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Jean-Pierre Bars, poèmes

25 avril 2015

par Jean-Pierre Bars

Saisons

Saisons du corps, de l’âme, saisons dans l’éternel.
Saisons de n’être pas et de ne pas saisir la pente de l’eau vive dans nos cœurs.
Gloire aux saisons sans nom des arbres millénaires
quand la sagesse prend couleur de feuille et de printemps,
quand l’automne est de fête et de feu et de vent,
quand l’hiver médite l’été
hors du temps.

Saisons plurielles de notre unicité,
grains pollen sur nos bouches aux rêves rapportés,
saisons de plus profond que le filet de nos querelles.

Nos émois enfouis sous les mousses de l’air
couvent la force des semaines et fécondent
la venue du silence.
Les nuits sans lunes dansent
la geste scintillante de nos yeux.

Moment

Je te le dis pour être simple,
nous avons fait couler en terre
les jours encore présents de nos vies oubliées
fils enchevêtrés et rompus qu’ont tissées les étoiles
aux pierres simples du chemin.
C’est par la grâce d’un rien que reviennent les ombres
à la clarté de nos pas ensablés
sur le versant de notre âme exilée.

Un oiseau vient... et puis n’est plus
– comme effacé.
Septembre/octobre 2014

En semant

Lorsque tu entreras
dans l’invisible,
dans l’au-delà des mots,
dans l’inaudible,
peut-être oublieras-tu
même ton nom.

Ici point n’est besoin
d’espérer l’horizon,
la tige qui retient
le soleil,
c’est la force de vivre
au-delà de toi-même
la cinquième saison.

Mais où sont mes racines,
où est la terre ?
Le ciel a disparu
dans le silence
il n’y a plus
qu’une présence,
le vivre seulement,
le vivre enfin
comme en semant.

D’un pas mal assuré
tu vas par les chemins
et tu dessines
avec ton cœur
ce qu’abandonne
la force de tes mains.

Novembre 2014

Faille

Nous vivons dans la faille
rien ne vient d’en bas
rien d’en haut.

Une lueur de paille
qu’à peine tu retiens
n’est pas
de nos semailles

Dans la conscience intime
se brise
comme sur le sable
ce qui n’est pas.

Ici
se resserre sur soi
l’intime
croissance de soi.

Un souffle qui n’a pas
de lieu
t’apporte la conviction fragile
d’être...

Clara

Clara ne savait pas
que son corps était lieu de mystère
d’aucun s’évertuait
à la chercher ailleurs
Elle le comprit plus tard
et ce fut
commencement de vie
Un autre monde entrait
en elle
plaçait son âme dans son corps
s’écoulait dans sa voix.
La parole traçait
un chemin,
dessinant sur la nuit
son nom qui ressemblait
à un pays.
Novembre 2014


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