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Jean-Yves Masson

29 septembre 2007

par Anne Mounic

Jean-Yves Masson, Neuvains du sommeil et de la sagesse. Le Chambon-sur-Lignon : Cheyne Editeur, 2007.

Cette séquence de quatre-vingt-dix-neuf neuvains, qui s’ouvre sur un poème introductif : « … mères, sœurs de la fièvre aux mains tendues, gardez / intacts les dons du vide et leur loi d’excellence » (p. 11) et se ferme, dans le poème de conclusion, sur ce vers : « Dormez sans peur. Tout en moi vibre et recommence. » (p. 113), est une traversée de la nuit et du deuil, variation sur le motif de la descente aux enfers, comme le suggère l’épigraphe empruntée à l’Odyssée (Livre XI), dans ce passage où Ulysse aperçoit sa mère en Hadès, mais ne parvient pas à l’étreindre : « Trois fois je m’élançai, mon cœur me pressait de l’étreindre, trois fois hors de mes mains, pareille à une ombre ou un songe, elle s’enfuit. » (Traduction de Philippe Jaccottet)

Au terme du voyage, le poète s’est créé un corps de langage, car il croit « à la fermeté de l’esprit qui unit le nombre et la chair ».

[Une recension plus approfondie de ce recueil paraîtra en 2008 dans la revue Europe.]


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