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Mauro Fabi, par Gérard Paris

22 avril 2011

par Gérard Paris

Mauro Fabi, Le domaine des morts. Evian : Alidades, 2010.

"La mort est une inutile
Une pierre éclose qui ne fleurit jamais
Dans l’humide place qui t’est due"

D’un coté l’adieu à la grand-mère, à ces os qui s’effritent, de l’autre le dénuement dans la ville, cet immense cœur fatigué et l’enterrement des rapports humains avec en sourdine le passé qui rejaillit et se dilate. Dans ce recueil tout en nuances et en finesse, Mauro Fabi nous fait ressentir le passage imperceptible d’une vie à l’autre, l’attente dans le no man’s land :
A fixer l’exigu impraticable espace
Entre le monde des morts et celui
Des vivants Que nous habitons."
Mauro Fabi cohabite avec les morts, il note leur impuissance car les morts représentent un monde artificiel et il ressent pleinement cet entre-deux mondes, cette ligne de flottaison entre vivants et morts : "se sentir si proches de la compréhension
De tout
Si inutilement proches…"
Alors pour le poète il faut rêver la mort par l’effritement du petit matin et la dissolution complète de notre vie. Sans communication avec les morts du fait de l’impuissance du langage nous ne pouvons que nier leur poids, leur réalité : "Les morts n’ont jamais été vivants ils n’ont
Jamais nagé en pleine mer
Ils n’ont jamais connu
D’autre chose que cette légère dureté
De braise éteinte."
En contrepoint des poèmes, Mauro Fabi échafaude une réflexion sur la poésie et la vérité car si la poésie ne nomme rien : La fiction relève du roman, la poésie relève
Seulement de la vérité"


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