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Nicole Gdalia : poèmes

1er mai 2008

par Nicole Gdalia

Nicole Gdalia a sélectionné pour Temporel un certain nombre de poèmes importants. On se reportera également à l’entretien qu’elle nous a accordé début janvier et à la présentation de son anthologie, Alphabet de l’éclat, dont les poèmes qui suivent sont extraits.

Que s’installe le zéro de moi-même
et me délivre
des images inutiles
position zen de l’écriture
psaume de l’étincelle
silencev subordination et coordination ne se perçoivent plus
une nue duveteuse
moelleuse s’étire
dans le ciel de mes veux
la remontée commence avec
l’absence de moi
plat
vide-plein
je - m’- s’effiloche
moi disparaît j’existe enfin

*

Lorsque convergent les dimensions
j’aime
j’aime tes yeux verbe
je m’y enroule paresseusement
j’aime
j’aime tes mains chant
au rythme de nos dires
et le manège est là qui m’enivre
et m’oublie
aux aspérités de la vie

*

Femme
dis ton nom
tu sauras la profondeur des fleurs marines
le lotus blanc des consciences immémoriales
femme
dis ton nom
le multiple sera un
les circonvolutions labvrinthiennes
et les tensions extrêmes
se réduiront dans la lumière
du septième jour
l’ivresse enfiévrée
de la recherche de l’arbre et la pirogue solitaire allée à contre courant et la nuit des tempêtes et le vent et le frimas de l’errante mémoire
s’amuiront
s’amuiront
dans toi avec toi
et soi avec soi
et je avec moi
femme dis ton nom
quel est mon nom ?
Racines, 1975.
Alphabet de l’éclat, pp. 15, 16, 41.

.
point
yod de mon regard
pardes
des quatre consonnes
vers qui
vers quoi
je verticalise
le cheminement du fleuve
jardin miroir
du déroulement
de grâce.

*

Poésie
chant
cristal de nos intérieurs connaissance indivise

oracle
révélation contre occultation aux mots brisés tu es parole
aux espaces
tu accordes durée
à l’immémoriale mémoire à l’invisible
tu attribues plénitude

un contre multiple chant
montagne et lac air et feu
l’un et l’autre unis

poésie
transmutation du silence

Mi-Dit, 1987.
Alphabet de l’éclat, pp. 122, 123.

*

On ne s’ancre que dans l’amour
où s’accouplent les mondes
sur le palier du présent
le passé et le futur
les volutes du temps sont notes de musique
la clef sur la portée
ouvre
un triolet de voix

*

Aux heures de la recouvrance
lotus sur l’eau
je m’ouvre
aux illuminations
les anges musiciens
se saisissent des cordes et des vents
le diapason se trouve
les instruments habitent l’harmonie
le coeur alors
ne perçoit plus ses rythmaisons
La courte échelle
Harmoniques
, 1994.
Alphabet de l’éclat, pp. 182, 183.

À la poudre
de la vitre
le doigt
dessine ses lignes
modèle leurs songes
éclaire le monde

*

Son sourire
trace le sien
Eurydice
Orphée ressuscite
Elégie d’Elle
entre-dit
, 1999.
Alphabet de l’éclat, pp. 328, 329.

L’œuvre allait ses
mots
sombres ou criards
pâlis

Essoufflement des intérieurs
en ses quêtes
imprononçables
virevoltent la colère
l’amour
s’entrevoit la quiétude
l’envol

ô insoutenable terroir
de l’être
inscrit dans la lettre
et le chiffre
du Nom

*

Elle
Je n’était plus
Je avait explosé
entrelacement
d’Elle et Lui
dans la mort

Elle
amputée
oiseau boiteux
fixait
fixait le ciel ivre
ivre encore
d’Eux
de leur vol

*

Anémone blanche
au cœur d’or
t’ouvres au ciel
réceptacle de l’en-haut
en-bas

*

La mort avait
scellé le cordage des
liens

l’échelle
entre terre et nuages
tresse les inconnus
interstellaires

Rive majeure, 2003.
Alphabet de l’éclat, pp. 354, 355, 376, 377.

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