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Marc-Williams Debono : poèmes

1er mai 2008

par Marc-Williams Debono

Partout Thésée dans les Soleils

Est-il Il est des pays de craie où chaque vapeur se suspend
… Des pays des paysages dont on est dont le visage
Tend sa peau et ses alpages, des pays étranglés dans il est
Est-il vrai des rives bleues et des rivages des griefs
D’ardoise… où chaque remous à sa page, des mais on est
Des grisantes et des cendrées, des toits de chaume et…
Les amantes des sages. Est il, il est des pays de craie
Qui toisent - les Crétoises.

***

Dans le Corps de Vénus

Tout l’indicible est là
Qui a toujours été.
Dans ce vertige étoilé
Où le réel s’estompe.

Tout l’indéfait est là
Qui a toujours été.
Dans l’ouvert qui se noie
Le moindre décolleté.

Tout l’à-côté est là
Qui a toujours été.
La fourrure de Vénus
En ce silence feutré.

***

Un dédale qui pense (extraits)

Partis du néant, aboutirait-on à son envers ?
Paradoxe sans équivoque
Parallèle sans ailes
Par ces temps qui courent…
Je, Il voguons en travers des néants successifs
Dans leur excès et leur manque
Leur physique énigmatique
Tels ces fétus de paille tributaires des vents
Ces cimes bleuâtres au clair horizon.

Pourtant je ne vois qu’un rapport d’architectures
Là où d’autres craignent le pire.
Elaborées cycliquement,
En conjonction les unes par rapport aux autres,
Ces géométries donnent l’impression
D’un dédale qui pense.
Dédale agonisant où chacun puise
Les bouts de limbes qu’il peut.
De ceux qui au détour d’un cheminement
Ont saisi la vague-retour,
Tout l’inépuisable gisant aux contours de ce retournement.

Avouons que le poète sans crête
Arrache au temps sa quête.
Avouons qu’en chaque tête
Il y a une mine,
Que cette mine
N’explose qu’au levant,
Que cette tête est une laitue
Poreuse sans pied et creuse,
Que sa racine augure
Un long et douloureux trajet,
Et que ce trajet est lui-même miné.

S’y aligner.
Y philosopher mes crus au plus fort tanin.
Le poète sait d’argile sa tanière d’errant.
Maintenant il puise même aviné
Ce qu’il y a à puiser.
Et là où je crois dépecer l’esprit
Le vaincre charnellement,
Je me heurte à ses pur-sang
Et les meule jusqu’à ce que l’abcès
Du penser explose par la langue.

***

Entrelacs et Déraison

Quand naît-elle
Si ce n’est
Au point d’étreinte
Au point nommé
Qui délie, dévisage
Toute floraison ?

Qu’en est-il
Si ce n’est
Déploiement
Dessaisie et
Bourgeonnement ?

Au sortir,
Je vois l’extrême-oriental
Plié sous sa bure argileuse
Forgé des liens qui,
En sa corne d’abondance
Versent l’eau du temps.

***

Une Géographie Repliée (extraits)
La pensée monte et gagne en toi.
Implant crayeux, pluie de signes et de vide
Une géographie repliée
Aux angles circonflexes
Des contours lissés et amers
Fantasme, couvre-feu
Sève drainée jusqu’à l’horizon
Pas une marge de soi.

Des narratives dans la nuit.
Un sens obscur, sourd, martelé
Comme ces choses infiniment tues,
Ces regards qui creusent
Font et défont les hommes en conjonction.
Un désert habité. Habité d’usure et de conjectures,
D’inconséquences.


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