Temporel.fr

Accueil > à propos > Rupture > « Le passé est une terre étrangère » : Les paradoxes du souvenir et de (...)

« Le passé est une terre étrangère » :
Les paradoxes du souvenir et de l’oubli

25 avril 2015

par Anne Mounic

« Le passé est une terre étrangère »
Les paradoxes du souvenir et de l’oubli [1]


On sait que Platon faisait de l’anamnèse, ou réminiscence, l’accès à la connaissance. La maïeutique, le questionnement mené par Socrate, que Ménon compare à une « torpille » [2], car il l’engourdit et l’emplit de doutes, permet de lever les illusions d’un savoir superficiel et erroné afin de susciter pas à pas le souvenir de la vérité. La dialectique passe donc par une rupture avant de renouer avec une connaissance innée, – car l’âme est immortelle –, mais oubliée. Platon affirme, au Livre V des Lois (732b), que « de même qu’un écoulement crée toujours en quelque façon le besoin d’un afflux contraire, de même le ressouvenir est l’afflux d’une pensée qui s’était éloignée » [3]. Toutefois, la reconnaissance des essences ne se fait pas pour tous de manière égale, « par suite de la faiblesse de nos organes » [4]. D’ailleurs la réminiscence ne se confond pas avec la mémoire, « conservation de la sensation » [5], puisque, se ressouvenant, l’âme ressaisit « seule » [6] ce qu’elle a éprouvé : « Et lorsqu’ayant perdu le souvenir soit d’une sensation, soit d’une connaissance, l’âme la rappelle à nouveau, seule en elle-même, nous appelons tout cela réminiscences et souvenirs. » Ces considérations permettent à Socrate d’envisager « le plaisir de l’âme sans le corps ». Pour ce faire, il immortalise, à mon sens, dans une origine une et immobile, cette sensation d’infini, plus vaste que la conscience et ses représentations, qui s’attache à « l’âme sensitive » [7] et que Maine de Biran qualifiait, du fait de son insaisissable fluidité, d’« Eurydice qu’un coup d’œil rejette parmi les ombres ». Dans le Phédon, la doctrine de la réminiscence fournit une preuve de l’immortalité de l’âme. [8] La connaissance, comme « recherche » [9], est un retour sur cette origine oubliée que l’âme « courageuse » aspire à ressaisir, « car chercher et apprendre n’est autre chose que se ressouvenir ». Notons que ce retour sur soi se conçoit comme résurrection du passé et s’accorde avec la doctrine de l’oubli qui permet la réincarnation. Selon le mythe d’Er, conté dans La République (385-370), l’âme qui a choisi sa nouvelle condition ne peut s’unir à son corps qu’une fois bue l’eau du Léthé. [10] La réminiscence vise à transcender cette rupture de la continuité qu’est la condition à la fois corporelle et temporelle. La rupture dualiste de l’âme et du corps invite à considérer à la fois le temps et le corps d’un point de vue transcendant, donc extérieur. La recherche se tourne vers l’origine, conçue comme passé à retrouver. Le devenir n’est qu’une résurgence, une nostalgie, piétinement du multiple dans le temps cyclique de la nécessité, marqué par l’éternel retour du même. La connaissance, dans cette perspective, n’est que recherche herméneutique. La conscience se dissocie de la source singulière sans cesse nouvelle et tournée vers l’avenir, qu’elle fige dans une origine supra-personnelle, nostalgique de son passé. Cette « âme sensitive », cet en deçà singulier qui vient au jour par la lumière de la parole en un commencement sans cesse renouvelé, se fige dans le passé en un au-delà, dont la perte pèse mélancoliquement sur la conscience. Cette mélancolie [11] se déduit du sentiment de l’impossible induit par cette scission entre la conscience et sa source fluide. L’accent porté sur le visible et la représentation rend indéchiffrable cette ombre qui se manifeste comme rythme dans la voix, tissant incessamment l’avenir. Notons que la psychanalyse a hérité de cette conception, que je qualifiais de tragique, eu égard à Œdipe, au chapitre précédent, puisqu’elle décrit l’inconscient comme le lieu du refoulé, donc du passé, qui ne se laisse découvrir que par des signes. Peut-être est-ce là justement la configuration psychique qui correspond à cette rupture que la dialectique introduit dans la personne. Le poète écossais Edwin Muir, fortement influencé par le platonisme, distingue l’expérience de la « fable » [12], ce récit qui préexiste à l’histoire individuelle, celle-ci répétant incessamment « la vie de l’homme ». Cette conception s’accorde avec la fatalité de la chute et de la prédestination, ces notions fortement ancrées dans le calvinisme écossais. L’individu s’échappe à lui-même et ne peut se connaître ; seuls les rêves, ou toute activité inconsciente, fournissent les signes à décrypter afin d’atteindre à « la connaissance de mon moi réel et simultanément à la connaissance de l’immortalité » [13]. Le poète veut croire à l’immortalité de l’âme, car il refuse que l’être humain ne soit qu’un animal pensant. La réminiscence est alors un retour sur soi qui équivaut à une répétition parce qu’elle permet de revivre, grâce à un certain nombre de signes repérables, une origine fixe dans sa représentation, cette fixité, ce caractère définitif et donc clos sur lui-même se nommant « universel » [14]. De cette vision rétrospective d’une vie qui serait autrement vainement gaspillée se déduit le sentiment d’échapper au temps, conçu en son extériorité destructrice.

La connaissance, certes, paraît réminiscence au moment où notre esprit est prêt à la recevoir, car il a cheminé secrètement (sans que les étapes en soient présentes à la conscience) jusqu’à pouvoir s’approprier la parole d’autrui afin de se porter, personnellement, au-delà. Je songe ici à ce que dit Kierkegaard du caractère indirect de la communication de l’intériorité. [15] Toutefois, la dialectique, si elle ne se veut pas existentielle, élude cette aspiration à la continuité en dépit de la double altérité (dans l’instant et dans le devenir) et introduit cette coupure entre l’âme et le corps qui affranchit la conscience de sa substance charnelle. Ce principe de négativité, qui distingue mémoire et réminiscence, Hegel le reprendra de façon tranchée dans ses considérations sur le symbole, ce dernier ne se déduisant que de la mort de la réalité sensible, ce qui conduisit Mallarmé à affirmer dans le mot l’absence de l’objet. Deux conceptions du temps s’affrontent. Ou bien le présent se conçoit comme dissocié du passé et de l’avenir qui n’ont aucune réalité. Schopenhauer le décrit, je le rappelle, comme « arc-en-ciel sur la cataracte » [16]. A l’opposé, du point de vue du sujet, l’instant présent noue le passé à l’avenir selon le mode du vav conversif de l’hébreu biblique qui d’un passé fait un futur et vice versa. Le temps se présente alors selon la continuité de l’intériorité et la conscience demeure à l’écoute de toute cette vie muette mais murmurante qui ne cesse, dans l’ombre, de la précéder et de la susciter. La meilleure expression de ce continuum entre visible et invisible est sans doute l’image de l’échelle des anges (Genèse 28, 12-15) que Jacob, dans sa jeunesse, voit en rêve. Elle inaugure un lien du Je au Tu dans l’échange avec Dieu ainsi qu’une ouverture au futur, par l’expression de la promesse. Elle met en relief, au sein de la subjectivité, une féconde interpénétration d’immanence et de transcendance et une continuité du souffle s’épanouissant dans l’Ouvert.

Il n’en demeure pas moins que le contraste de mémoire et d’oubli interpénètre le rythme de rupture et continuité. L’oubli, qui paraît rupture, est aussi continuité. Le souvenir, associé à la continuité, peut révéler l’abîme. Philippe Soupault intitule ce qu’il envisageait en 1927 comme une confession ou un témoignage Mémoires de l’oubli.

Le passé est une terre étrangère

Que l’on tombe par hasard sur un objet oublié et aussitôt se creuse une faille dans la durée. La continuité de l’oubli au fil du temps se rompt au profit d’une réminiscence qui ouvre un abîme de vertige. C’est ce qui se manifeste dans le prologue qu’offre L.P. Hartley à son roman, The Go-Between (Le messager, 1953), qui donna à Joseph Losey la trame de son très beau film du même titre, qui sortit à la fin de 1970, le scénario étant signé par Harold Pinter. Le prologue débute par ces mots : « Le passé est une terre étrangère ; là-bas, les choses se font différemment. » [17] Le narrateur retrouve, parmi d’autres objets, un agenda de sa jeunesse, de la première année du vingtième siècle, 1900. Si les autres objets suscitent vite un processus de reconnaissance, le journal intime, le vestige le plus joli, le plus précieux parmi eux, résiste à toute élucidation. « Je ne voulais pas le toucher et me dis que c’était parce qu’il défiait ma mémoire. J’étais fier de ma mémoire et n’aimais pas qu’elle soit mise en défaut. Je restai donc à fixer le journal comme j’aurais fixé les cases blanches d’une grille de mots croisés. Pourtant nulle lueur ne vint. » Dans l’extériorité de l’objet, le souvenir se refuse, mais il s’insinue subrepticement dans le geste, le mouvement s’oubliant intuitivement dans la continuité de l’expérience sans représentation. C’est un cadenas que, symboliquement, le narrateur manie. « Cela, je me surpris à le faire instinctivement maintenant, comme pour un public. Au bout d’un instant qui me parut éternel, j’entendis le menu clic et sentis les bords du cadenas se défaire et s’ouvrir. C’est à ce moment, comme si mon esprit eût en quelque sorte accompagné ce mouvement de détente, que le secret du journal tout à coup me revint. » [18] On songe ici à Bergson, qui refuse de dissocier la mémoire du mouvement et fait du souvenir « le point d’intersection entre l’esprit et la matière » [19]. On quitte ainsi le monde rétrospectif de la répétition et de la nécessité pour s’orienter vers l’action et donc l’avenir. Bergson fait de la nécessité le terreau de la liberté. « L’esprit emprunte à la matière les perceptions d’où il tire sa nourriture, et les lui rend sous forme de mouvement, où il a imprimé sa liberté. » [20] Le philosophe tente de réconcilier objectivité et subjectivité à la limite du corps « et des autres corps », la « surface de notre corps » nous étant « donnée à la fois sous forme de sensations et sous forme d’images » [21], les premières ayant trait à la subjectivité, les secondes, à l’objectivité. Toutefois, la notion de sujet n’est pas, dans cette polarité des points de vue, pensée, si bien que l’instant présent n’acquiert pas la puissance engendrante qu’il revêt dans la dialectique existentielle. « Nous ne percevons, pratiquement, que le passé, le présent pur étant l’insaisissable progrès du passé rongeant l’avenir. » [22] Il semble que, du point de vue du poète ou de l’écrivain, la rupture que provoque le souvenir involontaire équivaille à une crise appelant une décision et sollicitant une reprise. L.P. Hartley conclut son prologue en disant qu’une certaine « agitation » semblait surgir d’une « centaine de sources descellées » [23] et que « l’instinct de conservation » le contraignait à faire face au souvenir de sorte à opérer une « résurrection », résurrection amorcée par la découverte des vestiges de son enfance, et notamment de l’agenda, mais aussi du cadenas, dont la combinaison secrète se composait des trois lettres de son propre nom, Leo, également signe du Zodiaque, Lion en français. Pour Marcel Proust, la continuité du passé oublié se confond avec celle de l’être et l’instant présent, marqué par cette nouvelle conscience, se fait « sommet vertigineux » [24] suscitant l’effroi du « vertige ».

De « vivantes échasses » [25]

JPEG - 153.9 ko
Marcel Proust

« Il est clair que la vérité que je cherche n’est pas en lui, mais en moi » [26], affirme Proust dans le célèbre épisode de la madeleine du premier volume de la Recherche du temps perdu, Du côté de chez Swann (1913). La « résistance » des « distances traversées » [27] n’introduit pas de rupture, mais une sorte de continuité, permise par le « plaisir délicieux » [28] de la sensation et du sentiment d’un lien : « Il m’avait aussitôt rendu les vicissitudes de la vie indifférente, ses désastres inoffensifs, sa brièveté illusoire, de la même façon qu’opère l’amour, en me remplissant d’une essence précieuse : ou plutôt cette essence n’était pas en moi, elle était moi. » L’instant rayonne en son extase, comme en ce retour sur soi dont parle Kierkegaard, retour qui s’élargit à l’altérité du devenir : « D’où avait pu venir cette puissante joie ? Je sentais qu’elle était liée au goût du thé et du gâteau, mais qu’elle le dépassait infiniment, ne devait pas être de même nature. » Le moment lui-même, loin d’inviter à une répétition dans l’effort, vain, de l’intelligence à le capter, se projette dans l’avenir grâce à l’effort du sujet à susciter en lui un commencement : « Grave incertitude, toutes les fois que l’esprit se sent dépassé par lui-même ; quand lui, le chercheur, est tout ensemble le pays obscur où il doit chercher et où tout son bagage ne lui sera de rien. Chercher ? pas seulement : créer. Il est en face de quelque chose qui n’est pas encore et que seul, il peut réaliser, puis faire entrer dans sa lumière. » [29] Il s’agit d’une reprise, de « recouvrer le temporel » non pas « après y avoir renoncé » [30], mais après avoir dissipé dans l’oubli la « ruine » [31] du temps. Proust se livre sur lui-même à une autre sorte de maïeutique, qui n’est pas réminiscence socratique, mais véritable mise au monde : « Puis, une deuxième fois, je fais le vide devant lui, je remets en face de lui la saveur encore récente de cette première gorgée et je sens tressaillir en moi quelque chose qui se déplace, voudrait s’élever, quelque chose qu’on aurait désancré, à une grande profondeur ; je ne sais ce que c’est, mais cela monte lentement ; j’éprouve la résistance et j’entends la rumeur des distances traversées. » [32] En cet effort du sujet à faire monter la lumière du chaos originel ne se dessine nulle rupture, mais une relation tripartite, un rapport à soi plongeant dans le devenir. La plénitude du temps se réalise dans l’unité ainsi conquise dans l’instant. Cet oubli dans lequel s’est plongée la durée n’est que vie ayant échappé à la conscience claire, mais prête à revenir au hasard de la mémoire suscitée par tel ou tel objet. C’est le tintement de la sonnette dans Le temps retrouvé qui suscite la révélation de la continuité muette du singulier : « Quand elle avait tinté j’existais déjà, et depuis pour que j’entendisse encore ce tintement, il fallait qu’il n’y eût pas eu discontinuité, que je n’eusse pas un instant cessé, pris le repos de ne pas exister, de ne pas penser, de ne pas avoir conscience de moi, puisque cet instant ancien tenait encore à moi, que je pouvais encore le retrouver, retourner jusqu’à lui, rien qu’en descendant plus profondément en moi. » [33]
Pas de fragmentation dans les objets ni dans l’horizontalité de l’espace, mais une saillie de l’instant sur la durée, une surrection, pour employer un mot cher à Claude Vigée. Le temps n’est pas considéré de l’extérieur au même titre que l’âme dissociée du moi, qui n’en serait qu’un accident, mais il s’établit au contraire une continuité, issue d’un dialogue avec l’altérité en soi du devenir. En cette dynamique du sujet, l’instant renoue incessamment son lien à une origine capable de commencements à l’infini. Il donne chair aux visions du passé et de l’avenir. Dans cette perspective, on ne peut dire, comme T.S. Eliot [34] ou Schopenhauer [35], que le passé est dépourvu de toute substance. C’est le vide du sujet qui le désincarne, non le temps. Le devenir, s’il s’incorpore dans la subjectivité singulière, se fait la substance de l’œuvre humaine. Une certaine audace s’avère certainement nécessaire afin d’étreindre la résistance du réel, comme l’ont souligné tour à tour Léon Chestov et Benjamin Fondane, mais elle est audace de la continuité d’être.

Notes

[1Les trois études réunies ici ont donné lieu à un essai dans lequel j’ai poussé plus loin la réflexion sur les notions de rupture tragique et de continuité du récit.

[2Platon, Ménon (début du quatrième siècle av. J.-C.), in Protagoras, Euthydème, Gorgias, Ménexène, Ménon, Cratyle. Edition de E. Chambry. Paris : Garnier-Flammarion, 1967, p. 341.

[3Platon, Livre V (732b), in Les Lois (348-347 av. J.-C.), Livres I à VI. Edition de Luc Brisson et Jean-François Pradeau. Paris : Garnier-Flammarion, 2006, p. 260.

[4Platon, Phèdre (385-370), in Le Banquet, Phèdre. Edition d’Emile Chambry. Paris : Garnier-Flammarion, 1964, p. 129.

[5Platon, Philèbe, in Sophiste, Politique, Philèbe, Timée, Critias. Edition d’E. Chambry. Paris : Garnier-Flammarion, 1969, p. 310.

[6Ibid., p . 311.

[7Maine de Biran, Rapports du physique et du moral de l’homme (1811). Edition de F.C.T. Moore. Paris : Vrin, 1984, p. 128.

[8Platon, Phédon, in Apologie de Socrate, Criton, Phédon. Edition d’Emile Chambry. Paris : Garnier-Flammarion, 1965, p. 123.

[9Platon, Ménon, in Protagoras, Euthydème, Gorgias, Ménexène, Ménon, Cratyle, op. cit., p. 343.

[10Platon, La République (385-370). Edition de R. Baccou. Paris : Garnier-Flammarion, 1966, pp. 385-386.

[11Sur la mélancolie, voir László F. Földényi, Mélancolie : Essai sur l’âme occidentale (1984). Traduit du hongrois par Natalia Zaremba-Huzsvai et Charles Zaremba. Arles : Actes Sud, 2012. Voir également Anne Mounic, « Vie hasardeuse et mélancolie », Chapitre 1, in Ineffable rigueur : Poésie et philosophie, à paraître.

[12Edwin Muir, An Autobiography (1954). Edinburgh : Cannongate Classics, 1993, p. 39.

[13Ibid., p. 45.

[14Ibid., p. 105.

[15Søren Kierkegaard, Post-scriptum aux Miettes philosophiques, (1846). Edition de Paul Petit. Paris : Gallimard Tel, 2001, p. 173.

[16Arthur Schopenhauer, 54, Le Monde comme Volonté et comme Représentation, (1819-1859). Paris : P.U.F. Quadrige, 2004, p. 354.

[17L.P. Hartley, The Go-Between (1953). London : Penguin, 1958, p. 7.

[18Ibid., p. 8.

[19Henri Bergson, Matière et mémoire (1896). Paris : P.U.F. Quadrige, 1982, p. 5.

[20Ibid., p. 280.

[21Ibid., p. 263.

[22Ibid., p. 167.

[23L.P. Hartley, The Go-Between, op. cit., p. 21.

[24Marcel Proust, Le Temps retrouvé (1927). Paris : Gallimard Folio, 2003, p. 352.

[25Ibid., p. 353.

[26Marcel Proust, Du côté de chez Swann (1913). Paris : Le Livre de Poche, 1969, p. 55.

[27Ibid., p. 56.

[28Ibid., p. 55.

[29Ibid., pp. 55-56.

[30Søren Kierkegaard, Crainte et Tremblement, (1843). Edition de Charles Le Blanc. Paris : Rivages Poche, 1999, p. 57.

[31Marcel Proust, Du côté de chez Swann, op. cit., p. 57.

[32Ibid., p. 56.

[33Marcel Proust, Le Temps retrouvé, op. cit., p. 352.

[34« Voici le lieu de désaffection / Le temps d’avant le temps d’après / Dans une faible lumière ». T.S. Eliot, « Burnt Norton », Four Quartets, in Collected Poems 1909-1962. London : Faber, 1975, p. 192.

[35« Mais notre propre passé, même le plus récent, même la journée d’hier, n’est plus rien qu’un rêve creux de notre fantaisie ». Arthur Schopenhauer, Arthur Schopenhauer, 54, Le Monde comme Volonté et comme Représentation, op. cit., p. 354.


temporel nous contacter | sommaire | rédaction | haut de page