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Paige Ackerson-Kiely : Poèmes

30 septembre 2009

par Paige Ackerson-Kiely

Love Letter

I told you my apartment number ; I gave you a description of the way water comes out of my kitchen faucet, crippled sluicing thing. There is no incidence to speak of. Few reasons I could give for all give for all this lonesome paperwork. When I need you don’t come running. When my head bends its soft web to the ground, when the ground appears ready to listen. My name is twenty-four letters long plus seventy-two words for snow. On the top left-hand corner of every sheet of paper I draw a picture of a hollow log and a pillow black from bogwater, at one end.

Lettre d’amour

Je t’ai dit mon numéro d’appartement ; je t’ai décrit comment dans ma cuisine l’eau sort du robinet, ce truc disloqué qui éclabousse. Et sans incidence notable. Des raisons, j’en aurais peu à donner pour toute cette paperasse toute seule. Quand j’ai besoin de toi, tu n’arrives pas en courant. Quand ma tête incline sa douce trame vers le sol, quand le sol semble prêt à écouter. Il y a vingt-quatre lettres dans mon nom plus soixante-douze mots pour la neige. Sur le coin gauche en haut de chaque feuille de papier je dessine une bûche creuse et un oreiller, noircis par l’eau marécageuse, à un bout.

Paige Ackerson-Kiely, In No One’s Land, 2007
Traduction Michèle Duclos et Paul Fenoult

***

The Potential of Rapture
 
I locked up all
of the beautiful things
that might move me.
 
The bell around a dark ankle
turning and turning.
 
A stranger smiles.
Her face is no curling up
in bed.
 
If I knew the world was going to end
I would just run into the street
and fuck the first chick I saw,
says a teenage virgin.
 
Where you go when you are scared
that you might have the verdant
and the humid. Friendly air.
People meaning their handwaves.
An answer is the way you can jump
from a ledge equal to your height
without getting hurt.
Your home.
Every pane of glass
someone laid on
Their precious
breath.There.
Or there.
 
Boy I am
leaving the many rooms
For the crowded street. Lay
down your sweet head
for now.
 
To know as we do know
To know. To know
one damn thing.
Potentiel de ravissement
 
J’ai mis sous clé tout
ce qui des belles choses
pourrait m’émouvoir.
 
La clochette autour d’une cheville sombre
tournant et tournant.
 
Une inconnue sourit.
Son visage ne se couche pas
en chien de fusil.
 
Si je savais que le monde allait
finir, je me précipiterais dans
la rue et je baiserais la première
nana que je verrais, dit
un adolescent vierge.
 
Où vous allez quand vous avez peur
 
Que nous puissions avoir le verdoyant
et l’humide. L’air amical.
Les gens qui vous saluent de la main avec sincérité.
Une réponse et comment sauter
d’un rebord aussi haut que vous
sans vous blesser.
Votre chez vous.
Chaque vitre
placée par quelqu’un sur son souffle
précieux. Là.
Ou là.
Eh bien ! Je quitte
trop de pièces
pour la foule des rues. Pose
ta douce tête
pour l’instant
 
pour savoir comme nous savons
savoir. Savoir
juste un truc de rien.

Paige Ackerson-Kiely, In No One’s Land, 2007
Traduction Michèle Duclos et Paul Fenoult


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