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Michel Cosem

25 avril 2009

par Anne Mounic

Michel Cosem, Justine et les loups. Riom : De Borée, 2008.


Justine et les loups est un conte qui met en valeur, avec beaucoup de délicatesse, les paysages de l’Aubrac. Le style du récit, sobre et d’un rythme tranquille, est contemporain – notamment par son abord de la sexualité –, mais ce qu’il conte est d’une autre époque, non précisément datée, d’ailleurs. Chaque chapitre, précédé de son exergue en prose poétique, nous fait pénétrer le temps de la légende et de la merveille. L’auteur fait revivre certains contes dans le conte, ce qui participe de ce fonds mythique intemporel auquel il puise et qu’il désire réveiller.

Justine, personnage énigmatique, échappe au deuil pour renouer avec lui après avoir tout de même, en dépit de son triste sort, qui semble glisser sur elle sans qu’elle s’en émeuve trop dramatiquement, connu, un bref instant, l’amour : « Justine aima tout cela. La nuit, grâce à Philippe, n’était plus hostile. Elle respirait paisiblement toute proche, profondément selon un rythme millénaire qui était très rassurant. En même temps une luxuriance multiple venue de partout la rendait séduisante et charnelle. Justine garda ces sensations pour elle : c’était son secret. Elle entendit au loin le chant des crapauds, un chant flûté comme celui de l’alouette, plus loin encore dans une langue sombre de feuillage une chouette appela, d’autres encore plus loin lui répondirent. Même si ces cris étaient considérés par beaucoup comme maléfiques, Justine les trouva très agréables et reposants. » (p. 282)

Michel Cosem nous offre une prose délicate, proche des sensations simples, à la recherche d’un monde ouvert.


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