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Max Fullenbaum, poèmes

26 avril 2014

par Max Fullenbaum

Extrait de mohair, la mort phonétique (mot+R)

découverte

ruelle écartée détournée
impasse entre les jambes d’une nuit papier bible
pommeau ouvert de vague dague à lame
main sur une la chair tendre encore émue au point
de froisser devant soi la lumière bénite

paralysie faciale rejet de la baignoire
crispe dent dent contre lèvre et tête le bavoir
aspire cul sec dans les gerçures
les songes abrutis des lignes repêchées d’entre les lignes
ce premier réservoir d’un stylo encre noire avec barrette petit métal
pression infime du ouï-dire sur capote en caoutchouc

images désarticulées déjà trépassées
réchauffez les pales banquises
ô crics levée d’écrou rebelles des ventouses
blocs d’annales à l’anus encore température
roulez bougies déteintes à vive allure les étoiles vives
sur sexe unique terre bulldozer battue

bombardez vos urines tréponèmes en spirales
visez droit les fléchettes sur les bouches parking
délivrez pas de loi trois cheveux en détresse
mes deux cuisses oubliées sur le gazon des noms

herbe bouche ton nez beaux draps de connaissance

au loin une église suce de nouveau un enfant à plat-ventre
avenir et tocsin et bâton et la gueule et tranchée et artère et vicaire
silencieux

atomes du sommeil psalmodiez grain à grain
l’improbable réveil des tétines en souffrance

revenir en arrière rembobiner le dessus de marbre du boucher
pour n’avoir pas vécu l’irréparable outrage irrémédiable
avec un trou triple épaisseur sous la semelle du souvenir gelé
fœtus avorté sur un bois blanc d’école où perçait un cristal

Willy

en mettant
genoux à terre
il a construit
un cimetière
quelque part
est devenu
quelqu’un

hémophilie

chaque mot
que j’écris
est un homme
qui meurt

les ratures
sont les sépultures
de la seconde mort
dans la ligne droite

et le sang noir des taches
est le souvenir
de la transfusion
d’un vocabulaire liquide

réciprocité

or
thème
t m
mort

or
est thème
de mort

si tu aimes l’or
la mort t’aime

quand je t’offre de l’or
je te tue à moitié
si tu réponds je t’aime
je suis ton meurtrier

mort
je t’ai
décomposée

extrait de mot à mot oratorio

la guerre

la guerre
carton bouilli
attaché à une ficelle
qu’on accroche à son dos
pour aller
de ville en ville
jusqu’aux ruines d’enfant
qui poussent
sans pleurer
dans la fosse
avec un balai paille de riz
ou un bulldozer

les ruines
ne pleurent pas
car elles n’ont plus le
Temps

mais l’air
est plein de mots
la terre
pleine de morts

ils marchent

ils marchent
regardant derrière
s’il y a
un sol

ils marchent
regardant devant
s’il y a
un ciel

ils marchent

jusqu’à

jusqu’
à

je ne peux

toi

enfant

marche

jusqu’
à
je
ne
peux


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