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Jean-Paul Blot, La Croix d’Aix.

1er février 2006

par Guy Braun

Jean-Paul Blot, La Croix d’Aix. Poèmes et photographies. Gardonne : Fédérop, 2004.


Ce recueil de poèmes consiste en un cheminement de mémoire, à partir de papiers anciens dormant dans un tiroir et faisant
surgir des noms :

« Ils murmurent entre les lignes
se parlent et se répondent
par quittance ou testament
par reconnaissance ou contrat
interposé, documents que je lisse
sous la lampe, que j’ausculte et dépouille,
rumeur qui monte et se déploie. » (p. 11)

Et les poèmes mettent « au jour », mettent « en lumière », cette « rumeur ». Comme tout art de la mémoire, celui-ci fixe le souvenir en des lieux, « les hautes terres du Vignal / avec ses châtaigneraies » (p. 20), « la plaine du Tesquet » (p. 39), et puis « Gavaudun et Salles », « Laurenque et Vauris » (p. 25), « un village » (p. 30).

Jean-Paul Blot évoque aussi l’histoire, la grande Histoire, et les changements du monde ; il prend le temps d’égrener ses souvenirs en un rythme lent tissé d’échos sonores, d’effets de répétition, qui démontrent l’affleurement progressif de la réminiscence. La forme poétique varie, quatrains ou strophes plus longues, ou bien méditation continue. « La Vigne » (p. 55) constitue une variation sur la forme du sonnet.

L’ouvrage se ponctue de photos prises par l’auteur pour la plupart, photos d’êtres, photos des lieux qui ont amené cette remémoration, mais les souvenirs doivent être « comme les poissons » (p. 54) puisque « La Croix d’Aix », toponyme qui donne son titre à l’ouvrage, « a disparu des cartes / seul nous reste le nom sur un manuscrit ». (p. 115)


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