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Notes de lecture par Temporel

21 septembre 2016

par temporel

Temporel, notes de lecture

Danièle Corre, Lorsque la parole s’étonne. Nancy : Aspect, 2016.

En lisant ce recueil, on trouve nombre de poèmes dans lesquels s’exprime le désir de retenir ce qui fut. L’usage de l’imparfait dans certains soutient cette aspiration à préserver l’émotion passée dans le présent ; la maison se fait « receleuse », gardant les « mirages » « entre les murs ». On n’est dès lors guère surpris d’apprendre que « La mémoire est une grande maison / qu’on traverse souvent / à grandes enjambées ». Le devenir, en quelque sorte, adhère au poème selon la « douceur du temps qui s’attarde ».

Michel Couturier, L’Ablatif absolu. Poésie complète. Postface de Jean Daive. Paris : La Tête et les Cornes, 2016.

Marie de Quatrebarbes rassemble l’œuvre de Michel Couturier (1932-1987), traducteur du poète américain John Ashbery. Jean Daive évoque la passion du poète pour le film d’Antonioni, Blow Up, qui inspira « Le jeu de paume ». C’est évident à la lecture de ce poème en prose. L’ensemble de l’œuvre cherche ses repères dans l’espace, que ce soit celui de la page, ou celui qu’esquisse dans l’esprit le poème. L’effet est géométrique : « comme à charpente géométrique ». L’ablatif absolu latin subordonne dans la phrase un nom et ses attributs sans autre marque que la désinence du cas, la concision donnant une résonance particulière à cette forme. C’est le titre du recueil de 1975 qui est repris pour l’œuvre complète. La plupart des poèmes sont très fortement nominalisés.

Béatrice Marchal, Résolution des rêves. Paris : L’herbe qui tremble, 2016.

Ce recueil parcouru de printemps et illustré d’aquarelles, en noir et blanc, de Marie Alloy, débute par ces vers :

Cette parole
saisie au vol,
étrangère à la pensée claire,
montée d’un centre
aussi stable que les platanes
dans le miroir tremblant
de la pluie qui ruisselle.

Stéphane Sangral, Circonvolutions (Soixante-dix variations autour d’elles-mêmes). Préface de Thiery Roger. Paris : Galilée, 2016.

Toujours dédié à Michaël (1970-1992), cet ouvrage explore, pourrions-nous dire, une certaine impasse philosophique, celle de l’esprit butant sur la chose : « J’écris pour compenser mon incapacité / à lire le réel... » Et le « présent » se fait « prison » dans cette hésitation du sujet à entrer en lui-même, transcendant ainsi l’écrasante nécessité : « La vie n’aucun sens, qu’une direction : la / mort. » En suivant les dédales de ce labyrinthe, il me revient à l’esprit la réflexion de Rachel Bespaloff dans son essai commencé en 1939 et publié à New York en 1943, De l’Iliade : « C’est l’Amor fati, et non le polythéisme, qui fait obstacle à la foi. » (Allia, 2004, p. 74.)

Etudes Romain Rolland  : Cahiers de Brèves, n° 37, juin 2016.

Ce numéro des Cahiers de Brèves rassemble les spécialistes de Romain Rolland sur des questions diverses, ses liens avec Panaït Istrati ou Gandhi, un possible rapprochement avec Walter Benjamin, par exemple. On y annonce également le colloque organisé à l’occasion du cent cinquantième anniversaire de la naissance de Romain Rolland (1866-2016) : « Romain Rolland musicologue et écrivain de l’intime ».


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