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Jules Masson-Mourey, poèmes

29 avril 2012


Litanies

Les somptueuses roulottes
De mistral blanc
Suivent la clameur
Aux senteurs vieillottes
Fade haleine du Temps.
 
Les gens se jettent sous
Les roues de bois verni
Que ronge le ver saoul
Des vapeurs rafraîchies.
 
Le cocher, brigand des Mers du Sud
Ce vague épouvantail aux cheveux de misère
Fait monter les jeunes filles, jolies, et un peu prudes.
 
Ses yeux ont déjà fait mille tours de la Terre.
Ils regardent tous au loin, insultent les alizés ;
 
Une Croix brûle là-bas et ils veulent la veiller.

Dyaman

Diamant terreux, vert et vernis
Flotte sur une baignoire
D’écume et d’animaux insoumis
Aux glaives solaires et aux chaînes des Noirs.
 
Le bois flotté sent bon.
 
La rime a disparu derrière cette vague
Adorable volume aux dents nacrées
Ses charmes sont mangés, où donc s’est-elle enfouie ?
Elle trône sur les herbes ensablées, la revoici !
 
Elle me méprise un peu…
 
Un souffle puissant siffle et serpente
le ressac endiablé qui noie et susurre
le langoureux secret transformant « je » en « nous »
Ô perle des senteurs, coco et jus d’azur !
 
Prépare-toi, il se noie.
 
L’eau fait un ruisseau par là
Dieu, que les grains sont brillants
La voile s’agite, le large… Ave Maria.
Hier encore, mon fils, ton père était vivant.

Il faut partir

Neige salée du grand ciel qui somnole
Dans un bleu de paresse
Et son blanc qui s’envole ;
Hallucinantes messes.
 
Les squelettes noircis-l’hiver fond-
Ont perdus leurs cheveux
Et la plaque de fer à l’abîme charbon
S’est figée dans tes yeux.
 
Il faut partir, le train grogne
Il faut partir cher ivrogne
Là-bas, une cheminée crache ;
S’il faut mourir ne sois pas lâche.

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