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Liana Nissim et Alessandra Preda (éd.)

30 septembre 2009

par Anne Mounic

Hélène de Troie dans les lettres françaises. A cura di Liana Nissim e Alessandra Preda. Milano : Cisalpino – Istituto Editoriale Universitario – Monduzzi Editore, 2008.

Ce recueil rassemble les actes du colloque sur la figure d’Hélène de Troie, qui s’est tenu du 13 au 16 juin 2007 à Gargnano di Garda au Palazzo Feltrinelli, sur les rives du lac de Garde, comme cette année la manifestation s’est consacrée à la figure de Jacob. C’est le département de français de l’Université qui organise ces séminaires tous les deux ans, sous la direction de Liana Nissim et Alessandra Preda. Autour d’Hélène de Troie se rassemblent en ces pages Fabrizio Conca, Jean-Louis Haquette, Marc-René Jung, Josiane Rieu, Dario Cechetti, Silva D’Amico, Tiphaine Karsenti, Michele Mastroianni, Sarah Biandrati, Florence Naugrette, Christian Biet, Pascale Auraix-Jonchière, Louis Forestier, Francesca Paraboschi, Maria Benedetta Collini, Guy Ducrey, Marco Modenesi, Jean de Palacio, Giorgetto Giorgi, Maria Teresa Puleio et Paolo Tamassia. L’intérêt se porte du Moyen-Age au vingtième siècle (entre autres auteurs étudiés : Ronsard, Barbey d’Aurevilly, Huysmans, Jules Lemaître, Giraudoux, Sartre). Citons notamment une contribution sur l’essai de Camus « L’exil d’Hélène ». Celui-ci remarque, dans « Prométhée aux enfers » : « Les mythes n’ont pas de vie par eux-mêmes. Ils attendent que nous les incarnions. Qu’un seul homme réponde à leur appel, et ils nous offrent leur sève intacte. » (Cité par Maria Teresa Puleio, p. 342) Le mythe est donc à la fois devenir et attente, métamorphose et reconnaissance de l’être. Il suscite des correspondance entre les arts, comme le suggère le sonnet de Jules Laforgue, « Sur l’Hélène de Gustave Moreau », cité par Louis Forestier (p. 239). Et Liana Nissim de conclure, sous le titre : « Hélène, beauté toujours terriblement divine », en insistant sur le « statut ambigu du mythème » (p. 371) : « On aura des fois une Hélène-idole, ou fantôme, ou eidolon redoutable (mais alors passif, inactif, immuable) ; nous aurons d’autres fois une Hélène-femme, insérée dans le dynamisme temporel, une femme agissante, un personnage de roman ». Comme Camus, l’auteur met en valeur la plasticité des mythes, « toujours prêts à renaître à la vie » (p. 375). L’ouvrage s’achève avec un poème de Habib Tengour, « Fugitive et ravie ».

« Ils ont amplifié cette histoire pour casser
la monotonie des champs labourés », écrit le poète. (p. 377) <:blockquote>

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