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Natan Zach

26 avril 2014


Natan Zach, Compte à rebours. Poèmes traduits de l’hébreu par Charlotte Wardi. Préface de Nissim Calderon. Paris : Caractères, 2013.

Né à Berlin en 1930, Natan Zach émigra avec sa famille en Palestine en 1937. Il fut, de 1978 à 2000, Professeur à l’Université hébraïque de Jérusalem. Sa poésie a transformé la poésie hébraïque dans la seconde moitié du vingtième siècle.

Les poèmes de ce recueil esquissent, par allusion, ou avec un certain humour, la silhouette d’une décision se modulant au gré de divers instants, « à condition que / le choix du moment soit le bon ». « Mon tailleur est contre la séparation. » Sous le titre « Contre la séparation » s’ébauche peu à peu l’histoire du point de vue de cette résistance tout individuelle à ce qui écartèle la communauté humaine. Le retour à l’origine s’entreprend avec humour : « Quand Dieu dit pour la première fois que la lumière soit / il entendait ne pas rester dans l’ombre ». Le poète reprend sur le mode plaisant le dialogue traditionnel avec « qui, par hasard, a des ailes » : « Bon, toi tu as le droit / mais qu’amis ne viennent. / Ce logis sous le toit est à moi, pas à toi. » Il s’avoue « Sans excuse » à se vouloir sans certitudes, pris entre son élan vers demain et cette partie de lui qui dit : « pas la peine ». Toutefois, cette décision qui puise au plus profond et module la voix poétique s’exprime dans le « Poème à une jeune fille » comme une sorte d’équilibre instable mais souhaitable de l’existence singulière :

Ecoute toujours la voix de on instinct
et n’aie confiance en personne
car le mensonge s’entend toujours comme la vérité
et la voix de la vérité gêne.


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