais tu ne remarques
Jusqu’à ce qu’il te fasse un croche-pied
T’enroule en sa spirale blanche
Murmure au limaçon de ton oreille
Les mystères que, dans le cliquetis de ta vie
Le fracas de ta mort,
Tu n’entends pas.
 
L’escargot lentement secrète
Cette spirale requiert du temps
Comme prend du temps un ami
Comme prend du temps une fleur
Comme il a fallu des années au soleil
Pour blanchir la pierre
Sur laquelle tu te réchauffes
Adossé ;, le matin,
Contre le ciel,
Si tu prends le temps
Si tu prends le temps
 
Traduction Anne Mounic

TANGO

Sa petite taille
Qui s’écrase dans la foule du métro
La peau de cire, piquée de taches
Un oeil trouble derrière un verre épais et flou
L’autre, elle le darde, étonné, du côté opposé ;
Un imperméable marine à l’ourlet irrégulier
Tombe sur des jambes difformes, gonflées
Grêlées de cicatrices et de marbrures.
De tout son être, déjeté ;, elle frissonne
En son exil,
Sa silhouette déformée répugne
A la foule en cette heure de pointe,
On laisse autour d’elle un espace
Où elle se tient,
Juchée
En des souliers dorés à talons hauts,
Ses pieds magnifiques doucement frappent le sol,
Prêts pour le tango.

Traduction Anne Mounic

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