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Marc Sagnol, poèmes

26 avril 2014

par Marc Sagnol

Sonnets russes

Saint-Pétersbourg

Capitale du nord, ville froide et humide
Enveloppée de brume couvrant la Néva
D’où émerge, sculpté, cavalier intrépide,
Le nom de l’Empereur terrassant un boa.

Traversée hivernale du jardin d’été,
Jadis cadeau du tzar à son impératrice
« Letny sad » aux statues de dieux grecs enfermés
Dans leurs maisons de bois, cabanes protectrices.

Douce approche des berges de la Fontanka
Sous le charme enchanteur de quelque dievouchka,
Aux abords du palais du duc Chérémétiev,

Halte dans un café des bords de la Moïka,
Célèbre « Chien errant », où l’on sert la vodka
Non loin du lieu où fut arrêté Goumiliev.

novembre 2012

Arkhangelsk

Porte de la mer Blanche au bord de la Dvina,
Le port d’Arkhangelsk dort, hivernant dans les glaces ;
Bâtiments immobiles au milieu de la rade,
Les bateaux endormis semblent faits comme rats.

Tristes marches glacées descendant sur le port
Où s’ancrent des voiliers, des yachts et des hors-bords,
Un bac, un pétrolier, un navire de guerre,
Attaqués par le froid, vaincus, cloués à terre.

Au loin un brise-glace se fraie un passage
Ecartant de son soc, pour ouvrir un chenal,
Les glaçons immergés au milieu du canal.

Nuit froide, boréale, obscure, interminable
Enveloppant le port d’une torpeur immense
Frissons des détenus du canal de mer Blanche

février 2010

Ouglitch

Ouglitch, petite ville au bord de la Volga,
Résidence choisie par Ivan le Terrible
Désireux de paraître, à son peuple, invincible
Imposant à son fils de funestes dégâts.

Grandiose point de vue sur un coude du fleuve
Élargi en un lac, en un port de voiliers
Havre pour quelques yachts de riches vacanciers,
Nonobstant les présages dont le lieu s’abreuve.

Église de silence sur le sang versé
Sur le site de mort où Dmitri fut trouvé
Blessé, ensanglanté, sous les cris, sous le glas,

Imprudence d’un jeu ou vil assassinat ?
Tragique mort ouvrant la période des troubles
Offrant à Godounov un trône en teinte double.

2012

Brumes de la Volga

Approche progressive, à peine interrompue,
Le long de la Volga, fleuve majestueux,
Dévalant sur un coude immense, victorieux,
Portes de Jigouli ouvrant la retenue.

Jeune fille aux yeux verts, au sourire subtil
Aux saillantes pommettes, à la blonde crinière,
Généreuse poitrine offrant une clairière,
Regards discrets se répondant en coups de fil.

Infimes frôlements sur le grand escalier
Qui descend sur la rive où chante un batelier,
Sourires échangés à l’écoute des mouettes.

Mémoire inassouvie d’un rêve de fleurette
Au bord d’un autre fleuve, lointaine Neva,
Se mêlant dans mon âme aux chants de la Volga.

Samara, 2013

Krasnoïarsk

Krasny Iar, site illustre au bord de l’Iénissei,
Le fleuve impétueux aux rapides violents
Qu’accostèrent jadis les Cosaques ardents
Fondateurs d’une ville aux couleurs du soleil.

Krasny Iar, marne rouge à l’ombre d’un abîme
Attachante cité aux champs énisséens
Ville étape franchie par le transsibérien
Pont de fer reliant les deux rives sublimes.

Vent hivernal sifflant sur les berges du fleuve
D’où s’échappent toujours de brumeuses vapeurs
Réchauffement des corps dans les bateaux du port.

Douce voix féminine emplie des profondeurs
S’élevant comme un souffle au rythme héxamétrique
Irradiant la cité d’une âme poétique.

2010


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