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Joël Roche graveur

27 septembre 2006

par temporel

Joël Roche. Galerie Taylor, 1, rue La Bruyère, 75009 Paris - 31 mars - 22 avril 2006.
Catalogue Fondation Taylor, 2006.

Joël Roche, prix de Rome, peintre graveur, utilise avec rigueur le burin (on songe parfois à Albert Flocon), mais, même si les sujets sont graves (« Gravide de la mort », par exemple),

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Lover

la fantaisie n’est jamais exclue. Elle apparaît d’ailleurs dans les titres : « A côté de la plaque », « N’ours », « Le Mongol fier » (peut-être un peu potache...), sans parler de « Fantasque », qui oriente clairement le propos.

L’imagination, dans « La Nuit », « L’Aube » ou « Exubérance végétative » est, comme ce nom l’indique, luxuriante. On se trouve face à un monde à la Alice au pays des merveilles. La gentille héroïne est d’ailleurs présente (« Alice et quelques autres ») et la petite fille de « Utopy » 1 et 2 lui ressemble. On croise une fantaisie plus sévère dans l’hommage à Lautréamont.

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Gravide de la mort

Comme tout buriniste, Joël Roche salue le grand maître : « A votre santé M. Dürer ».

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Dualisme

On remarque, dans les gravures les plus récentes (« Echappés de la plaque »), un travail du mouvement dans les fonds qui donne au burin tout l’élan, tout l’allant, qu’il a chez le fils d’orfèvre de Nüremberg.

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Joël Roche par sa fille Océane

En somme, Joël Roche, « fantaisiste posé », comme l’écrit Martine Cassien (Nouvelles de l’Estampe, n° 187, mars-avril 2003), artiste dont Albert Decaris souligne la « technique parfaite au service d’un dessin et d’une imagination remarquable », se soumet, en gravure, à une discipline sévère, celle du burin, pour mieux, par le rire, échapper à la pesanteur existentielle.

avril 06