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Lucien Wasselin, par Gérard Paris

26 avril 2010

par Gérard Paris

Lucien Wasselin, Obscurément le cri. Lille : Ed. Des Airelles, 2008

« Le poème est une longue patience
Qui interroge l’inéluctable
Au bout de la vie
Pour ne pas trouver de réponse »

Tout n’est qu’oscillations, qu’alternances dans la poésie de Lucien Wasselin entre la lumière protégée par le souffle et la frange d’obscurité, entre les cris de la gorge des mineurs et l’épaisseur du silence,entre les douleurs de la vie(la silicose des jours) et l’amour qui s’obstine. Du lent labeur du temps à la nuit amère de l’exil, le poète s’attarde dans un obscur ressassement relié à la fois aux escargots qui moulinent et à la poussière des galaxies. Si un ciel de traîne glisse sur nos vies, si notre souffle coïncide avec la respiration du monde, nous sommes avant tout prisonniers de nous-mêmes : »La clôture est dans la tête

Et dans le geste »
Entre le galop sauvage de la pensée et les métastases du mot amour, le chant renaît et l’obscurité atteint la frange lumineuse : »entre cris et silence
Il y a une obscurité impalpable
Qui creuse en arrière
Dans la lumière implacable »

Dans ce recueil, illustré par une vignette de Michel Poix (« Des hommes dans la rue »), Lucien Wasselin, comme Phénix, renaît de ses cendres sans savoir exactement ce qui s’est brisé :l’obscurité, la circonférence(de notre esprit)la poésie ou la vie…


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