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Maurice Couquiaud, poèmes

29 avril 2012



À Liszt
À celle qui sera la dernière prostituée en ce monde

Rêve d’amour

Hier encore le tarif des charmes tournait sur un compteur.
Les trottoirs martelaient tous les pas vers le désir,
Les pavés ruisselaient d’abandons dans la douleur.
Les coups distillaient les larmes féminines
dans une étrange rosée nocturne sur les draps.
Mais le dernier proxénète est mort cette nuit !
Un flot de tendresse vient de s’abattre sur le monde.

Les coins de rue témoignent pour les tournants de la vie
Les femmes ne gémissent plus comme les marches fatiguées
que l’on montait pour atteindre un plaisir dévalué.
Elles peuvent enfin vibrer sur les partitions du bonheur
qui se déchiffrent à quatre mains croisées.
Les accords parfaits glissent une âme dans nos doigts.
Délivrés de la honte, ils rassemblent les notes de l’amour
sur les portées où le rêve compose l’esprit des joies.

Ma campagne

Ma campagne imprime un livre d’images aux alentours.
Elle raconte au présent l’imaginaire de l’eau qui dort,
dicte à l’avenir celui de l’eau qui court.
L’endormie m’offre une occasion d’être poète
en s’évaporant vers l’ailleurs devant moi.
La vagabonde étanche ma soif d’écriture
lorsque je cherche les bords de la clarté.
Les reflets immobiles se nourrissent de nuages,
ceux qui passent donnent un sens à l’éphémère.
Le temps dicte aux pages de l’horizon
ce que les arbres illustrent à bras ouverts.

Serai-je dans l’avenir de l’étonnement
une chenille écrasée sur les voies de la raison
avant de déployer tout ce que je ressens ?
La danse des mots survit-elle autour des êtres
comme la danse des abeilles se perpétue
autour des fleurs qu’elles ont fécondées ?

Pour deux sous

Venez !
Pour deux sous d’imaginaire,
je vais vous bâtir une histoire au toit de chaume.

Ses murs seront des parpaings de chair,
chaque fenêtre une impression de transparence,
son grenier des souvenirs éblouis,
sa porte un regard attendri.
Passez d’abord par le jardin…
où je fais pousser ce que je voudrais vous dire !


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