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Maurice Couquiaud

26 septembre 2010

par Anne Mounic

Maurice Couquiaud, J’irai rêver sur vos tombes. Paris : L’Harmattan, 2010.

Ce recueil de poèmes se compose de quatre moments : « Le réel parle en fumée », « De l’ombre à la nuit », « Les clapotis du monde », « Par le bout du cœur ». Le premier vers, dans « Fumées », ouvre ainsi la lecture : « Mon visage d’enfant était encadré par la guerre. » (p. 13) Et l’ouvrage se clôt sur le vers qui donne son titre à l’ensemble, après cette belle strophe :

« Rêver, c’est enchanter les peut-être,
ouvrir le parapluie des pleurs,
plonger l’angoisse dans le bénitier des heures. » (p. 106)

Le vers est libre mais rythmé, énonce une poétique : « Le poème dépend de ce que l’on donne au foyer. » (p. 15) D’autres poètes y figurent : Reverdy, Michaux, et le poète cite Simone Weil (p. 28), dans La pesanteur et la grâce : « Il faut placer Dieu à une distance infinie pour le concevoir innocent du mal : réciproquement, le mal indique qu’il faut placer Dieu à une distance infinie. » Certains poèmes s’apparentent à des aphorismes :
« Toute sensation en prépare une autre
pour satisfaire ce qu’elle éveille. » (p. 51)

L’ouvrage est orné de dessins de Laurence Couquiaud. Nous terminerons par un mouvement de valse :

« La mort ne sait pas danser.

Avant de la rejoindre
j’aimerais valser encore avec mon âme.
[…]

Elle orchestrait pour moi les choses de la terre
en faisant tourner les trois temps de la vie
sur les pistes de la poussière. » (p. 63)

A signaler aussi le numéro 13 de la revue Insulaires, juin 2010, consacré à Maurice Couquiaud, qui parle ainsi de ce recueil : « Perspectives des infinis. Cela ne m’empêche pas d’avoir les deux pieds bien plantés dans la condition humaine, puisque dans J’irai rêver sur vos tombes, j’évoque notamment les camps de la mort, l’exode et le tsunami. » (p. 4)


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