Temporel.fr

Accueil > à l’écoute > Notes de lecture > Nicolas Go

Nicolas Go

25 avril 2009

par Anne Mounic

A noter : Cette note de lecture a donné lieu à un dialogue entre l’auteur de cet ouvrage et l’auteur de la note critique. Vous trouverez cet échange à la suite de la note de lecture.

Nicolas Go, Les printemps du silence. Paris : Buchet-Chastel, 2008.

En philosophe, sous le signe du Faust de Goethe, puis de Marc Aurèle, Nicolas Go explore en cinq moments les domaines du silence. Premier moment : Le printemps du silence. Les formes sociales du silence. Viennent ensuite La leçon du silence et L’insignifiance. Le troisième moment comprend : La rêverie. La contemplation. La méditation silencieuse. La méditation silenciaire. De même, le quatrième se compose de quatre parties : Les printemps du poète. Les printemps du musicien. Les printemps du philosophe. Le silence du sage. L’auteur envisage enfin les devenirs du silence et Le silence de l’action. Il nous invite à faire « Quelques pas encore » comme nous avons commencé par « Quelques pas ensemble », introduction dans laquelle la philosophie est désignée, selon Marc Aurèle, comme « simple et modeste ». Bergson est aussi cité : « Philosopher est un acte simple. »

Nicolas Go fait d’abord ressortir ce qu’il nomme « densité » du silence et qui va au-delà de la simple contemplation de la nature. Ses formes sociales en sont, outre « la seule absence de bruit », « l’absence d’agitation » et le « recueillement », qui est concentration en soi-même, à l’écart du monde extérieur : « En se recueillant en soi-même, on rassemble les préoccupations de la vie ordinaire éparpillées (en un sens égarées), en un seul point, une seule énergie. » (p. 24) Ce silence en nous gagné révèle, selon l’auteur de cet essai, ce qu’il nomme, selon la tradition grecque, les Erynnies, furies ou ombres intérieures, sources d’inquiétude. Le silence est alors « épreuve de vérité ». (p. 47) et soulève la question de l’absence de sens : « Cesser d’attribuer du sens, et éprouver le réel, voilà l’expérience du silence. » (p. 57) Au chapitre de la rêverie, Nicolas Go en appelle à Rousseau et à Bachelard ; il définit ainsi la contemplation : « … une activité créatrice qui repose sur une faculté fort étrange, l’écoute » (p. 72) et oppose « la méditation silencieuse (qui se fait dans le silence) de la méditation silenciaire (qui fait le silence) ». (p. 85). Cette création du silence en soi correspondrait d’ailleurs davantage à une entrée en soi, ce que l’auteur nomme « enstase », par opposition à l’extase, bond hors de soi. Le silence, comme « absence de sens », mène à la perte d’arrogance de l’ego et à la joie. Ceci correspond à la quête originaire du poète. Nicolas Go définit la musique comme « art du silence » (p. 125) Poètes et musiciens répondent à l’affect, « puissance silencieuse et sans image, qui s’explore, je crois, comme on explorerait un territoire saturé de promesses, qui ne se donne qu’aux explorateurs hardis et audacieux » (p. 127). Pour le philosophe, le silence est « activité intellectuelle » et « exercice spirituel ». On aboutit à cette définition : « Le silence est cette sorte d’ascèse par laquelle, en quittant les impostures de la morale, de la prétention à la Vérité, des arrière-mondes, on se rend capable d’accéder aux instincts créateurs, on se met à l’écoute de la puissance de vie. » (p. 143) La philosophie devient une « tentative d’approche du silence » (p. 149). Le sage, en son « ascèse silencieuse », se « contente de dire ‘Il y a’ » (p. 169). L’auteur envisage enfin l’aspect politique de cette quête du silence et parle alors de « rêve éthique », en songeant à Spinoza. (p. 178)

Cette méditation est une exploration des différents aspects de la question du silence. Je ne peux en donner un commentaire philosophique puisque mon approche de la philosophie est poétique. En tant que poète, je ne me situe pas en contemplation de la nature, mais je trouve dans ses rythmes, ses atmosphères et ses lumières la correspondance à mon questionnement intérieur. Mon univers singulier n’est d’ailleurs pas peuplé de furies – d’inquiétudes, oui, et je les juge inévitables. Je les accepte, car la parole métamorphose le tragique en puissance d’être. Il est vrai que cette parole-là se puise au silence, mais sans ambiguïté entre le dire et la vie (voir p. 123), puisque cette parole est la vie elle-même, telle qu’elle se choisit, et il n’y aurait de mensonge que dans l’ignorance, ou le refus, de prendre en compte le devenir. Le poème est la manifestation de l’être en son rythme singulier et sa capacité propre, gagnée de haute lutte. Il surgit, c’est exact, d’une descente en soi, mais celle-ci n’est pas un isolement, ni même une solitude ; elle va au contraire vers une appréhension de notre condition partagée. La singularité s’affirme d’autant mieux en ces soubassements que le sentiment de la communauté de destin y est plus vif. Le poème est une participation active au monde – une étreinte, non une dualité, ou un face-à-face. Je ne me sens jamais seule quand j’écris. Et je parlerai plutôt, avec Romain Rolland, de « sentiment océanique » ou, avec Goethe, de poussée « démonique », pour désigner les profusions ambivalentes de l’âme. Je suis tout à fait d’accord avec Nicols Go sur ce point : Freud a mal interprété, et mésestimé, la puissance créatrice. C’est dans cet élan de vie au plus profond que se puise l’énergie créatrice et, du silence, qui est sondage du possible en sa singularité, émane la parole nue, qui dit l’unité de l’être, et sa joie.

***

Chère Anne,

Je prolonge à mon tour votre réflexion puisque vous m’avez fait l’amitié de ces quelques remarques personnelles. La première porte sur la contemplation.
Vous dites ne pas vous situer en contemplation de la nature, mais trouver dans ses rythmes, ses atmosphères et ses lumières la correspondance à votre questionnement intérieur. Ceci me pousse à vous demander : quelle perception avez-vous de ces rythmes, atmosphères et lumières dans lesquels vous trouvez une correspondance, et de quelle manière les percevez-vous ? Quel rapport exactement entretenez-vous, en tant que poète, avec la nature ? Pour y trouver une correspondance à votre questionnement intérieur, il faut bien, n’est-ce pas, une certaine écoute. N’êtes-vous pas, en un sens, aux aguets  ? De quelle manière s’effectue cette relation, que vous nommez si justement « correspondance » ? Est-elle seulement pensée, ou conçue, perçue, éprouvée ? Et ce questionnement intérieur, quel est-il ? Quelle est sa nature : intellectuelle, sensible ? Est-il traversé d’affects, de percepts, d’idées ? Nous sommes bien entendu dans la nature, nous sommes nés de la nature, nous sommes nature, quels que soient les produits de notre industrie, et malgré le milieu urbain qui est bien souvent le nôtre. Sans doute convient-il de distinguer au moins le sens philosophique de la nature, celui, grec, des physiciens (phusis) qui recouvre pour moi la notion de réel, et celui, plus restreint, de ce qui n’est pas le produit de notre industrie, et que l’on retrouve dans les expressions de « spectacle de la nature » ou de « beauté de la nature ». Je m’avance peut-être trop en faisant l’hypothèse que la contemplation de celle-ci nous renvoie à un questionnement sur celle-là. On se souvient du panta rhei (« tout s’écoule », fragment 136) d’Héraclite, formule radicale désignant le devenir comme principe de notre condition. Il y a, je crois, une manière forte de contemplation, une sorte d’épuration, de simplification nous réduisant à l’état de corps sensible, où nous devenons pure perception, à l’image, précisément, de l’animal aux aguets. Nous pouvons, comme lui, concentrer notre écoute sur certains indices (des bruits, des mouvements, des odeurs), ou bien l’élargir au plus vaste ensemble possible. Cet état de simplicité, où nous ne sommes plus que perception, est une forme poussée de contemplation et de silence intime, d’où surgissent éventuellement les questions les plus essentielles, ou en l’occurrence la création poétique. Il n’est pas pensé mais éprouvé. Il vient alors se peupler de mots, il y a un devenir poème du silence contemplatif, porté à la limite. Mais les correspondances dont vous parlez peuvent s’effectuer, j’en conviens tout à fait, d’autres manières. Peut-être aurez-vous envie de le préciser.
Que votre monde ne soit pas peuplé de furies, je n’en doute pas. Il suffit de vous lire pour s’en convaincre. Je ne sais pas trop ce que vous nommez tragique, je n’en dirai donc rien pour ne pas déformer votre pensée. En revanche, je me reconnais dans votre conception de la parole comme puissance de métamorphose ; elle est si souvent au contraire mise en œuvre comme instrument de répétition, sinon d’assujettissement. Comme dit René Char, « le poète se remarque à la quantité de pages insignifiantes qu’il n’écrit pas ». Je comprends tout à fait vos réticences à l’égard de ma citation de Char (p. 123). Mais, comme vous le dites si bien, le poème se gagne de haute lutte. C’est ce que, me semble-t-il, le poète confirme : « au centre de la poésie, un contradicteur t’attend. C’est ton souverain. Lutte loyalement contre lui. » (À une sérénité crispée, 1952). Et, pour préciser cette question, un autre fragment : « Toute association de mots encourage son démenti, court le soupçon d’imposture. La tâche de la poésie, à travers son œil et sur la langue de son palais, est de faire disparaître cette aliénation en la prouvant dérisoire ». Telle est en partie l’exigence de l’écriture, ouvrant sur la question du sens.

Vous dites que « la parole métamorphose le tragique en puissance d’être ». J’imagine que les inévitables inquiétudes que vous évoquez ne constituent pas le matériau de votre écriture, tout au plus une toile de fond, ou un donné que vous soumettez à l’activité d’écriture. L’enjeu est ailleurs, si je vous comprends bien : non pas dans la contemplation métamorphique des tourments, mais dans l’élan créateur, joyeux, que vous dites « élan de vie ». Prenant les inquiétudes comme de simples constats de faits (nos fluctuations dérisoires ?), le cheminement poétique les dépasse de loin en les altérant au passage, pour explorer les possibles. Je me suis demandé un instant si la métaphore usée du voyage convenait, celui par exemple d’Ulysse quittant Ithaque : la poésie serait un ailleurs, un plus loin, un vent du grand large à distance de la ligne de côte résumant les inquiétudes du quotidien. Mais non, en sus d’être usée, l’image est trop spatiale. Nous n’allons nulle part. Nous restons là, en silence. Ce n’est pas un espace mais une durée, un devenir. Un devenir autre de soi-même, ici et maintenant (la durée n’est rien d’autre que du présent continué). Une « descente en soi », proposez vous. Je lis dans vos remarques comme la convergence de plusieurs mouvements : l’énergie créatrice, qui va puiser dans un élan de vie, sonde le possible singulier dans le silence, d’où émane la parole, nue. Que dit cette parole ? L’unité de l’être et sa joie. En somme, il y aurait tout un processus créateur, d’une nature singulière, qui résulte en une expérience vécue, une conscience éprouvée : celle de l’unité joyeuse. Le « sentiment océanique » que Romain Rolland opposa à Freud dans une lettre restée célèbre.

Je comprends que vous ne voyiez là nulle ambiguïté, et rien moins qu’un mensonge. Une participation, une étreinte, une présence, une « vue de l’intérieur » comme vous l’exprimez si bien dans votre dédicace au Cobra sous le chant…, que vous avez eu la gentillesse de me faire parvenir. Cette vue de l’intérieur est sans doute, en poésie, et sous certaines conditions, l’écueil où s’échoue le mensonge. L’une des conditions me paraît être la lucidité (le mensonge est parfois un autre mot pour l’illusion), dont vous proposez dans votre poème une belle expression : « la nature, dont nous sommes un accident, suit son cours sans se soucier de nous » (Cobra sous le chant…, p. 2). Peut-être faut-il considérer là « l’amertume de notre condition ». Je n’en crois rien. Une telle amertume ne peut que renvoyer au désir que les choses soient autrement qu’elles ne sont. Ce que, précisément, la « complicité de l’intime » (idem) permet à mon avis de dépasser comme une vaine et naïve espérance.
On pose souvent, à propos de l’art, de la philosophie ou de la poésie, la question de leur utilité. Hormis la jubilation indéniable qu’ils favorisent, qui serait en soi suffisante pour les justifier, voilà à mon sens l’une des plus éminentes raisons d’être de la poésie : faire l’expérience renouvelée de cette « participation », de cette « complicité de l’intime », de cette « unité de l’être » dont vous parlez, qui constituent autant d’expériences cruciales, irréversibles, au regard desquelles toutes les illusions, les inquiétudes, sont « figues et noix » selon le mot d’Épictète. Qu’importe que nous soyons des accidents, et ce pour deux raisons : la première est que cela est et ne peut pas ne pas être (quelle singulière folie que de le nier), la seconde est que, en tant qu’accidents, nous sommes capables de la plus haute joie, ce qui suffit pour exister. Tout le problème étant alors celui de la nature et des moyens de cette joie. Et, bien entendu, celui de son partage.
Vous expérimentez la possibilité d’un tel partage dans ce que j’appelle la solitude, qui n’a rien de l’isolement. Vous l’éprouvez comme « communauté de destin », comme « condition partagée ». Je dirais qu’en effet, dans la solitude, on ne se sent jamais seul. L’expérience poétique (entre autres expériences équivalentes) se fait le plus souvent dans la solitude, mais toujours avec le sentiment que, en son sein, nous éprouvons notre commune humanité, à laquelle accèdent tous ceux qui y travaillent. Par delà toutes leurs distinctions particulières, parfois très grandes, les poètes se reconnaissent entre eux. Ils se prolongent aussi bien dans la solitude des philosophes, des peintres, des musiciens, dont ils ne comprennent pas toujours bien le langage, mais dont ils pressentent la présence.
Même de santé fragile, le poète authentique est un grand vivant.

le 20 janvier 2009.

***

Cher Nicolas,

je vous remercie, aux questions soulevées par ma note de lecture, de votre belle réponse, qui précise un certain nombre de points importants. Je voudrais vous dire tout d’abord qu’en tant que poète, j’aimerais me situer en deçà de ce que T.S. Eliot, dans un essai sur les poètes métaphysiques, appelait « dissociation de la sensibilité », entre pensée et sensation. Il situait ce phénomène au dix-septième siècle.
Vous parlez d’unité d’être : c’est effectivement une notion qui me tient beaucoup à cœur et elle me semble s’ancrer dans la réalité de l’instant, qu’il faut saisir sous peine de passer à côté de la vie, et c’est cela, le poème : une greffe de l’instant sur l’éternité, qui nous dépasse et se passe bien de nous, si nous demeurons étourdis. Dernièrement, j’ai été amenée à reconsidérer une nouvelle de Kafka qui me préoccupe depuis des années. Il s’agit de « Devant la loi », qui se trouve dans le recueil La métamorphose et qui est reprise au chapitre 9 du Procès. Le gardien n’interdit pas complètement à l’homme de la campagne l’accès de la porte, grand ouverte, de la loi, mais il l’emprisonne dans l’attente en lui répondant : « C’est possible, mais pas maintenant. » En le privant ainsi de l’instant, il le prive surtout de son être, puisque l’individu (le sujet ?), c’est l’instant et ce que Kierkegaard nomme le « choix éthique ».

Quand je regarde par la fenêtre en ce moment et que mon regard porte jusqu’à l’horizon, là-bas, de l’autre côté de la vallée – le petit bois gris mauve et bleuissant que caresse les nuages –, je ressens en moi le même souffle que celui qui m’emplit à contempler le vol, ou l’envol, d’un oiseau. Et ce souffle, que donnent la perception de l’infini dans l’espace ou bien l’effort, disons, du corbeau, avec ses belles ailes noires, contre le vent, nécessite, pour bien surgir, que l’on préserve en soi un autre infini, temporel lui, soit le loisir, la disponibilité, de saisir cette fameuse correspondance de l’esprit et de l’ailleurs, du Je et du non-Je – qui provoque l’effroi de Pascal (je pense à la fameuse pensée 206 : « Le silence éternel de ces espaces infinis m’effraie. »)
Quelquefois, l’été, quand, le soir, je regarde le ciel d’étoiles et d’outremer, je ressens cette inquiétude. Cette immensité a une correspondance en nous dans cette vie qui nous anime et dont l’origine nous est inconnue. De l’infiniment grand à l’infiniment petit, et jusqu’en son intimité même, Je ne se dissocie guère du non-Je – ce qui parfois crée, dans l’intelligence du multiple, un Nous qui peut avoir sa solidité.

Le réel est ce qui nous résiste : ce sera l’élément quand il nous menace – le vent qui nous emporte, comme il tarabuste le corbeau dans le ciel ; la vague qui pourrait bien nous engloutir, de sa puissance démesurée par rapport à la nôtre ; notre être lui-même quand, malade, il paraît se dresser contre nous, ce qui, quand cela advient à l’être cher, celui ou celle que nous aimons, peut finir par nous conduire à l’épreuve du deuil, de la terrible absence. C’est exactement ce que j’appelle le tragique – la menace qui, à toute heure, pèse sur la plénitude. La lutte, à certains moments, s’avère totalement disproportionnée entre notre élan de vie et la négation que nous affrontons. Si nous nous montrons alors capables de l’étreinte, nous dépassons le tragique pour atteindre à l’humain. Nous nous hissons, par le chant, la voix, l’intériorité, par-delà la nécessité ; c’est par notre prise, dans l’instant, sur le devenir que nous accédons à l’être. Si l’attente fait partie intégrante du rythme temporel, il faut que le possible, parfois, coïncide avec maintenant, sous peine d’aliénation, ou d’injustice. (Nous avons peut-être là l’injustice sociale fondamentale, dans l’absence de coïncidence, pour certains, entre possible et instant, et dans l’impossibilité d’accès à une temporalité singulière, à un rythme choisi.)
Tenter de dépasser le tragique, c’est s’efforcer de convertir le temps destructeur en temps fécond, sinon, effectivement, panta rhei, en cette neutralité des choses dont le grec, d’un pluriel, fait un singulier – un tout unique et sans faille. L’individu, justement, est la seule faille – et il meurt. Comme le dit Emmanuel Levinas, nous connaissons la mort par celle des êtres chers. Et ils laissent en nous pour toujours une place vide.

C’est cela, pour moi, la réalité – notre condition existentielle en sa précarité. La joie de vivre, dès lors, est un sursaut de tout l’être – très difficile parfois –, une décision, en tout cas, dans un univers animé de forces contradictoires, dont certaines nous sont favorables tandis que d’autres nous accablent. Nos frères humains eux-mêmes ne méritent pas tout à fait notre confiance – pas toujours, en tout cas.
Le choix de soi libère, en rassemblant l’être en son unité, la voix intérieure, celle qui le manifeste en sa pensée profonde, faite de perceptions, de sensations, de sentiments et d’idées qui, pour être plus abstraites, n’en échappent pas moins au devenir, qui est finalement la plus profonde réalité – la plus intime aussi.

Le souffle porte mon regard jusqu’à l’horizon. L’instant réussi palpite et donne substance à l’invisible minute fuyante tout comme l’aile vigoureuse du corbeau, de la mouette ou, mieux encore, de la buse, rend palpable à nos yeux l’air sans épaisseur.

Chalifert, février 2009


temporel nous contacter | sommaire | rédaction | haut de page