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Morceaux choisis

26 avril 2014


France Burghelle Rey | Jean-Marc Gougeon

France Burghelle Rey

Victoire

L’aurore nous a surpris ciel rose sur la bastille nous chantons pour la paix le sang ne coulera plus nous nous battrons demain puis jours sans sommeil nos corps endoloris

Mais mon âme est en paix je dors à ses côtés mes bras sont repliés sur ma bonne conscience et sans serrer les dents j’attends le crépuscule

Le soleil chauffe la terrasse c’est mon champ de colza et ma lavande au pied des marches Van Gogh a peint ce paysage je prends les armes lorsque j’écris pendant des nuits d’orage

Les odeurs maintenant sont de pâles copies je siffle apollinaire en me levant jure de ne plus marcher et de ne plus attendre je sors mes papiers cherche ma musique et commence à chanter

Elle n’entend plus les notes que je joue fatigue qui la tue sa main n’avance pas quand l’impossible la hante et le blanc l’éblouit

Et elle elle s’introduit en moi pour entendre les cris écho sur la bastille elle croit en la victoire en pensant à l’ avenir

Dans l’attente je marche et chacun de mes pas repousse la frontière bientôt il n’y a plus d’ombre midi est au soleil

De notre terre d’accueil dont l’heure est à la paix je ferme alors l’écran court-circuit dans l’ordi et passe à autre chose

Science-fiction que je hais j’avoue aimer l’avenir puisqu’il n’y a plus de guerre mais plein de beaux enfants

Nos filles les adoptent qui veulent vivre en Syrie aller jusqu’en Iraq et moi je me souviens j’étais jeune au Liban

Les combats terminés je ne reste pas couché retourne à mon moulin pour en tourner la roue il n’y a plus de poison dans l’eau de la rivière

Et celle de la pluie je n’en ai plus besoin car le sang ne pisse plus et les rues de nos villes sont calmes comme mon village

Chance de nos heures nouvelles nous jouons de nouveau dans l’air de la paix nos mains forment des cercles et moi je me souviens

Je fabrique un panier pour cueillir ma lavande couleur de Vincent et forme un beau bouquet à l’odeur de la gloire

Quand ils m’ont regardé le jour de la victoire j’ai rangé mon carnet et j’ai sifflé guillaume c’était l’heure de minuit

Je touche à l’impossible pas tué par la fatigue puis retourne à la vigne où j’emmène ces soldats qui ont gagné la paix


Jean-Marc Gougeon

tombe

tombe la peau
et on voudrait l’aider
la relever
qu’elle aille mieux

sur le corps

il en a besoin
dit-on

cela du cheveu
la peau
qu’elle fasse de son mieux
elle doit s’appliquer

au corps
empoussiéré

que la peau
soit d’accord
soit pour

que le corps aille
tombe
la peau
se desquame
le désir

*
quand du ciel
tombe
l’oiseau

saigne le bleu

quand du mot
tombe
le souffle
étouffe le poème

*
une idée
tombe
sous le sens

aller l’y
dénicher
par le poème


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